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Antiféminisme Aimeles

(Péplum) 300 : la naissance d’un empire, fable antiféministe

Publié le 26 juin 2017 par Léonidas Durandal à 15 h 05 min

L’Histoire sert ici de support au récit d’une histoire inventée de toute pièce qui met en lumière l’influence des caractères individuels sur le cours d’événements globaux. Moins esthétique que le premier opus, « 300, la naissance d’un empire » verse dans le gore pour tenter de concurrencer son prédécesseur en termes de virilité. Vouloir agir ainsi était puérile et a affaibli un film qui se laisse pourtant regarder. Il faudra trouver ailleurs une raison de s’y intéresser particulièrement, au niveau du débat philosophique qu’il développe par exemple sur la démocratie ou des relations qu’hommes et femmes entretiennent entre eux, ces deux thématiques se chevauchant parfois au sens propre du terme. J’y reviendrai.

La vraie histoire : la démocratie athénienne s’est immiscée dans les affaires perses en soutenant la révolte de Ioniens qui voulaient se libérer de la tutelle impériale. En défendant la liberté de ce peuple à l’ouest de la Turquie, où se situe d’ailleurs le récit mythologique de la Guerre de Troie, Athènes défendait ainsi son modèle de cité libre, tout en voulant étendre sa sphère d’influence. Toute ressemblance des politiques actuelles, n’est pas du tout le fruit d’un hasard. Vexés, les Perses ne pardonneront pas aux Athéniens leur ingérence, et voudront se venger de leur cité. Ils enverront un contingent assez important pour surpasser les forces grecques, mais seront défaits à Marathon par les Athéniens seuls qui n’auront pas attendus des Spartes occupés à leurs fêtes religieuses. Ces derniers, vexés à leur tour de n’avoir eu part au combat, se feront fort de contenir la deuxième invasion perse 10 ans plus tard. C’est l’histoire des Thermopyles, où Léonidas 1er retardera des centaines de milliers d’hommes avec quelques uns de ses hoplites avant que les cités grecques ne s’unissent.

L’horrible traître

Trahi par Callidromo, lui et ses équipiers mourront en héros. Voilà l’objet du premier film réalisé par Zack Snyder, et qui est une véritable réussite émotionnelle. Le deuxième film, lui, s’étend sur les exploits athéniens précédent ce fait d’armes et ceux qui suivront. Il défend non plus l’idée de courage mais celle de liberté et de démocratie. Ainsi nourrit-il un débat plus qu’une émotion, et voilà donc sous quel angle il doit être analysé.

 

300, la naissance d’un empire : mâle démocratie contre imperfections de la démocratie

A une époque d’esclavage et où seuls les hommes avaient le droit de vote, le scénariste identifie la démocratie à un mâle : Thémistocle. C’est une des faiblesses de l’intrigue. Cette conception particulière de ce système politique ne correspond pas du tout à ce que nous vivons actuellement, où une majorité de votants, sont des votantes au sein de notre suffrage universel. Cependant, cette dialectique permet de comprendre un des aspects fondamentaux de notre monde en général : la décision politique et la défense de la liberté, doivent être mâles pour que la société soit viable. Cet homme qui défend l’idée de liberté fait donc face à une femme qui défend elle, à travers l’empire perse, l’idée de liberté absolue, qui n’est que l’envers de la tyrannie. Les deux personnages sont dans leurs rôles sexués. Le privilège des hommes est celui des règles, des limites et du droit. Celui des femmes d’un pouvoir né de relations personnelles fusionnelles qui à un niveau politique devient, avec le temps, absolutiste.

 

Les origines du mal dans ce film

Artémise 1ère, puisqu’il s’agit d’elle, est née au sein de la démocratie athénienne, mais violée par des hoplites durant une bonne partie de son enfance, récupérée par un bon samaritain noir et perse, elle va se retourner contre le pays duquel elle est originaire. Il faudra souligner ici combien l’allégorie antiféministe est lumineuse. Elle nous rappelle qu’une bonne part du contingent de féministes de notre société est alimenté par les sévices que certaines d’entre elles ont subi. Combien de filles violées, combien de filles mal aimées dans leur famille, sans père ou avec un père défaillant, s’enferment dans leur haine des hommes et augmentent ainsi la cohorte de folles qui veulent détruire notre société. Artémise en est l’image, mais contrairement à celles que nous connaissons, sa haine ne l’a pas marquée physiquement et elle est belle, d’une beauté ravageuse dont elle se sert comme d’une arme pour arriver à ses fins.

Combattante aguerrie dans le maniement de l’épée, il faut y voir pour la crédibilité de film, non pas la possibilité que les femmes aient de pouvoir rivaliser physiquement avec “>

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20 Commentaires

  1. Commentaire de Cyrus:

    Bonjour Monsieur Durandal,

    Je vous remercie beaucoup de votre réponse. Il n’y a aucun problème. Quant au lien sur l’analyse complète des films de Nolan, l’avez-vous ? Je suis curieux d’en savoir plus, puisque c’est un homme fascinant. Quant au film Interstellaire, rassurez-vous, je l’ai déjà vu, au cinéma avec mon ex-meilleur ami pour mes 27 ans, en janvier 2015. J’ai adoré le film, bien que je n’ai presque rien compris sur le plan scientifique dans la mesure où cela relevait de l’astronomie avancée. J’avais presque l’impression de voir quelque chose relevant d’une présentation post-doctorale. J’ai même acheté le DVD, mais je ne l’ai pas encore revu. Je prévois le revoir encore souvent, car je n’ai pas tout compris.

    Oui, en effet, nous avons des goûts similaires.

    Enfin, je vous rassure, ça ne me vexe pas du tout que vous mettiez de l’avant des films où les Perses, comme vous le dîtes, ” s’en prennent plein la tronche “, car l’identité persane et l’histoire de la Perse sont beaucoup plus une source de fierté, de dignité et de stabilité que le contraire. De plus, comme toute grande nation et ancien empire, nous connûmes des victoires militaires ET des défaites militaires. C’est l’histoire. C’est tout à fait normal. Je n’ai aucun complexe en la matière. De plus, je suis une personne, pour reprendre une expression bien connue, ” très ouverte d’esprit “, mais nullement dans le sens où l’entendent les libéraux-libertaires.

    Par ailleurs, nous les Perses, et ça, c’est aussi pour vous Madame Manuela, on sait faire avec les jolies femmes occidentales. Regardez ça, hihi 🙂 : https://mobile.twitter.com/britneyspears/media/grid?idx=4 sort avec ce beau gosse américain d’origine iranienne Sam Asghari : https://mobile.twitter.com/SamAsghari0/media/grid?idx=2

    So, qu’en pensez-vous ? Britney Spears l’adore. Ils se sont connus sur le tournage de ce clip vidéo de Britney :

    Cordialement,

    Cyrus

  2. Commentaire de Manuela:

    Personnellement je préfère Demolition Man. 🙂

  3. Commentaire de Cyrus:

    Bonjour Monsieur Durandal,

    Je vous écris pour vous faire deux suggestions. La première serait de nous faire l’une de vos brillantes analyses à partir de la trilogie Batman de Christopher Nolan. La seconde, de faire la même chose à partir de la trilogie La Matrice des frères Wachowski.

    Qu’en dîtes-vous ?

    Passez un bel été et reposez-vous bien.

    Cordialement,

    Cyrus

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Le problème est que les thématiques développées dans ces films que j’aime beaucoup, ne concernent pas directement l’antiféminisme. Dans la matrice, l’évocation féminine d’un système qui nous contrôlerait est largement développé, cependant, cela n’est jamais fait de manière sexuée, jamais relié aux femmes en tant que tel. La matrice n’est ni homme ni femme, c’est un des défauts du film. Je crois que ce film traite en principal de notre liberté individuelle. Quant aux films de Nolan, je crois avoir vu passer une analyse à laquelle il me serait difficile d’apporter un surplus d’intelligence. Et puis ce film, là aussi, traite des questions sexuelles à la marge. Christopher Nolan est très proche des femmes. J’ai failli faire l’analyse d’Interstellar, puis je me suis ravisé. Je ne sais pas si mes lecteurs, même fidèles auraient compris le lien que je voulais faire entre cette histoire et la crise d’identité du père dans nos sociétés occidentales. Cependant, si vous ne l’avez vu, je vous encourage vivement à le visionner, même si je pense que vous le connaissez déjà étant donné que nous avons des goûts similaires.

      PS : j’espère que vous n’êtes pas trop vexé de ce film où les Perses en prennent plein la tronche. Je me suis toujours demandé comment les Anglais avaient pu accueillir Braveheart.

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