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Taux d’intérêts négatifs : un monde sans désir

Publié le 26 février 2016 par Léonidas Durandal à 9 h 12 min

La plupart des théories économiques se basent dans leurs développements sur l’avidité des individus. Implicitement, elles supposent que nous orienterions notre consommation, nos investissements, notre épargne en fonction de l’intérêt monétaire que nous aurions à le faire. Mais cette règle connaît de nombreuses exceptions. Les élasticités prix des produits ne sont pas tous égales à 1, ce qui veut dire en gros qu’une augmentation du prix de 1 ne se traduit pas par une baisse de 1 de leur consommation. Le pétrole, par exemple, est un cas typique de consommable dont le prix peut être augmenté autant et autant sans que ses ventes ne baissent, enfin jusqu’à un certain point, nous l’avons découvert ces dernières années. A partir d’un moment, les gens finissent par s’organiser différemment, et se tourner vers d’autres comportements/produits de substitution. L’idée reste pourtant que l’individu minimise, dans une certaine mesure, ses dépenses, et choisit tel ou tel achat par avidité. Pourtant le manque d’élasticité de ce genre de produit ne peut s’expliquer uniquement par leur manque de substituabilité avec d’autres ou les efforts coûteux pour changer de comportement pour un individu. Une autre variable entre en jeu, une variable qui a bien été identifiée par le marketing : le désir.

Dans une société de survie, la question de l’élasticité ne joue pas. Les produits deviennent tous substituables entre eux, car il en dépend de la vie du groupe et de la société entière d’adopter les comportements rationnellement les plus efficients. Voilà d’ailleurs vers quoi des ultra-libéraux comme Gaspard Koenig cherchent à nous faire revenir : un monde simple où nous nous ajusterions de manière naturelle à notre nature d’homo economicus. Evidemment, ce monde, c’est aussi le nôtre. Tel que l’énonce la théologie catholique : nous devons vivre en correspondance avec la loi naturelle. Ce genre de théorie comporte donc des aspects très séduisants. Mais en même temps, en misant toujours sur notre animalité, notre avidité, il lui arrive d’être complètement à côté de la plaque. La vie d’un homme ne peut se résumer à ses aspects matériels, et des psychologues comme Maslow nous ont d’ailleurs avertis sur ce point : nous suivons des besoins de plus en plus élaborés qu’il serait plutôt convenable d’appeler désirs pour nombre de ceux-là. Pire, nous ne suivons pas un chemin linéaire en matière de désirs, et des hommes peuvent très bien vouloir satisfaire leurs « besoins » de spiritualité ou de reconnaissance sociale bien avant nos nombreuses aspirations matérielles.

Ainsi, dès que nous sortons d’une économie de survie, se pose la question de nos désirs. Ceux-là font économie et l’oriente selon la spiritualité que nous nous donnons. Et dans une économie moderne, vu le niveau de richesse que nous avons atteint, ces désirs devraient être au centre de nos équations. Pourtant si le champ du désir reste très étudié en matière de propagande, il l’est très peu en matière d’orientation économique. L’avidité semble avoir tué la spiritualité définitivement et nous ne l’intégrons plus dans nos calculs. Nous assimilons désir et avidité, et évacuons ces questions spirituelles compliquées et jugées inutiles. Or par un retour de bâton prévisible, là où notre spiritualité a créé les conditions propices à l’apparition d’une forte prospérité, notre manque de spiritualité est en train d’hypothéquer notre futur.

Pour les besoins de la démonstration, imaginons donc qu’au lieu d’avidité, les hommes soient mus par le sens de leur existence anthropologie et donc, leur capacité à désirer, espérer, aimer. Imaginons que les crises économiques que nous avons connues, n’aient jamais été, à aucun moment, des crises financières ou de survie (dans nos sociétés de surproduction).

 

Difficultés liées à l’opinion commune en matière d’histoire économique

Dans l’esprit des gens, la finance est souvent responsable des situations dramatiques sociales extrêmes que nos ancêtres ont vécues. La crise de 1929 serait une crise financière. La crise de 1973 et 1979 deux crises pétrolières. La crise de 2008, une crise des subprimes. Et pourtant, une analyse correcte de ces périodes de nos histoires montre qu’en 1929, plus qu’une crise boursière, la société de l’époque surproduisait des biens de consommation. Idem en 1973 et 1979, la crise pétrolière cacha un retournement réel de l’économie et dont les signes avant coureur auraient pu être identifiés au vu des dévaluations successives en France notamment. De suite, de nombreux pays occidentaux utilisèrent des politiques monétaires/budgétaires agressives qui permirent à leurs gouvernants de rester en place en se donnant l’apparence de la réussite auprès de leurs populations. Ce genre de dumping budgétaire fit entrer les pays européens “>

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18 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Sandra Muller : “La France n’a rien compris à #Metoo””, L’Obs du 10/10/2018.

    “”Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit”. #Balancetonporc, conclut-elle rageusement.

    Voilà comment #BalanceTonPorc a commencé. Celle-là, elle aurait mieux fait d’assumer ses désirs avec celui qui l’a draguée.

    • Commentaire de kasimar:

      Ben entre un risque de fausses accusations (soit dit en passant, même quand on est seuls devant une inconnue dans un ascenseur le risque est présent), et des femmes de plus en plus inaccessibles, je comprends leur choix dans le fond. Puis bon c’est un moindre mal, puisqu’ils ne pratiquent pas le péché de chair, non ?

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Pour relancer la croissance, il faut «investir dans le capital, y compris humain»”, Figaro du 17/10/2016.

    La pauvre, elle est encore dans le déni, après tant d’échecs. Nous anticipons les effets du suicide occidental, tel est le bon calcul fait par les épargnants. Les agents économiques ne sont pas idiots, en tous cas, moins que ceux qui les dirigent quand il s’agit de préserver leurs intérêts financiers.

  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “L’effet boomerang des taux négatifs sur les banques centrales”, RITV du 03/05/2016.

    Vraiment étranges ces taux d’intérêts négatifs. Je n’ai pas souvenir d’une telle mesure dans l’histoire économique. Prise de risque, création de bulle, et destruction de l’épargne… comment peut-on détruire l’épargne et vouloir favoriser l’investissement en même temps ? C’est du jamais vu. Cette société croit aux chimères, notamment qu’une croissance pourrait être invoquée par une politique monétaire. Pratique magique confinant à l’absurde.

    • Commentaire de gastirad39:

      Léonidas: Notre système économique tout entier est une absurdité …VOULUE ! Il repose sur plusieurs absurdités qui s’étayent les unes les autres. Les banques reposent sur le crédit quasi gratuit à volonté. Ce crédit est gratuit, grâce à l’inflation. Mais cette inflation génère la dette et la dévaluation. Peut importe, la catastrophe ne se verra que plus tard et les manipulations monétaires la repoussent sans cesse . Autre  ex, notre PIB ne retient que les consommations, pas les productions. Hors, avant qu’un gâteau puisse être consommé, il doit être produit. Peut importe encore. On s’arrange pour rentabiliser sans cesse la production, quitte à la mondialiser. A terme, les pays “riches” ne produiront plus rien. Même les technologies de pointe partiront ailleurs… (c’est déjà le cas pour l’informatique). Les taux négatifs sont la suite logique de cette suite  d’absurdités. Pour qu’un Etat continue à emprunter, sans avoir à rembourser, au moins en apparence, il doit pouvoir rembourser moins qu’il n’emprunte !

      Tout cela montre bien que ce système repose sur une absurdité POLITIQUE, car seuls les Politiques ont tout pouvoir sur la monnaie. Hors, il y a 50 ans environ, ils ont décidé de favoriser les consommatrices au détriment des producteurs pour des raisons électorales évidentes. Depuis, les effets économiques négatifs s’enchaînent inéluctablement. Mais peu importent à nos dirigeants. Etant des parasites du corps social qui les hébergent, leur seul but est de prospérer le plus longtemps possible. Le jour où ce corps social en mourra, nos parasites auront déjà migré vers d’autres paradis…fiscaux !

      Un dernier détail: le système politique qui permet aux parasites de perdurer et de prospérer  depuis 50 ans s’appelle … le féminisme .

  4. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Cette nuit en Asie : Trois ans d’assouplissement et toujours zéro inflation au Japon”, Les Echos du 25/03/2016.

    La question c’est : de l’argent pour quoi faire ?

  5. Commentaire de gastirad39:

    Léonidas: Un article de Noam Chomsky sur les électeurs de D. Trump :

    http://reseauinternational.net/chomsky-donald-trump-est-en-train-de-gagner-parce-que-lamerique-blanche-est-en-train-de-mourir/

    Ceux qui en sont particulièrement affectés sont les Américains blancs, mâles, sous-éduqués, d’âge moyen. Alors que les Américains d’autres tranches d’âge et d’autres groupes ethniques vivent plus longtemps qu’ils ne l’ont jamais fait auparavant, cette tranche de la population meurt de plus en plus tôt.

    Une étude sur la question a révélé que le taux de mortalité grandissant de cette partie de la population n’est pas dû aux causes habituelles de décès de tant d’Américains, comme le diabète et les maladies cardio-vasculaires, mais à une épidémie de suicides, de maladies du foie dues à l’abus d’alcool, à des overdoses d’héroïne et à des opiacés obtenus sur ordonnances.

    « Aucune guerre, aucune catastrophe », dit Chomsky, « n’a provoqué la hausse du taux de mortalité pour cette couche de population, juste l’impact sur une génération des politiques suivies, l’ont laissée en colère, sans espoir, et frustrée, provoquant son comportement auto-destructeur. »

    Le constat est cruel. Les politiques suivies mettent les hommes en danger de mort. Et les femmes n’ont pas à s’en réjouir ! A chaque pic de suicide masculin correspond un pic de suicide féminin.

    • Commentaire de arturo:

      La petite minorité “blanche” du sommet de la société a détruit la majorité blanche de la base à coup d’immigration, de féminisme et de chômage et maintenant le but du jeu est de détourner la colère contre les immigrés et de provoquer de jolies petites émeutes interraciales avec plein de morts tout partout.

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Comme elles meurent 3 fois moins que nous, nous savons qui survit à la fin…
      Ces enfoirés du gouvernement ont publié des chiffres pour 2012 du suicide en France en baisse (observatoire du suicide). Je me demande comment ils ont réussi ce tour de passe-passe. Maintenant quand je vois autour de moi tous ces gens qui sont dans le déni en matière de suicide, comme pour tous ces accidents de la route douteux, je comprends mieux pourquoi ce gouvernement nous ressemble tant, et pourquoi cette population préfère la mort à la réaction.

  6. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Les femmes créent plus d’entreprises que les hommes”, Figaro madame du 04/09/2014.

    En plein marasme, se réjouir de la féminisation de l’économie, de mieux en mieux…

  7. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “M. Lemoine (Edmond de Rothschild) : “La réforme du Code du travail risque d’avoir un impact négatif sur la croissance””, Les echos du 29/02/2016.

    Dans le cadre actuel et par rapport à un postulat de croissance du PIB comme critère de réussite, l’analyse se tient.

    A noter tout de même que la libéralisation des contrats de travail n’est pas une solution dans le cadre d’une économie entièrement ouverte à l’immigration, et non à cause du manque d’adaptabilité des employés les plus précaires. L’élévation de leur niveau de formation en matière numérique n’y changerait rien à court terme. En vérité ce genre de contrepartie serait un paravent (difficultés de formation, manque de moyens, submersion par les flux migratoires…).

  8. Commentaire de gastirad39:

    100% d’accord ! Le facteur humain est prépondérant dans l’histoire. D’abord les politiques qui pour asseoir leur pouvoir ont tripatouillé l’économie au profit apparent des femmes, créant les féminomics  aux dépends des producteurs. Puis devant les effets négatifs de  leur guerre des sexes sur l’économie réelle manipulant la monnaie à coup d’assouplissements monétaires de plus en plus incontrôlables. Résultat: couples à la dérive, suicides et dépressions à la hausse, économie sinistrée  et désir en berne ! Les apprentis sorciers sont condamnés à faire toujours pire. Le peuple doit reprendre le contrôle de la machinerie politique avant la catastrophe finale inévitable.

  9. Commentaire de gastirad39:

    Léonidas: Sur ce sujet, il existe un site intéressant:

    http://la-chronique-agora.com/comment-dollar-et-dette-ont-tout-change/ 

    L’auteur donne une date pour le début du bouleversement économique: 15 Août 1975 (ou 1971 ?):

    “Qu’est-ce qui a mal tourné ? Après l’invention du moteur à explosion, les gens en Europe… puis aux Etats-Unis… se sont enrichis quasiment année après année. Les bénéfices grimpèrent. La richesse augmenta. Puis, dans les années 70, après deux siècles, l’Occident cessa de progresser.

    Il y avait plus de diplômés que jamais… plus de chercheurs… plus d’ingénieurs… plus de capitaux… plus de connaissance… plus de prix Nobel… plus de machines… plus d’usines… plus de brevets… sans compter l’invention d’Internet… Et pourtant, en tenant compte de l’inflation, l’homme américain moyen ne gagne pas plus en 2015 qu’il y a 40 ans. Pourquoi ? ”

    Et moi je constate que les années 1972 … marquent le début du féminisme triomphant qui surgit soudain partout dans le monde prôné par tous les partis politiques … Ce fut aussi la fin du désir partagé entre les sexes, la femme endossant son costume de victime et l’homme celui du bourreau !

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Nous sommes en contradiction avec l’auteur.

      Il s’appuie sur une explication financière des événements, et moi humaine.
      La finance n’est pas toujours négative en matière économique, au contraire, elle est facteur d’amélioration de gains de productivité dans le secteur réel. Elle pousse toujours plus l’économie réelle à devenir rentable pour augmenter ses profits. Or malgré cette pression à la rentabilité, nous subissons bien une récession depuis nombre d’années. En fait la finance masque un phénomène de récession qu’elle n’a pas créé. Il ne faut pas reprocher aux financiers d’avoir acheté des obligations que les Etats avaient émises, ou de s’être retrouvés avec des liquidités directement fournies par les banques centrales. C’est donc tout le contraire. Ce n’est pas politiquement correct de le dire, mais sans la finance, il y a bien longtemps que nous aurions dû remettre en cause nos politiques macro-économiques. Pour une fois que je critique le rôle des politiciens et de celles qui ont choisi de les élire… Les politiciens ont toujours tendance à vouloir trouver des boucs émissaires à leurs erreurs. Ici, c’est bien le cas. Les mouvements boursiers ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Ils faussent notre perception de la réalité, mais ne la change pas.

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