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(Film) « Kingsman » ou l’évolution du discours progressiste

Publié le 17 octobre 2018 par Léonidas Durandal à 9 h 26 min

L’inclusivité est le maître mot du discours progressiste actuel. La folie de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, excusez-moi, la science déifiée, offrant des perspectives sans limites, le jeu du mal consiste désormais à faire entrer toute l’humanité sous une même bannière. Cette fausse fraternité issue d’un culte matérialiste immanent ne peut laisser personne sur le bord de la route, sauf les méchants qui la refusent, bien entendu. « Nous sommes les gentils, et ceux qui n’adhèrent pas à notre foi de gentils, sont forcément des méchants » semble ânonner  le matérialiste. Derrière cette maxime simpliste se cache pourtant tout un discours complexe difficile à décrypter, séduisant, bien élaboré qui se diffuse dans la société. « Kingsman » est un des exemples les plus réussi d’une telle entreprise. Ce film de 2015 retravaille tous les codes du film d’espionnage pour délivrer un discours progressiste très élaboré.

Après la délinquance, Eggsy va goûter à la méritocratie

Tout d’abord et comme je le précise en introduction, l’inclusivité étant devenu le maître mot du discours prosélyte progressiste, des personnages inhabituels y sont introduits et leur rôle y est retravaillé sous l’angle du bien et du mal. Serait-ce les prémices de la lutte contre l’élection de Donald Trump (ou les problèmes que les Anglais rencontrent avec Tommy Robinson), cette fois, événement majeur, un petit blanc est le centre de ce scénario.

Je crois que déjà, le progressiste sentait que le poor white trash lui échappait, et qu’il fallait « l’inclure » dans ce grand combat final contre les vilains. Du coup ici, Eggsy est blanc. Il a grandi dans une banlieue pourrie d’Angleterre et il se distingue en cela de toute l’aristocratie de son pays, par ses manières, son habillement, sa façon de parler, ses codes, ses aspirations… Cependant, ce qu’il a appris dans son milieu va lui servir à vaincre, même s’il devra s’acculturer pour gagner. La roublardise du pauvre, son attrait pour les femmes et l’alcool ne seront pas un obstacle. Ils devront être canalisés pour donner du fruit. Luc Besson, sortez de ce corps.    

Deuxième élément étonnant, la situation familiale de ce red neck n’est pas éludée. Il est élevé par une fille-mère qui n’a pas retrouvé le bonheur auprès de son second compagnon. Ce dernier la bat, il bat le petit qui a été séparé de son père, non pas du fait des choix de sa mère, mais à cause de circonstances dramatiques. Concession à la mièvrerie ambiante, la pauvre femme est allée vers le bad boy par désespoir et non par choix. Elle a eu un deuxième enfant avec lui, mais certainement par hasard… bref, ce film ne va pas jusqu’à s’attaquer à l’image de la sainte mère immaculée.

 

L’environnement

Dans cette banlieue pourrie anglaise, les scénaristes ne vont pas non plus jusqu’à présenter des pakis comme majoritairement fauteurs de troubles. Blancs et nègres y sont mélangés dans une indifférenciation de bon aloi. Quant aux aryens islamistes venus d’Inde en masse, je n’en ai pas vu la moindre trace, excepté sous les traits d’un dangereux terroriste au début, certes très motivé à tuer des gens, mais bien isolé. Il ne faut pas trop en demander au progressiste. En dehors de ces écueils habituels, la situation familiale de ce jeune blanc, et ses implications, y sont donc bien décrites. Les familles recomposées n’y sont plus un eldorado. La banlieue n’y est pas tout à fait excusée. La question de la responsabilité individuelle y est d’ailleurs abordée de manière centrale.

 

Les personnages

Eggsy va devoir choisir son destin, et s’affronter à une cohorte d’enfants d’aristocrates pour s’en sortir. Il sera aidé sur son chemin par une jeune fille avec qui il s’alliera pour atteindre son objectif. Petit blanc + femelle. Un peu caricatural ? Eh bien là encore, le personnage féminin a été retravaillé pour lui donner un peu plus d’épaisseur. Dans ce groupe de jeunes qui doivent lutter pour obtenir le job d’espion, il n’y a pas autant de filles que de garçons, et la fille n’est pas désincarnée, ni asexuée. Elle a ses fragilités… de fille.

Les scénaristes progressistes ont donc intégré que les jeunes femmes n’avaient pas les mêmes difficultés que les garçons pour s’intégrer socialement et exploser le plafond de verre. Ils prennent leurs peurs en compte et leur montrent un chemin pour les dépasser (quand bien même ce sera pour devenir “>

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