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La crise économique dans mon fauteuil très confortable

Publié le 30 mars 2020 par Léonidas Durandal à 20 h 49 min

Il y a 6-7 ans, un correspond énervé sur facebook dans une discussion de groupe, avait parlé de moi à la 3ème personne du singulier pour me vexer en rajoutant que je devais « bouffer mon jambon beurre dans un appartement miteux ». C’était le temps où il y avait un semblant de liberté d’expression sur facebook et où les vraies rencontres étaient encore possibles. Depuis, grâce aux efforts de notre gouvernement, Facebook est devenu une entité à son image, un cloaque endogamique et contrôlé de bout en bout. J’ai quitté la place dès que j’ai senti le vent de la censure tourner. Quant à la France, elle a concentré le débat autorisé autour de ses « experts » pour le résultat brillant que nous constatons en ces jours de pandémie.

A l’époque, je n’ai pas embrayé sur la remarque de mon interlocuteur car je trouvais sa ficelle un peu grosse, et même ridicule : et si la vérité venait d’un mec dans un appartement miteux et bouffant du jambon beurre, ne faudrait-il pas l’écouter ? Et puis, jouer sur mon orgueil pour en savoir plus sur moi, cette manipulation était en elle-même vexante parce qu’elle reposait sur ma supposée puérilité. Bref, je n’ai rien dit à l’époque, j’ai rigolé intérieurement, sans toutefois oublier son propos. Désormais, le temps est venu de lui répondre.

Je vis dans une grande maison, beaucoup trop grande d’ailleurs. Je ne mange que de la bonne bouffe, bio. Je bois du vin de qualité. Et j’ai conquis ce petit bonheur bourgeois par mon travail, non grâce à un quelconque héritage. Cette crise, je m’y suis préparé durant des années, tranquillement, tout en militant à temps complet. Notre bonne justice française m’a fait prendre du retard sur mon programme de préparation à la récession. En même temps, les tricheurs du gouvernement ont repoussé le couperet. Bénis soient-ils ! Du coup, je devrais m’en sortir dans la bonne moyenne. Peut-être les circonstances me forceront-elles à devenir riche, mais j’espère ne pas devoir perdre mon temps à ça. 

Je préfère assister à la débâcle qui vient, assis confortablement dans un joli fauteuil en sirotant un alcool de notre très chère tradition, fort, dès que la période de carême sera derrière nous. Certes, mes choix de vie m’imposent ce que d’aucuns pourraient juger comme d’une forme d’ascétisme. A l’égal de Pierre Rabhi, je préférerais parler de sobriété heureuse. Je n’ai pas couru après les objets inutiles, je n’ai pas placé mon bonheur dans la consommation, ou dans un confort superfétatoire, et surtout j’ai vu les fondations de ce monde pourrir en contenant ma colère, puis avec une franche relaxation. J’ai fini par me persuader que la plus belle des révoltes, c’était le bonheur. Mon bonheur a même crû depuis le début de la crise puisqu’un certain nombre d’incompétents socialistes ne m’emmerdent plus, ou beaucoup moins.

J’ai compris aussi cette ancestrale maxime qui nous dit que « plus on est grand plus on tombe de haut », qu’il était donc inutile de vouloir grandir au-delà de ce que notre société autorisait, par rapport à l’idée qu’elle se faisait de son propre bien. Et comme la société française actuelle ne désire pas la compétence avec beaucoup de ferveur, je me suis résigné à être heureux tout seul dans mon coin. Je me suis seulement obligé à dénoncer le mal qui ronge ce monde, juste pour lui donner une chance. Tel était mon unique devoir de catholique, que j’ai rempli avec assiduité.

En tant que Français, je suis resté sur le territoire national pour sombrer avec mon pays. J’aurais pu amasser des fortunes à l’étranger, mais j’ai eu peur de perdre ma vie en la gagnant. Et puis, j’ai toujours aimé relever les défis. Aider la France a été proche d’une forme de sacerdoce qui correspondait à mon naturel entêté. J’ai toujours été un peu trop idéaliste et je dois le confesser, je suis d’abord parti avec l’idée de déplacer des montagnes, avant qu’elles ne m’apprennent l’humilité.

F Nietzsche affirme qu’il faut aider le fruit pourri à tomber plus vite. Notre mission contre le mal se résumerait donc actuellement à amplifier l’audience des faux experts et leurs mensonges finement enrobés et répétés à satiété. Sauf que je ne crois pas qu’il soit possible de sortir indemne d’une telle expérience, pleine de laideur morale. En ces jours, j’imagine qu’il ne faut ni pousser à bout, ni retenir le fruit pourri, mais plutôt devenir une branche fructueuse. Être, c’est déjà bien assez difficile. Le reste doit être laissé aux autres, « >

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2 Commentaires

  1. Ping de Un Maghrébien de sexe male:

    Cette pandémie n’est qu’un petit avertissement adressé à l’humanité insouciante. L’effondrement n’est pas pour tout de suite. Après le confinement, nous reprendrons très vite nos vieilles habitudes. Comme avant, nous polluerons l’air qu’on respire, nous forniquerons comme des lapins et nous nous multiplierons comme des virus jusqu’au prochain cataclysme qui provoquera cette fois notre extinction. La Terre est plus un enfer qu’un paradis. Personnellement, j’ai fait le choix de ne pas faire d’enfants pour ne pas les faire souffrir. Ils ne connaîtront jamais la violence d’une naissance, la maladie, la faim, le froid, le deuil, la vieillesse…

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