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Captain Fantastic : le père fantasmé de 2016

Publié le 5 décembre 2016 par Léonidas Durandal à 11 h 46 min

Je pense que ce film est assez significatif de tous les fantasmes plaqués sur les pères de notre époque par l’intelligentsia. Je tiens à souligner qu’il a été encensé par la critique de gauche parce qu’au vu de mon analyse, vous pourrez en douter. Captain Fantastic devrait être le parfait papa libéral communiste. Mais en creusant, l’arrière plan psychologique fait émerger des désirs non avoués chez nos gauchistes, des désirs presque réactionnaires, tout comme dans le film Mad Max Fury Road. Allez, je me jette.

Résumé

Captain fantastic et sa femme donnent à leurs enfants une éducation éthique basée sur la loi naturelle. Ils ont fini par fuir la civilisation. Ils vivent dans les bois à l’état sauvage mais très organisés. L’éducation que les enfants reçoivent est militaire. L’exigence de leur père au niveau des apprentissages est forte. Ainsi ont-ils acquis un niveau culturel que bien des enfants de nos écoles pourraient leur envier, si ces derniers avaient encore envie de se cultiver.

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Exercice de la journée : grimper les paroies

Mais nous allons voir par la suite que ce n’est pas forcément le cas. Les biens que la famille doivent se procurer dans le monde moderne, sont financés par la vente d’objets artisanaux qu’elle fabrique. Durant des années, ses membres ont été beaucoup plus insérés dans la société, mais une énième crise maniaque de la matriarche, les a pousser à s’exclure totalement du monde. Captain fantastic sait que ce n’est pas forcément une bonne solution, mais il agit ainsi parce qu’il croit pouvoir la guérir de sa bipolarité. Or loin de la guérir, la maladie va prendre le pas sur elle dans ce milieu, et elle va se suicider durant une de ses périodes dépressives, laissant mari et enfants dans la forêt. La mort de la mère va alors les pousser à revenir à la civilisation. Ce retour va leur permettre de se confronter aux réussites et aux échec de leur choix de vie, chacun avec son caractère.

 

Une mère malade et absente

Dans ses rêves

Dans ses rêves

La mère n’apparaît presque pas, seulement dans les rêves de son mari. Elle est morte. Elle a échoué à se guérir. Elle laisse derrière elle ses enfants dont elle ne peut plus s’occuper. Image de la femme moderne, atteinte, psychologiquement perturbée, bipolaire, elle a voulu s’extraire du monde pour vivre son idéal en suivant son mari. Comme dans Mad Max Fury Road, la working girl est loin. La femme conquiert son indépendance dans un rejet violent de la société, et par un retour à la nature auprès de son compagnon, non plus en crevant le plafond de verre. Elle est mère de famille nombreuse. Son passé, son éducation reçue d’un père ambitieux et riche, sont des entraves qu’elle a brisées. Et si elle n’apparaît presque pas tout le long du film, elle est l’axe autour duquel chacun va construire un questionnement. D’un certain point de vue, si elle meurt, si elle n’est pas un exemple d’insertion sociale, elle a tout de même réussit dans son rôle traditionnel : celui de transmettre une éducation à ses enfants, tout au moins, voilà comment les scénaristes (de gauche) la décrivent.

Le rite initiatique, le retour à la nature

Le rite initiatique, le retour à la nature

Sa soumission à son mari va connaître quelques accrocs à la fin de leur relation quand elle inscrira le plus vieux des enfants à l’université, ou quand elle se disputera avec son mari. Mais ces scènes ne sont pas filmées, et il n’est pas possible de savoir si c’est une remise en cause partielle des choix de l’homme ou bien le résultat de la maladie.

 

Captain fantastic, où comment l’homme retrouve une place dans la famille

Captain fantastic veut entraîner les siens dans son idéal qui n’est plus celui de la société. La mort de sa femme intervient comme un échec. Il l’avait emmenée vivre dans les bois en pensant que cela la guérirait. Loin d’avoir réussi, elle a fini par se suicider. Sa mort, celle de la mère des enfants, va donc perturber ce schéma éducatif parfait. Leur monde se délite, il perd de son sens. En allant à l’enterrement, lui « >

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2 Commentaires

  1. Commentaire de jbc:

    Mais ! ?

    C’est un documentaire sur la mère de ma fille !

     

     

    Tout y est : la direction du casting avec les Services Sociaux dans le rôle des SS, les femmes anorexiques s’employant à rendre la justice dans les tribunaux en séparant les pères de leurs enfants, le milieu associatif sachant défendre sa peau quand l’heure est venue de placer l’intérêt supérieur de l’enfant là où il n’a plus rien.

    Et oui, je retrouve bien les figurants « spécialisés » dans « L’humain » ; face à la file d’attente habituelle des candidats poussés au suicide chaque année que sont les papas protégeant leur cœur sous la tombe. Rarement moins de 1500 selon l’INSEE.

    La réalité étant sordide, puis cruelle et enfin criminelle, on comprend le directeur de casting dans son choix de ne pas faire fuir le public et le critique.

    Heureusement, vous ajoutez beaucoup d’eau dans votre vin pour ne pas écœurer le lecteur, à l’instant où il comprend le bonheur effacé de quelques amis, si peu émus de Bambi et sa famille.

    On peut douter de Dieu tant qu’on y croit, mais personne ne douterait de l’enfer qui sépare la vie de la mort. Il existe, tout simplement. C’est cet « abyme » qui sent si fort le soufre. Même de loin.

    Rendre beau au cinéma une histoire qui ferait chialer sans issue, est une affaire qui tourne mal.

    Souffrir, c’est mieux quand on en rit.

     

     

     

     

     

  2. Commentaire de sauvestre:

    Jésus n’est pas une fiotte.

    Merci Captain Durandal

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