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Antiféminisme Aimeles

Editoriaux d’une résistante sur le vote des femmes.

Publié le 14 mars 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

 

Éditorial de La Charente Libre, 28 novembre 1944, par Mathilde Mir, du C. D. L. (comité de libération, organe de résistance) de la Charente.

 

Aux femmes

 

 

“Si la nation française n’était composée que de femmes, quelle terrible nation ce serait. »

Ce jugement sur les femmes de chez nous, un Anglais, correspondant du « Time », l’exprimait en 1871 au moment des désastres qui désolaient notre pays.

 

Cet hommage au patriotisme de nos grand-mères, à ces femmes en deuil qui pleuraient sur nos provinces perdues, sur la trahison de Bazaine, sur la défaite des armées impériales, leurs petites filles peuvent aujourd’hui le revendiquer dans la joie de la victoire, dans l’exaltation de l’honneur national retrouvé (5).

 

Les femmes françaises n’ont pas démérité, elles sont dignes de leurs aïeules. Elles ont été les artisans passionnés du redressement miraculeux qui s’est opéré depuis 1940. Elles se sont battues comme les hommes, dans les organisations de résistance; elles ont fait le coup de feu a coté de leurs maris, de leurs fils, de leurs frères.

 

Le gouvernement a reconnu ce rôle des femmes dans la guerre de résurrection et il a accordé aux femmes le droit de vote et le droit d’éligibilité. Actuellement, on procède dans toutes les mairies à l’établissement des listes électorales et on est obligé de constater que bien des femmes se désintéressent de ce droit nouveau pour elles, et qu’elles ne se présentent pas dans les bureaux pour se faire inscrire (1).

 

Le C.D.L les a exhortées a ne pas négliger cette inscription. Trop de femmes s’imaginent que cette inscription n’est qu’une nouvelle formalité, ajoutée a tant d’autres. Il y a déjà eu tant de taxations, tant d’inscriptions, tant de bons, tant de tickets que les formalités dont s’accompagne le droit de vote n’est qu’un souci de plus ajouté à la peine des femmes (4).

 

Et les femmes, qui ont en mains la chose domestique depuis 4 ans ne veulent pas y ajouter les tracas de la chose publique (4 bis). Et pourtant les femmes françaises constituent 62% de la population française, elles sont la majorité et elles ne peuvent se retrancher de la communauté sans porter un tort sévère à la nation (2).

 

Les femmes françaises vont voter, les femmes françaises doivent voter. Elles sont, dans le monde civilisé, les seules qui ne sont pas admises à l’administration du corps social. Je ne vais pas ressusciter le vieux débat sur le vote des femmes, ni ressortir les arguments des suffragettes, l’opposition d’Adam et d’Ève, les mérites de chaque sexe. La question est réglée, les femmes vont voter et il faut qu’elles se préparent a cette fonction nouvelle.

 

On craint qu’elles n’aient pas l’éducation civique nécessaire et qu’elles ne se laissent prendre a un extérieur avantageux, a une éloquence abondante et fleurie (5). Notre pays va faire un saut dans le noir avec le vote des femmes, dans une période incertaine de son histoire. J’ai la plus grande confiance dans le bon sens des femmes, dans leur esprit pratique et je voudrais leur dire que je compte sur elle pour qu’elles votent pour le candidat qui sera le plus honnête, le plus énergique, le meilleur Français, celui qui saura sacrifier ses intérêts personnels à l’intérêt de tous. Je voudrais que cette première consultation engage la France dans des voies non battues, pour des solutions hardies, plus humaines.

 

Car il y aura dans la France de demain des tâches qui seront exclusivement féminines. Il y aura des femmes sans travail, des veuves, des orphelins, il y aura des questions d’urbanisme, de salubrité publique, de moralité, des préoccupations d’éducation, tout l’immense problème du bonheur de plus d’un million de familles que des femmes ont toutes qualités pour résoudre (3).

 

Les Françaises, dans leur immense majorité, ne sont pas des égoïstes qui bornent leur horizon au cercle de la famille. Elles seront soucieuses de l’intérêt général. Je mets en elles tout mon espoir. Elles seront dignes dans la paix, de ce qu’elles ont été dans la lutte. Elles ne décevront pas la confiance que le gouvernement a mise en elles.« 

 

Mathilde Mir

 

Plusieurs éléments significatifs ressortent de ce texte montrant que :

 

– Le droit de vote n’était pas demandé par la majorité des femmes (1).

– Les femmes militantes ont conscience de leur majorité, de leur pouvoir, une majorité énorme au sortir de la guerre, 62%, puisque les hommes se sont faits décimer dans deux guerres mondiales (2)

– L’intérêt des femmes pour la politique n’est pas porté par la politique en général mais pourrait l’être par des domaines d’affinités qu’elles affectionnent  particulièrement : la défense de leurs propres intérêts « >

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3 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) Le vote (des femmes) aux municipales de 1945 :

    Droit de vote des femmes : Municipales du 29… par droitsdesfemmes

    La propagande est déjà en marche : il n’y a quasiment que des femmes sur cet extrait ! Le pouvoir leur est cédé galamment. Elles sont majoritaires. Le monde se portera mieux.

    Dans l’intimité, Mme De Gaulle accusait son mari de donner un droit de vote aux femmes dont elles n’avaient rien à faire, mais publiquement, elle participe à la mascarade politique. Les femmes vont prendre une place que nous leur avons cédé et elles vont exercer leur pouvoir sans se départir de ce qu’elles sont. Qui pourrait le leur reprocher ?

    • Commentaire de kasimar:

      C’est quand même très audacieux cette malhonnêteté qu’ont les femmes particulièrement dans le milieu de la presse féminine, de mettre toute leur misère (psychologique?) sur le dos d’une main invisible (patriarcat, « obstacles » à l’ « épanouissement » professionnelle des femmes, quoique quand on voit l’état des entreprises, on comprend mieux en quoi c’est épanouissant) le summum de la bêtise, du mensonge effronté et de la futilité, je ne m’étais pas trompés sur le compte de la presse féminine

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