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AIMELES Antiféminisme

(Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral

Publié le 1 juillet 2019 par Léonidas Durandal à 13 h 17 min

introduite par cette dernière sera un autre facteur aggravant et ce réflexe n’est pas sans bon sens lorsque l’on songe aux querelles byzantines qui déchiraient le palais tandis que les Mohamétans étaient au portes de Constantinople.

Au questionnement intérieur sur les motivations des personnes, la plupart des Américains, dont Ayn Rand, préfèrent le questionnement intérieur pratique, fait sur l’instant, à partir de faits préhensibles.

Naturellement, la psychologie consacrée aux USA est le courant comportementaliste qui assimile le fonctionnement du cerveau humain à celui d’une machine. Telle est d’ailleurs la position assumée d’Ayn Rand, l’homme est une machine douée de raison. Son salut passe par là. Tout le reste n’est qu’entraves et mensonges.

Son monde constitué uniquement de gagnants paraît bien étrange au vieil européen catholique que je suis. Cependant comme je l’ai déjà indiqué, j’y trouve bien des vérités, l’Amérique n’aurait pas réussi aussi franchement sans cela. Notamment et la première de celle-là : les bons sentiments ont tué par tombereau plus que tous les intérêts bien compris égoïstes entre nations.

Or s’il est une erreur de placer des sentiments personnels dans les rapports internationaux comme le dénonce Ayn Rand, il en est une autre que de considérer que les affaires sentimentales dussent se traiter à l’égal d’affaire d’état. Comme je l’ai déjà montré dans d’autres articles, plan personnel et plan général sont séparés. Ces deux visions du monde possèdent leurs propres lois qui ne sont pas valables dans l’autre.

La psychologie peut nous permettre de comprendre pourquoi des individus transgressent cette loi universelle. Certains que dénoncent Ayn Rand, font du sentimentalisme, c’est à dire mettent des sentiments dans les affaires publiques. Mais d’autres, jugent des coeurs à l’aune de leur intérêt égoïste. Ce n’est pas mieux. Dans le roman d’Ayn Rand,seule cette dernière erreur est défendue.

Se plaçant en travailleuse compétente, les personnes qui lui demandent des sacrifices sont assimilés à des pillards. Et elle a raison, ils le sont. Personne n’a le droit d’exiger un sacrifice d’une autre personne. Mais ce faisant, elle oublie qu’à l’inverse, un individu peut choisir de se sacrifier pour une autre personne, en toute conscience, pour le bien être social, ce qu’on fait des myriades de saints avant elle, saints qui ont permis à notre société de sortir de sa barbarie.

Ici aussi, Jésus manque à ses analyses même si elle a raison de souligner un des énormes défauts de notre Eglise contemporaine : sa tendance à vouloir vivre en parasite de la société par des demandes de sacrifice social, plutôt que de l’élever et de la soutenir en édifiant les âmes. Tout comme Ayn Rand confond plan général et personnel, les pillards ne le font pas moins, mais dans l’autre sens.

Ainsi n’est-il pas inutile qu’un grand industriel se pose des questions personnelles et existentielles, et soit remis en question dans sa famille. Cela lui évitera de sombrer humainement et de mourir comme un chien, en croyant puérilement que les gens peuvent se plier à tous ses désirs comme de simples employés. Tout comme il n’est pas inutile qu’un pillard de l’intime se place du point de vue de la société. Cela lui évitera et nous évitera de revenir à l’état tribal.

Le bon gros fantasme à la fifty shades of grey

Le moment clef entre Dagny et Hank Rearden

L’homme qui se renie pour une femme, l’homme qui accepte l’animalité d’une femme, rien de plus excitant :

Elle leva les yeux pour le regarder avec obéissance. Il dit (Hank Rearden) :

Ce que je ressens pour toi est du mépris. Mais il n’est rien comparé au mépris que j’éprouve pour moi-même. Je ne suis pas amoureux de toi. Je n’ai jamais été amoureux de personne. Je te voulais depuis le premier moment où je t’ai vu. Je te voulais comme quelqu’un veux une putain–pour les mêmes raison et visées. J’ai passé deux années à m’en vouloir parce que je pensais que tu étais au-dessus d’un désir de ce genre.

Tu ne l’es pas. Tu es un animal aussi vil que je le suis…

***

Elle se tint devant lui, nue. Elle dit :

J’ai envie de « >

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