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AIMELES Antiféminisme

(Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral

Publié le 1 juillet 2019 par Léonidas Durandal à 13 h 17 min

fantasme de toute femme d’être enchaînée à un homme, de lui faire la cuisine et de lui être soumise, elle, la femme indépendante du roman et dans sa vie personnelle.

Evanoui donc l’échange égalitaire dans les affaires qui servait de modèle à ses raisonnements. Elle ressemble en cela à la plus bête des féministes qui nous est donné en exemple à notre époque : Simone De Beauvoir, qui prônait l’indépendance des femmes tout en se repaissant dans son intimité d’aliénation, je dirais même, d’autant plus qu’elle prônait l’indépendance des femmes. Ici, la transaction devient inégalitaire parce que les individus le désirent, se justifie l’auteur. Autant dire qu’elle réintroduit l’anarchie sentimentale là où elle s’était fait fort de s’en détacher entièrement.

D’ailleurs son désir, et même celui des hommes qu’elle aime, n’ont rien de clair, les uns pour les autres, mais aussi intérieurement. Ils deviennent évident quand ils se matérialisent, juste au moment où les hommes prennent les devants. A ce moment, les personnages comprennent. Et quand Dagny découvre ses premiers émois, elle admet aimer se faire violenter, d’abandonner toute velléité à celle d’un homme, ce que nos féministes d’aujourd’hui étiquetteraient du doux nom de viol et de violences conjugales.

Celui qui s’y prête à l’adolescence est le senor Francisco D’Anconia, fils d’un très grand industriel et à l’avenir encore plus prometteur que ses ancêtres. Fantasme, fantasme, me direz-vous… attendez de lire ces passages.

Le moment clef entre Dangny et Francisco

Dagny à propos de Francisco :

– « Moi, il me fait m’attendre à de l’excitation et à du danger » (le bad boy)

Quand elle pensait à Francisco, elle ressentait cette assurance persistance qu’elle aurait un jour (se vivre à travers le désir de l’homme, être guidé par lui)

D’ailleurs face au manque d’assurance de Dagny :

Francisco s’était arrêté net, l’avait regardé et l’avait giflée…. Elle avait ressenti du plaisir de la brutale douleur chaude sur sa joue, et du goût du sang au coin de sa bouche.

Et au moment de passer à la casserole pour la première fois :

Elle ressentit un instant de rébellion et un signe de peur… Elle tenta de se dégager, mais elle ne fit que s’appuyer à nouveau contre ses bras… Elle pensa qu’elle devait s’échapper ; au lieu de cela, ce fût elle qui tira sa tête vers le bas pour trouver sa bouche, encore. Elle savait que la peur était inutile, qu’elle ferait ce qu’il désirait, que la décision était la sienne, qu’il ne lui laissait rien de possible, excepté la chose qu’elle voulait le plus : se soumettre... ce qu’elle ressentit fut comme si elle était en train de lui crier, « Ne me le demande pas. Oh, ne demande pas. Fais- le ! »… elle n’était jamais si féminine que lorsqu’elle se tenait à ses côtés, se glissant dans ses bras, s’abandonnant à tout ce qu’il souhaitait, en une ouverte reconnaissance de son pouvoir de la réduire à l’impuissance par le plaisir qu’il avait le pouvoir de lui donner.

Voilà, tout est dit du désir des femmes et de son ambiguïté, ce que tout antiféministe sait depuis la nuit des temps, et ce que toute féministe se fait fi de vouloir cacher au monde et de se cacher pour mieux détruire la sainte relation entre hommes et femmes.

Francisco, le latin lover faussement déluré mais entreprenant

Du jeune homme prometteur à l’industriel accompli (Hank Rearden)

Pourtant,notre personnage de femme indépendante ne va pas s’arrêter là en matière de soumission, loin de là. Les amours adolescentes passées, le latin lover de l’industrie s’en va au loin, laissant Dagny à son ambitieuse carrière (il est à se demander si ce roman n’est pas un fantasme féminin de bout en bout en matière sentimentale).

Et qui arrive juste après l’adolescent impétueux ? Eh bien l’homme marié ! Mais le voilà engagé, ce qui pose à notre héroïne un double problème de morale personnel et pratique. Au niveau de sa morale personnelle, comment faire découcher quelqu’un qui s’est engagé ? Quel sens y-a-t-il à cela quand l’échange basé sur le respect des engagements a été sacralisé à ce point ?

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