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Vie à New York : du  » temps de l’innocence  » (1900) à  » Sex and the city  » (2000)

Publié le 23 octobre 2015 par Léonidas Durandal à 18 h 54 min

Durant la fin de l’époque Victorienne, je pense que l’Occident bourgeois a connu une sorte d’âge d’or où la richesse s’est mêlée aux traditions sans tout à fait la pervertir. Cette civilisation bénéficiant d’une spiritualité encore forte était portée tout autant par une culture de l’amour que par de grandes découvertes scientifiques. Bien entendu, l’industrie contenait déjà en elle les ferments de la révolte. Cependant en France, cette industrie restait très minoritaire par rapport à l’agriculture, tout comme en Angleterre et en Allemagne. En France, une grosse majorité de petits propriétaires paysans prospérait plutôt bien que mal malgré les crises inhérentes au métier d’agriculteur. Le niveau d’instruction s’améliorait et comme le prouvent les correspondances des poilus, la seconde guerre mondiale était venue troubler un monde prospère rempli de certitudes heureuses et d’illusions pleines de naïvetés.

Dans la biographie d’Agatha Christie, même constat pour l’Angleterre. Une société plus coloniale connaissait des difficultés matérielles certes, mais pas au point de briser le bonheur des gens qui se recevaient les uns les autres avec plus ou moins d’exigence selon la catégorie sociale à laquelle ils appartenaient. Cette période de l’histoire fleure bon de partout un bonheur indécent, raison pour laquelle elle a certainement été surnommée « La belle époque ». Les « happy days » des années 50-60 n’eurent rien de comparable en ce qu’elles ne furent assises que sur une matérialité bête tandis que toutes nos croyances se délitaient déjà. A l’inverse quand en 1912 le Titanic sombra, la nouvelle surprit tout le monde. Bien malin celui qui aurait pu imaginer que ce fleuron des certitudes et du bon goût bourgeois, où chaque classe était à sa place, et avait sa place, en partance pour une conquête sauve de l’Amérique, allait disparaître. Et pourtant, à travers la fin pathétique du Titanic, toute une société coulait déjà. Les convenances allaient laisser place à la guerre. La fatuité bourgeoise ferait des millions de victimes sur les champs de bataille. Les ouvriers se révolteraient face à des conditions de vie plus dignes d’animaux que d’être humains. Et une majorité mieux traitée les suivrait plus ou moins, jalousant le mode de vie bourgeois.

Quand Martin Scorsese dans « Le temps de l’innocence » fait dire à son narrateur au début du film « On vivait dans un monde si précaire qu’un murmure pouvait suffire à en briser l’harmonie », il pense à la rumeur, aux médisances. Mais cette phrase est aussi vraie dans un autre sens : le bonheur fragile de cette « belle époque » pouvait disparaître à chaque instant. Il suffisait pour cela d’un murmure. Celui de la passion allait venir et tout emporter sur son passage. Certes, dans ce film, les héros vont réussir à contenir leur « amour ». Il leur sera impossible de le vivre, mais cette production montre déjà que la contestation d’un ordre bienheureux brisait des bienséances qui n’étaient plus comprises.

« Le temps de l’innocence », l’histoire.

Archer et May sont les fiancés magiques de cette époque. Issus de deux bonnes familles New Yorkaises, ils s’aiment de par leur jeunesse, de par leur caste, de par leur mutuelle distinction. Aucun des deux ne songerait à vivre des amours impossibles. Cependant, la cousine de May, la comtesse Hélène, va entrer en scène et perturber cet équilibre si stable en apparence. Elle veut vivre de manière « indépendante ». Elle ne veut souffrir un mari morne et qui la trompe. Elle veut le divorce et Archer lui donne intérieurement raison. Progressivement, Hélène va faire vibrer un sentiment inconnu en lui, et celui-ci sera partagé. Mais les convenances de l’époque et leurs propres barrières intérieures leur interdiront de vivre leur amour. Cette haute société New Yorkaise saura également les en dissuader, tout en douceur. Archer et May resteront ensemble. Ils auront une vie bien rangée.

 

« Sex and the city », le temps de l’innocence perdue.

La série « Sex and the city » nous décrit à un siècle d’écart cette même société New Yorkaise et si quelques invariants peuvent surprendre, le résultat du délitement des mœurs est par contre flagrant. Du côté des invariants, cette même bourgeoisie, ces mêmes rumeurs, cette même caste d’argent, ces mêmes copines entre elles qui se fabriquent un petit monde où chacun/chacune use de ses relations sociales pour obtenir ce qu’ils/elles désirent, cette même futilité, ces mêmes effets de mode. Seulement là où la société de « la belle époque » concourait à rapprocher les gens entre eux, celle du « tout sexuel » s’évertue à les séparer. La première prospère tandis que la seconde stérilise. Dans celle du tout sexuel, hommes et femmes peuvent vivre « >

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2 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Enquête sur ces New-Yorkaises qui reçoivent des bonus pour être des mères parfaites », Figaro Madame 12/11/2015.

    C’est encore bien pire que je ne pouvais l’imaginer.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Le petit meurtre d’Agatha Christie » Fragans feminae du 19/10/2015.

     

    C’est un peu le coup classique désormais : les scénaristes attirent le spectateur avec une histoire qui prend ses racines dans le réel. Puis progressivement, ils bourrent le mou de leurs téléspectateurs avec leurs idées progressistes.

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