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(Anthropologie) « Ce sang qui nous lie. Vers le matriarcat ? » Sylvain Durain

Publié le 4 novembre 2019 par Léonidas Durandal à 9 h 35 min

J’ai eu très peur en lisant les premières décades des pages de ce livre. L’entreprise de Sylvain Durain prenait les atours d’un monument dédié à l’art total, essayant d’expliquer le passé, le présent, le futur, mais aussi toutes les sociétés dans leurs différences, les relations hommes femmes, le pouvoir etc. Voilà certainement pourquoi il a pris du retard dans l’édition de son livre, quand il s’est aperçu que le champ de son étude était trop vaste et qu’il fallait le rétrécir.

Heureusement, soit qu’il l’eût fait consciemment, soit qu’il y ait été obligé par les circonstances, son étude s’est recentrée progressivement autour de ce qu’il maîtrisait le mieux et qu’il était important de développer : à partir de quoi peut-on définir une société matriarcale ou patriarcale ? Et comment cette lecture peut nous éclairer sur les religions/sociétés actuelles.

A l’écrit, nous ne retrouvons pas l’érudition de Sylvain Durain à l’oral. Celle-ci se perd dans l’analyse ou dans les notes en bas de page qui ne relèvent pas toujours d’un travail universitaire mais parfois de son incapacité à les intégrer dans le corps du texte de manière fluide. Sylvain Durain a beaucoup à dire, et il n’a pas encore dompté son esprit prolixe, ni choisi entre l’érudition et le concept.

Si les grands érudits comprennent les grands penseurs, et si les grands penseurs admirent les érudits qui les nourrissent, ces deux catégories sont à jamais indépendantes l’une de l’autre. Le travail d’érudition demande trop de temps pour penser neuf, et structure la mémoire selon ce qui a déjà été conceptualisé, tandis que la pensée originale doit savoir mépriser les connaissances passées pour les amener vers un ailleurs, un inconnu. Ces deux modes sont à jamais antinomiques et Sylvain Durain n’a pas encore choisi, ce qui freine ses ambitions. Renoncer c’est se concentrer.

Sur le fond, le concept est aussi simple qu’intéressant. Il est d’ailleurs si simple qu’il est à se demander comment tout un tas d’anthropologues ont pu passer à côté. Le matriarcat ou le patriarcat ne se repéreraient pas dans l’histoire des sociétés par la hiérarchie sociale apparente, mais par rapport à des croyances, des fins et des modalités de mise en œuvre du pouvoir. Les vraies questions à se poser pour se repérer dans les rapports hommes-femmes sont par exemple : quelle est la reconnaissance du père dans la famille, comme individu à part entière ou comme succédanée d’un pouvoir maternel ? Quelles sont les valeurs défendues par un système politique et religieux ? Y-a-t-il a confusion possible entre les pouvoirs politiques et religieux, ce qui est le signe d’un matriarcat puissant ?

Poursuivant les thèses de René Girard, Sylvain Durain définit les périodes matriarcales comme générant les crises mimétiques, les cycles mimétiques. A cette explication/vision du monde, il oppose le concept de progrès linéaire de l’histoire qui évacue la violence générée par les rapports sociaux grâce au sang du Christ. Il détaille aussi la symbolique déployée par les sociétés matriarcales et qui les mènent à devenir intrinsèquement violentes. Son analyse de l’Islam ou du Judaïsme vues comme de sociétés matriarcales est brillante. Tout comme son analyse dogmatique de l’Église catholique, cependant que cette dernière ne puisse être exemptée de toute erreur dans la pratique religieuse. Sa réflexion l’amène à définir une virilité vraie et donc forcément mesurée, qui ne soit pas le jouet de la perméabilité aux femme de son entourage.

Sur la forme, je regrette cet excès de zèle qui offre au lecteur une pagination optimale (la taille des phrases correspond peu ou prou à ce que l’esprit humain peut saisir de manière globale), mais qui nous oblige à tourner les feuilles de manière incessante quitte à casser notre effort d’attention, quand les notes de bas de page sus-citées ne s’étalent pas à l’excès en proportion du texte.

Plus généralement, voici donc un ouvrage de base pour asseoir ses conceptions antiféministes, mais aussi mettre un pieds dans le débat anthropologique moderne. Ce livre remet l’Eglise au centre du village et vous permettra de vous lavez le cerveau de pas mal de concepts progressistes erronés, faussement scientifiques. Dommage d’y avoir accès par un travail d’anthropologie sauvage, parce que notre université française n’est pas capable d’intégrer ce genre de démarche en son sein et ceci pour des questions politiques. Elle préfère laisser des René Girard en marge, et les “>

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