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AIMELES Antiféminisme

Il y a 4700 ans, Inanna chez les Sumériens, tente l’aventure féministe

Publié le 10 octobre 2012 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

 

 

 

…………
Du haut du ciel, Inanna voulut partir pour l’Enfer
Madame quitta ciel et terre
Pour descendre au monde d’En-bas
………….
Elle abandonna ses avantages
………………………

Elle s’équipa des Sept Pouvoirs,
Tendit sur sa poitrine le Cache-seins « Homme! viens! viens! » ;
Et maquilia ses yeux du Fard « Qu’il vienne! Qu’il vienne ! ».

 

 

Inanna se mit donc en route pour le monde d’En-bas,
Et Ninshubur, son assistante, cheminait avec elle.
La sainte Inanna dit alors à Ninshubur :
« Lacère-toi les yeux ; lacère-toi la bouche,
Lacère-toi la croupe provocante,
Et, telle une pauvresse, ne te vêts que d’un pan d’étoffe!

Puis, rends-toi en personne à l’Ékur, le temple d’Enlil :
Une fois entrée dans l’Ékur, le temple d’Enlil,
Devant Enlil répands des larmes, et dis-lui :
– « Ô vénérable Enlil, ne laisse pas tuer ta fille
Dans le monde d’En-bas!


Que si Enlil te refuse son aide, va-t’en à Ur.
Là, une fois arrivée au temple « Soubassement-du-pays »,
L’Ékishnugal de Nanna,
Devant Nanna répands des larmes, et dis-lui :
– Vénérable Nanna, ne laisse pas tuer ta fille
Dans le monde d’En-bas!

Que si Nanna te refuse son aide, va-t’en à Éridu.
Là, une fois entrée dans le temple d’Enki,
Devant Enki répands des larmes, et dis-lui :
– O vénérable Enki, ne laisse pas tuer ta fille
Dans le monde d’En-bas!

Le vénérable Enki, à l’ample intelligence,
Lui qui connaît nourriture-de-vie et breuvage-de-vie,
Me rendra certainement la vie!

Et Inanna s’en fut vers le monde d’En-bas,
Recommandant à Nirishubur, son assistante :
« Va donc, ô Ninshubur,
Et n’oublie pas ce que je t’ai ordonné!  »

Arrivée au palais de Ganzer, Inanna
Heurta d’un poing menaçant l’huis du monde d’En-bas
Et interpella le palais du monde d’En-bas
D’une voix agressive :
« Ouvre donc le palais, Pêtû! Ouvre le palais :
J’y veux pénétrer en personne! »
Et Pêtû, portier-en-chef du monde d’En-bas,
De répondre à la sainte Inanna :
« Eh bien! Qui es-tu, toi’?

– Je suis la reine du Ciel,
De là où le soleil se lève!

– Si tu es la reine du Ciel,
De là où le soleil se lève,
Pourquoi être venue au Pays-sans-retour?
Pourquoi ton cœur t’a t-il poussée
Sur le chemin que nul ne rebrousse? »
Et la sainte Inanna lui repartit alors :
« C’est pour Éreshkigal, ma soeur aînée,
Dont l’époux, sire Gugalanna, a été tué :
Pour assister aux funérailles
Et prendre part aux libations rituelles! C’est vrai!
Mais Pêtû, le portier-en-chef du monde d’En-bas,
Répondit à la sainte Inanna :
« Reste ici, Inanna! je vais parler à ma souveraine!
Je vais parler à ma souveraine Éreshkigal! »

Pêtû, portier-en-chef du monde d’En-bas,
Entra donc auprès d’Ereshkigal, sa souveraine, et lui dit :
« Madame, il y a là une jeune femme
Élevée comme le ciel, plantureuse comme la terre :
Elle a heurté d’un poing menaçant
L’huis du monde d’En-bas,
Et interpellé le palais du monde d’En-bas
D’une voix agressive.
Elle arrive de l’Éanna.

Alors, Éreshkigal, en grand souci, se frappa les cuisses de rage,
Et se mordit les lèvres de dépit.
Elle dit à Pêtû, le portier-en-chef :
« Va, Pêtû, mon portier-en-chef du monde d’En-bas,
Et n’oublie pas ce que je t’ordonne!
Tire le verrou des Sept-portes du monde d’En-bas :
Ouvre l’une après l’autre
Les portes du palais de Ganzer,
Et lorsqu’elle y sera entrée,
Qu’on m’amène son corps maté (?), dépouillé de ses vêtements! »

Pêtû, portier-en-chef du monde d’En-bas,
Déférant aux ordres de sa souveraine,
Tira donc le verrou des Sept-portes du monde d’En-bas,
Et ouvrit l’une après l’autre
Les portes du palais de Ganzer,
En disant à la sainte Inanna :
« Eh bien ! Inanna, entre! »
Et lorsqu’elle franchit la première porte,
On lui ôta de la tête le Turban, Couronne de la steppe, le Module de lazulite, le Collier de lazulite, la gorge les Perles-couplées, les Bracelets d’or, la poitrine le Cache-seins « Homme! viens ! Viens! », le Manteau royal.
« Que signifie ? (dit-elle)

– Silence, Inanna! (lui répondit-on) :
Les Pouvoirs du monde d’En-bas sont irréprochables!
Ne proteste pas contre les rites du monde d’En-bas! »

Ainsi son corps maté (?), dépouillé de ses vêtements,
Fut-il amené devant Éreshkigal.
La sainte Éreshkigal prit alors place sur son trône,
Et les Anunna, les Sept Magistrats,
Articulèrent devant elle leur verdict :
Elle porta sur Inanna un regard : un regard meurtrier!
Elle prononça contre elle une parole ; une parole furibonde!
Elle jeta contre elle un cri : un cri de damnation !
La Femme, ainsi maltraitée, fut changée en cadavre,
Et le cadavre suspendu à un clou!

Passé trois jours et trois nuits,
Ninshubur, l’assistante d’Inanna,
Son assistante aux paroles habiles,
Sa messagère aux discours efficaces,
Éleva en sa faveur une lamentation de catastrophe,
Fit retentir le tambour au siège de l’Assemblée
Visita tour à tour les résidences des dieux,
Se lacérant les yeux, se lacérant la bouche,
Se lacérant la croupe provocante,
Et, telle une pauvresse, revêtue seulement d’un pan d’étoffe,
Elle se rendit, en personne, à l’Ékur, le temple d’Enlil.
Une fois entrée dans l’Ékur, le temple d’Enlil,

Devant Enlil elle répandit des larmes (et lui dit) :
« Ô vénérable Enlil, ne laisse pas tuer ta fille
Dans le monde d’En-bas!

Mais le vénérable Enlil, irrité, répondit à Ninshubur :
Ma fille, après avoir voulu le Ciel, a désiré l’Enfer!
Inanna, après avoir voulu le Ciel, a désiré l’Enfer!
Mais les Pouvoirs du monde d’En-bas
Et quiconque |[…] ! »

Le vénérable Enlil ayant donc refusé son aide à Ninshubur,
Elle s’en fut à Ur.
Là, une fois entrée dans le temple « Soubassement-du-pays »,
L’Ékishnugal de [Nanna],
Devant Nanna elle répandit des larmes (et lui dit) :
« Vénérable Nanna, ne laisse pas tuer ta fille
Dans le monde d’En-bas!»

Mais le vénérable Nanna, irrité, répondit à Ninshubur :
«Ma fille, après avoir voulu le Ciel, a désiré l’Enfer!
Inanna, après avoir voulu le Ciel, a désiré l’Enfer :
Mais les Pouvoirs du monde d’En-bas
Et quiconque [ . .. ]! »

Le vénérable Nanna ayant donc refusé son aide à Ninshubur,
Elle s’en fut à Éridu.
Là, une fois entrée dans le temple d’Enki,
Devant Enki elle répandit des larmes (et lui dit):
« Ô vénérable Enki, ne laisse pas tuer ta fille
Dans le monde d’En-bas!

Et Enki, le vénérable, répondit à Ninshubur :
« Mais qu’a donc fait ma fille? Je suis inquiet!
Qu’a donc fait Inanna? je suis inquiet!
Qu’a fait la reine de toutes contrées? je suis inquiet!
Qu’a fait la Hiérodule de An?
Je suis inquiet!
Curant alors un peu de terre de (sous) ses ongles,
Il en modela un kurgara;
Et curant derechef un peu de terre de (sous) ses ongles,
Il modela un kalatur.
Au kurgara il remit de la nourriture-de-vie,
Au kalatur, du breuvage-de-vie!

Puis Enki, le [vénérable], dit au kalatur et au kurgara :
« Bon! Allongez vos pas vers le monde d’En-bas :
Voltigez comme mouches autour de son huis,
Tournoyez comme courants d’air
Autour du pivot de sa porte!
Vous trouverez, à l’intérieur, la mère génitrice,
A cause de ses enfants,
Éreshkigal au lit, malade,

Quand elle dira : »Aïe! mes entrailles! »
Dites-lui : « Ô notre souveraine dolente,
Aïe! tes entrailles!! »
Quand elle dira : « Aïe! mes membres! »
Dites-lui : « Ô notre souveraine dolente,
Aïe! tes membres! »
Elle vous dira alors ; »Qui que vous soyez, vous autres,
Puisque vous avez exprimé la douleur passant
De mes entrailles à vos entrailles,
De mes membres à vos membres,
Divins, je vous adresserai un salut favorable!
Humains, je vous assignerai un destin favorable!
Faites-lui-en alors prêter serment
Par le Ciel et la Terre,
Et […].
Lorsqu’on vous présentera de l’eau-de-rivière, refusez-la!
Lorsqu’on vous présentera du grain-des champs, refusez-le!
– « Offre-nous plutôt (dites-lui)
Le cadavre suspendu au clou! »
L’un de vous lui versera dessus de la nourriture de-vie,
L’autre du breuvage-de-vie,
Et Inanna reviendra à la vie! »

Déférant aux ordres d’Enki, kalatur et kurgara
Voltigèrent comme des mouches
Autour de l’huis de l’Enfer,
Et tournoyèrent comme des courants d’air
Autour du pivot < de sa porte >.
Ils trouvèrent, à l’intérieur, la mère génitrice,
À cause de ses enfants,
Éreshkigal au lit, malade,

Quand elle disait : Aïe! mes entrailles!,
Ils lui disaient : « Ô notre souveraine dolente,
Aïe! tes entrailles! »
Et quand elle disait :« Aïe ! mes membres! »
Ils lui disaient :« Ô notre souveraine dolente,
Aïe! tes membres! »
Si bien qu’elle leur déclara :
« Qui que vous soyez, vous autres,
Puisque vous exprimez la douleur passant
De mes entrailles à vos entrailles,
Et de mes membres à vos membres,
Divins, je vous adresserai un salut favorable,
Humains, je vous assignerai un destin favorable!
Ils lui en firent donc prêter serment Par le Ciel et la Terre »
Et [ …].
Quand on leur présenta de l’eau-de-rivière, ils refusèrent!
Quand on leur présenta du grain-des-champs, ils refusèrent!
« Offre-nous plutôt (disaient-ils)
Le cadavre suspendu au clou! »
La sainte Éreshkigal de répondre alors
Au kalatur et au kurgara :
Mais ce cadavre, c’est celui de votre souveraine!
– Même si c’est celui de notre souveraine,
Remets-le-nous! , dirent-ils,
Puis l’un d’eux versa sur lui de la nourriture de-vie,
L’autre du breuvage-de-vie,
Et Inanna revint à la vie!
Mais, alors qu’elle se préparait
À remonter du monde d’En-bas,
Les Anunna la retinrent (et lui dirent) :
« Qui donc, descendu au monde d’En-bas,
En est jamais ressorti quitte?
Si donc Inanna veut remonter du monde d’En-bas,
Elle doit nous remettre un substitut!»
Aussi, tandis qu’Inanna remontait du monde d’En-bas,
De petits démons, pareils à des roseaux-shukur,
Avec de gros démons, pareils à des roseaux dubban,
L’escortaient-ils.
Celui qui ouvrait le chemin, sans être lieutenant,
Portait un bâton ;
Ceux qui l’accompagnaient, sans être hommes-de-troupe,
Portaient à la ceinture une masse-d’armes!
Or, ces escorteurs, ces escorteurs d’Inanna,
Dédaignaient les offrandes de nourriture et boisson,
Ne mangeaient point la farine épandue en sacrifice,
Ni ne buvaient l’eau versée en libation :
Capables d’arracher l’épouse aux bras de son époux,
Et le bébé au sein de sa nourrice!

Inanna sortit donc du monde d’En-bas
Et, quand elle en fut ressortie,
Se jeta à ses pieds Ninshubur, son assistante,
Accoutrée d’un vêtement misérable
Et prosternée dans la poussière.
Les démons dirent à Inanna :
« Rentre chez toi, Inanna :
Voilà celle que nous allons emmener! »
Mais la sainte Inanna leur répondit :
« Non ! C’est mon assistante aux paroles habiles,
Ma messagère aux discours efficaces,
Qui n’a jamais failli à mes ordres
Et n’a jamais [fait fi] de mes commandements!
En ma faveur, elle a élevé une lamentation de catastrophe,
Fait retentir le tambour au siège de l’Assemblée
Et visité tour à tour les résidences des dieux,
Se lacérant les yeux, se lacérant la bouche,
Se lacérant la croupe (?) provocante (?),
Et, telle une pauvresse, revêtue seulement d’un pan d’étoffe,
Elle est allée à l’Ékur, au temple d’Enlil,
À Ur, au temple de Nanna,
À Éridu, au temple d’Enki,
Et elle m’a sauvé la vie.
– Bon! (dirent les démons), nous allons poursuivre
Et t’accompagner au Sigkurshagga d’Umma! »

Arrivés à Umma, Shara, sorti du Sigkurshagga,
Se jeta aux pieds d’Inanna,
Accoutré d’un vêtement misérable
Et prosterné dans la poussière.
Et les démons dirent à Inanna :
« Rentre chez toi, Inanna :
Voilà celui que nous allons emmener! »
Mais la sainte Inanna leur répondit :
« Non! C’est Shara, mon ménestrel,
Mon manucure et mon coiffeur!
Je ne vous l’abandonnerai à aucun prix!
– Bon! (dirent les démons), nous allons poursuivre
Et t’accompagner a / Emushkalama de Badtibira! »

Arrivés à Badtibira, Lulal, sorti de l’Émushkalama,
Se jeta aux pieds d’Inanna,
Accoutré d’un vêtement misérable
Et prosterné dans la poussière.
Et les démons dirent à Inanna :
« Rentre chez toi, Inanna :
Voilà celui que nous allons emmener! »
Mais la sainte Inanna leur répondit :
« Non ! C’est Lulal, mon capitaine, qui se tient à mes côtés!
Je ne vous l’abandonnerai à aucun prix!
– Bon! (dirent les démons), nous allons poursuivre
jusqu’au grand Pommier du plat-pays de Kul’aba! »

Ils l’escortèrent donc jusqu’au grand Pommier
Du plat-pays de Kul’aba.
Dumuzi s’y trouvait confortablement installé
Sur une estrade majestueuse!
Les démons se saisirent de lui par les jambes,
Sept d’entre eux renversèrent le lait de la baratte,
Cependant que certains hochaient la tête,
Comme la mère d’un malade,
Et que les pasteurs, non loin de là,
Continuaient de jouer de la flûte et du pipeau!
Inanna porta sur lui un regard : un regard meurtrier
Elle prononça contre lui une parole ; une parole furibonde
Elle jeta contre lui un cri : un cri de damnation!
« C’est lui! Emmenez-le »

Ainsi leur livra-t-elle le pasteur Dumuzi.
Or, ceux qui l’escortaient,
Ceux qui escortaient Dumuzi,
Dédaignaient les offrandes de nourriture et de boisson,
Ne mangeaient point la farine épandue en sacrifice,
Ni ne buvaient l’eau versée en libations ;
Ils ne comblaient pas de volupté un sein de femme,
Ni ne serraient en leurs bras de doux bambins,
Mais arrachaient les enfants des genoux de leur mère
Et emportaient de chez son beau-père la jeune épousée!

Dumuzi, tout en pleurs, et ruisselant de larmes,
Leva les mains au ciel, vers Utu :
Utu (disait-il), tu es le frère de ma « femme »
Et je suis le « mari » de ta sœur!
C’est moi qui apportais chez votre mère de la crème,
Moi qui apportais du lait chez Ningal!
Change mes mains en « mains de serpent »,
Change mes pieds en « pieds de serpent »,
Pour que j’échappe aux démons
Et qu’ils ne me gardent point!
Utu accepta ses larmes :
Il changea ses mains en « mains de serpent,
Et ses pieds en n pieds de serpent,
Si bien qu’il échappa aux démons,
Qui ne le purent garder.

Partie manquant…
Puis les restes du mythe racontaient la fuite de Dumuzi chez sa sœur, Geshtinanna, laquelle adressait alors à Inanna une prière pour qu’on la prît elle-même en Enfer, en place de son frère.
Arrivée de la Mouche , qui révélait aux démons la cachette de Dumuzi, en récompense de quoi Inanna lui « assignait un destin » favorable :
Inanna, la jeune femme, assigna donc
Un destin favorable à la Mouche :
En la maison de la bière, en la taverne, tu ne [ . . ]
Mais, comme les enfants sages, tu ne […]!
Et ainsi en fut-il, selon le destin
Assigné par Inanna à la Mouche!

Puis, comme Dumuzi pleurait,
Ma souveraine (?) vint à lui,
Le prit par la main (et lui dit) :
« Toi, ce sera seulement la moitié de l’année,
Et ta sœur, l’autre moitié !
Lorsque l’on t’y réclamera,
On s’emparera de toi ;
Et lorsqu’on y réclamera ta sœur,
On s’emparera d’elle! »

Voilà comment la sainte Inanna
Fit de Dumuzi son substitut (?).
Comme il est doux de te célébrer, Auguste Éreshkigal!

Une version plus complète ici.

 

Un résumé partiel de cet étrange mythe :

 

La femme désire abandonner son statut de déesse pour devenir mortelle.

Sa soeur, son double maléfique, gardienne du monde sous-terrain, l’emprisonne et la torture.

Son double bénéfique sollicite l’aide de sa famille.

Excepté son père, personne n’accepte de l’aider.

Il crée des êtres d’argiles efféminés qui plaignent la mère universelle, mère qui de sa puissance et pour les remercier délivre Inanna.

Seulement il y aura un prix à payer à cette délivrance : il faut qu’elle sacrifie un de ses proches.

Elle refuse de sacrifier tous ceux qui pourvoient à son confort.

Elle finit par sacrifier son mari (pasteur) et la sœur de celui-ci, qui dans un cycle éternel devront se substituer à Inanna dans le monde d’en bas, 6 mois chacun.

 

 

Une explication utilisant un modèle antiféministe (avec un travail sur les classes sociales, en vert) :

 

Ce récit est le récit éternel de toutes les femmes dans leurs désirs totalitaires qui convoitent le monde et le mènent à sa perte.

 

Gilgamesh ayant refusé les avances de la déesse femme Inanna, il doit être puni (Inanna et sa volonté totalitaire ne pouvaient intéresser un Gilgamesh, héros antiféministe naissant). L’homme, brutal, animal, sans cerveau, le dieu taureau est chargé d’accomplir la vengence d’Inanna. C’est son beau-frère. Il s’appelle Gugalanna. Il est marié à la soeur d’Inanna, Ereshkigal, maîtresse du monde d’en bas, des enfers. Gugalanna est le jouet de deux féministes qui contrôlent son destin : sa femme Ershkigal et sa belle soeur, la déesse Inanna. L’une l’envoie tuer Gilgamesh, l’autre ne le retient pas.

 

Seulement le beau grand, fort et intelligent Gilgamesh, l’homme antiféministe par excellence (merci pour moi), le défait. Le mari d’Ereshkigal, le prince des enfers meure et Ereshkigal voue une haine sans nom à Inanna sa soeur. Elle la rend responsable de la mort de son mari.

 

Comble de la présomption pour Ereshkigal, Inanna veut assister à l’enterrement de celui dont elle a provoqué la mort dans un lieu qui lui est interdit. Car en se présentant aux portes du monde d’en bas, Inanna déroge aux règles divines qui interdisent aux immortels d’entrer dans le monde des morts sous peine de perdre leur immortalité.  Elle abuse de son statut malgré sa volonté affichée de témoigner du respect à un mort. En voulant participer aux libations sacrées, on peut dire qu’elle dérange les règles en voulant les respecter. Dans certains textes, Inanna part dans le monde d’en bas pour le conquérir. Ce ne serait pas étonnant de sa part. Toutefois, soit qu’elle ait agi par avidité ou jalousie pour sa soeur, soit qu’elle l’ai fait par soucis statutaire, on peut remarquer qu’Inanna prend sa décision de manière omnipotente et avec la plus grande des légèretés. Ici, elle y va avec une sorte de candeur touchante et naïve qui nous la ferait presque prendre en pitié.

Il était prévisible qu’en excitant la peine de sa sœur par sa présence incongrue, elle ne pouvait que l’offenser et provoquer une réaction de sa part.  Elle le sait si bien qu‘elle va prendre des assurances par l’intermédiaire de sa servante, qui sera chargée de solliciter l’aide des dieux quand Inanna aura commis l’irréparable.

 

Car pour se protéger, Inanna s’est ménagée l’intervention d’une assistante, d’une femme positive, d’une amie qui a pour mission d’intervenir auprès des divinités familiales pour la sauver en cas de besoin. C’est Ninshubur qui est chargée de cette mission.

Pour réussir dans son entreprise, Inanna se pare aussi d’armes magique. Chacune de ces armes pourrait être étudiée spécifiquement, soit comme des attributs masculins(mimétisme phallique), soit comme des attributs féminins ou chamanique. Le turban lui permet de cacher ses cheveux (masculin). Son cache-seins lui procure l’apparence d’un homme (masculin). Le collier, le bracelet et le fard doivent être assimilés à des pouvoirs magiques de séduction (féminin). La lazulite la protège des envoûtements (chamanique). En fait, Inanna ne veut pas se contenter d’être une femme. Elle veut être homme et femme.

 

Si elle se jette dans la gueule du loup en prenant de nombreuses garanties, elle le fait sans hésiter. Arrivée en bas, elle est victime de sa sœur qui la dépossède de ses attributs.  Ses armes, sa soeur l’en dépossède par l’intermédiaire d’un homme qui la trompe. Inanna doit se soumettre à des règles qu’elle ne connaît pas (marché du travail) et se fait déposséder par l’intermédiaire du gardien des portes du palais (patron de grande entreprise) qui agit pour le compte d’une autre déesse vivant en enfer (féministe bourgeoise actionnaire de la dite entreprise). Sa servilité s’explique par son ignorance.

 

Quand Inanna, immanquablement, se retrouve en galère, et que Ninshubur quémande l’intervention des dieux, toute sa famille refuse de l’aider. Seul son père va accepter de prendre le risque de malmener les règles inhérentes au bon fonctionnement du monde, pour l’amour de sa fille. Seul lui l’aime encore assez pour aller tester les limites des règles fixées par les Anunnas. Cette unique sollicitude prouve que le caractère d’Inanna n’est guère apprécié du reste de « l’Olympe ». Son caractère autoritaire la met en danger et son père ne peut qu’assumer les défauts d’une éducation qu’il a lui même contribué à faire sombrer dans un état impulsif et caractériel.

 

Pour l’aider, son père crée donc deux divinités d’argiles, des homosexuels, êtres vivants et magiques mais dont l’existence n’a pour objet que de faire semblant de compatir aux douleurs de la mère universelle, mère universelle qui a le pouvoir de libérer Inanna. Seule la force de la maternité est capable de faire entendre raison aux féministes et leur est supérieure. Par la maternité, par la souffrance, la femme retrouve une forme de charité envers le monde. Ce passage est très riche en symboles qu’il serait intéressant de travailler. Ces êtres créés à partir de rien par le père et soumis aux desideratas de la mère, obtiennent la résurrection d’Inanna (signification?). Mais cette dernière ne peut quitter définitivement le monde d’en bas sans substituer à sa présence en ce lieu une personne choisie par ses propres soins.

Pour revenir dans son pays Inanna refuse de sacrifier les personnes en charge de son confort (beauté, plaisir, protection) et préfère détruire sa famille par alliance pour sauver ses conditions de vie (comme n’importe quelle féministe quand elle décide de divorcer dans notre monde moderne). Elle se fait l’intermédiaire des démons pour sauver sa peau. Et elle n’hésite pas à sacrifier son mari contre qui elle se met en colère sans raison. Dans d’autres textes, son mari, Dumuzi, est désigné pour la remplacer en enfer car il a profité de l’absence de sa femme pour s’en donner à cœur joie (et on le comprend…). La sœur de Dumuzi est prête à prendre la place de son frère même si tous les deux cherchent à échapper à l’emprise de cette tigresse. Finalement, après la trahison de la mouche, animal putride par excellence qui sert Inanna, ils seront envoyés tous les deux en enfer, mais leur charge sacrificielle sera partagée en deux. ls ne pourront jamais plus se rencontrer.

déesse-mésopotamienne-Inanna

Inanna

 

Inanna ou le côté transgressif de toute féministe : 

 

Il est très étrange qu’Inanna ait ignoré le caractère de sa soeur et la vengeance qui s’en suivrait immanquablement si son projet faillissait. Gilgamesh lui a pourtant opposé une première résistance victorieuse en repoussant ses avances. Au lieu de reprendre contenance, de passer sur l’incident, son égo est si développé qu’elle va concevoir ce refus comme une injure à sa divinité. Elle va chercher à défier une seconde fois le héros masculin en jouant de son pouvoir de domination indirecte. De la force de séduction, elle va passer à l’utilisation de la force brutale manipulée à distance. Elle devrait envisager l’échec. Mais il semble que personne n’ait su lui résister jusque là et que sa folie en ait été entretenue d’autant plus. Elle délègue donc le dieu taureau pour qu’il accomplisse ses desseins tyranniques à sa place de femme quitte à perturber et à mettre en danger toute sa famille. Plus Inanna s’entête, plus elle se met en danger, elle, et son entourage. A la mort de Gugalanna, elle ne comprend même pas son erreur. Elle va donc se donner l’obligation de participer aux rituels sacrés des funérailles de son beau-frère tout en ayant bafoué toutes les règles morales de responsabilité individuelle et sociale auparavant  : en condamnant sa sœur au veuvage, le mari de sa sœur à la mort, en exposant sa famille à sa place.

Inanna veut respecter les bienséances jusqu’au bout, assumer sa situation de déesse et les responsabilités qui vont avec (femme qui possède tous les pouvoirs). Elle ne comprend pas qu’elle a été trop loin et qu’elle remet en cause son statut même de divinité. Dans sa folie, elle s’imagine conquérir le monde d’en bas selon certains textes, ou comme ici, parer aux rituels sacrés dont elle se donne la charge sans tenir compte de toutes les attitudes offensantes qu’elle a accumulé envers « les autres », ce qui est déjà grave.

 

Il semble même qu’elle ait agi en sachant qu’elle mourrait forcément.  Il y a donc une sorte de curiosité morbide et de volonté jusqu’au boutiste chez Inanna.  Victime d’un père absent ou trop protégée du monde, Inanna en cherche les limites en frôlant la mort. En parta121010jeangreynt pour le monde d’en bas, elle accomplit son destin qui est de prendre conscience de ses propres limites. Inanna peut devenir mortelle parce qu’elle a dérogé aux bienséances divines. Clouée, morte pour un temps, le destin de l’humanité prend chair en elle.

 

 

 

Si Inanna ne perçoit pas consciemment qu’elle a été trop loin, elle pressent (pré sent) très bien les dangers qu’elle va devoir affronter. Et si elle veut bien affronter la mort, toutefois, elle veut le faire , avec l’assurance de s’en sortir. La bourgeoise prend peu de risques personnels en demandant l’indépendance pour toutes les femmes. Elle aura toujours un filet de sécurité. Seule l’ouvrière prend un vrai risque en étant féministe, risque qu’elle tend à minorer parcequ’elle fait confiance à ses sœurs bourgeoises.

 

Inanna transgressant donc sa propre conscience, ne pouvait qu’échouer. On peut même dire qu’elle désirait inconsciemment échouer puisqu’elle prend part à une épreuve qui nie les évidences, les règles naturels et le caractère de chacun (culture masculine et féminine pour les féministes d’aujourd’hui). Elle ne pouvait qu’entraîner celle qui la suivrait, Ereshkigal, dans le malheur tout en conservant ses conditions de vie qu’elle n’avait, en fait, jamais réellement abandonnées.

 

 

Les deux sœurs ou l’impossible entente entre deux femmes de milieux différents :

 

Gilgamesh trouble la relation des deux sœurs en leur révélant qu’elles ne partagent ni les mêmes intérêts, ni la même façon de voir la vie, ni la même moralité. Les deux sœurs font preuve de solidarité féminine entre elles tant que leurs intérêts semblent converger. Au premier incident qui ne manque pas d’arriver, et quel incident !,elles finissent par se combattre et l’une désire éliminer l’autre. Aujourd’hui, les bourgeoises déséquilibrées mentalement ont établi des règles qui leur profitent, sollicitent la solidarité des femmes du peuple, et parlant en leur nom, tandis qu’elles les ont fragilisées face à une probable crise. Elles ont utilisé leur capital social, leur argent et leurs réseaux pour s’imposer dans le débat ambiant. Ces bourgeoises ont agi au profit de leur seule colère (à cause de modèles éducatifs ratés) et s’en tireront quelque soit la situation économique que nous allons connaître dans les prochaines années. Ce ne sera pas le cas de leurs soeurs qui les auront crues jusqu’au bout, et qui devront souffrir la mort symbolique (disparition) de leurs maris incapables d’une pensée et d’agissements autonomes en dehors d’elles (nous en sommes actuellement là dans notre société).

 

Ces deux femmes, très différentes, sont incapables de vivre selon les règles du monde de l’autre. Les interventions des unes dans le monde des autres créent confusions et incompréhensions. Le monde illusoire qu’elles se sont créées, ne résiste pas aux réalités qui finissent par s’imposer à elles. Sans autorité masculine pour mettre du coeur au sein des règles et des règles au sein de leur coeur, les deux sœurs en arrivent immanquablement à l’affrontement. L’autorité masculine ne peut être comblée par la venue d’une autre femme dans le monde d’en bas (impasse d’un lesbianisme sans identification masculine) mais au contraire, attise les discordes. Le dieu taureau ayant été tué par Gilgamesh qui s’oppose à Inanna, les deux femmes se retrouvent en face à face. Dès lors, l’une souffre, l’autre fait souffrir.

 

Gugalanna ou l’homme dominé :

 

Ici Gugalanna servira de plomb électrique qui fondra en laissant une marque de brûlure indélébile sur la toile de cette peinture orageuse et tragique. Gugalanna, le dieu taureau, représente l’homme objet, animal prisonnier de ses pulsions et au final prisonnier des décisions des femmes qui l’entourent. Ainsi Gugalanna ira combattre Gilgamesh parce que celui-ci a fait agir sa clause de conscience d’homme envers une femme qui le méprisait et qui voulait se servir de lui comme d’un homme-objet.

Symboliquement, l’homme vivant de sa force, ou l’homme dominé par ses pulsions qui, n’est capable que de suivre des femmes, est mort à cause de la concupiscence de notre féministe arriviste à qui il a obéit aveuglément, Inanna, et à cause de sa femme qui l’a laissé risquer sa vie pour défendre le désir plénipotentiaire de sa sœur.

 

Gugalanna se fait étriper

 Gugalanna se fait étriper 

 

Gilgamesh ou le héros antiféministe :

 

A l’opposé de Gugalanna, ou suivant une trajectoire de vie opposée, Gilgamesh représente l’homme individué, conscient et responsable de ses décisions qui ne se laisse pas entraîné par ses besoins sexuels tout en ayant le pouvoir d’honorer Inanna comme il le fera plus tard dans cette suite épique.

Pour rétablir l’équilibre dans le monde, il faut l’intervention d’un Gilgamesh, à la fois source de discorde dans l’univers féministe et héros d’un monde plus juste face à la toute puissance de ces harpies. Gilgamesh révélera à ces deux sœurs qu’elle ont des intérêts contradictoires.

 

gilgmaesh

 Gilgamesh

 

Ereshkigal ou l’image des femmes réelles :

 

Autre image de féminisme, Ereshkigal, la sœur d’Inanna et maîtresse des enfers. Celle-là est emprunte de jalousie et de colère contre Inanna. Cette dernière a perturbé le fonctionnement du monde d’en bas, elle devra en subir les conséquences.

Tour à tour femme jalouse, exploiteuse, exploitée, sœur solidaire, mère universelle, Ereshkigal représente la condition des femmes sur terre. Féministe et victime du féminisme, Ereshkigal enfantera dans la douleur un enfant qui aura à souffrir le l’absence d’un père qui ne possédait que la moitié des attributs du vivant. La seule force physique de ce père, sa seule puissance et son manque de conscience individuelle ne pouvaient pas en faire un partenaire viable. Ereshkigal est victime de son attachement à ce dieu. Elle est victime de son attachement à sa sœur. Elle est victime de ses maternités. A son tour, elle devient bourreau de sa sœur, bourreau de son mari, bourreau de son enfant. Ereshkigal ne connaît encore rien à l’amour, elle ne voit que par elle, et ne peut que suivre un destin dramatique.

 

 

femme victime d'elle-même

 

 

 

Epilogue :

 

 

A la fin, Dumuzi et Geshtinanna, frère et sœur seront envoyés dans le monde d’en bas à la place d’Inanna. Ils ensemenceront ce monde par alternance.

Dans la société sumérienne, cette alternance exclusive est chargée de poser symboliquement le tabou de l’inceste entre frères et sœurs, permet de distinguer principe mâle et femelle comme sacrés, et instaure une forme d’égalité entre êtres humains. Dumuzi et Geshtinanna, le frère et la sœur, n’ont aucune possibilité d’échapper à leur sort malgré leur insistance à rester éternellement au paradis.

Leur venue sur terre/enfer est donc vécue comme une malédiction, une déchéance cyclique et éternelle de leur statut divin. Elle est la conséquence des désirs féministes d’Inanna qui plongent l’humanité en enfer, les hommes et les femmes, de manière successive. Heureusement la punition est minorée par le changement de saisons qui fait rentrer les genres sumériens symboliquement, périodiquement et alternativement dans le paradis perdu. Ce cycle des saisons est celui des récoltes. Il est celui de la complémentarité, des différences naturelles et sexuées, de la fécondité.

L’homme sumérien est soumis au culte d’un tyran féminin et donc féministe qui lui impose des règles en dehors de toute réciprocité. Dumuzi doit se sacrifier à la place de sa femme pour des fautes qu’il n’a pas commise. Mais si elle devait assumer ses fautes, le monde ne serait plus fécond comme l’explique un autre mythe sumérien. Cependant ce monde accueillera d’ici peu un héros nommé Gilgamesh qui deviendra roi et libérera son peuple de cette domination. Gilgamesh suivra un parcours initiatique qui croisera quelquefois celui d’Inanna.

Les époques qui suivront verront le triomphe de nombreux Gilgamesh qui auront dû, eux-aussi, apprendre à contrôler leurs tendances tyranniques, leur obsession sexuelle des femmes etc….

 

Mais revenons à Inanna.

 

 

Inanna, la féministe, n’a pas sa place sur terre/en enfer. Les différences entre traductions et commentaires sont assez équivoques. Pour ma part, j’émets l’hypothèse que terre et enfer sont assez confondus pour eux : l’enfer pour les Sumériens, est l’image de ce monde où on doit accepter sa propre mort. Le monde chtonien se trouve être, souvent, un reflet du monde tout court.

 

Grâce à sa prévoyance, Inanna a réussi à revenir dans le monde d’en haut sans avoir à assumer ses erreurs. Toutefois cela ne l’a pas empêché d’agir en toute candeur. Cette forme de dichotomie entre conscience des risques pris et impossibilité d’assumer ses actes et de tirer des leçons de ses échecs passés est typique de nombreuses personnes atteintes de troubles féministes. De nombreux féminismes naissent chez des individus incapables de comprendre les implications de leurs actes au sein d’une société, société qui parfois favorise leur irresponsabilité (êtres féminins jugés irresponsables de leurs actes, n’allant pas en prison etc…) et peuvent être caractérisés comme sociopathes quand ils ne sont pas déjà victimes de divers troubles psychologiques (confusion identitaire et sexuelle, hystérie…).

 

Inanna, est définitivement atteinte de féminisme. Sa volonté de toute puissance se manifeste de plusieurs manière. Elle sème la mort et le déchirement autour d’elle. Elle abandonne son statut social élevé pour pénétrer (volonté phallique) dans le monde des ténèbres. Animée par une fascination morbide, mettant en jeu sa vie, elle veut dominer les enfers. Elle confond les sexes et s’attribue les pouvoirs de chacun. Echouant dans son projet, elle revient de son aventure accompagnée de démons. Pour se sauver, elle, et surtout son petit confort, elle leur permet de se saisir de son mari et de la sœur de celle-ci. Elle sacrifie donc sa famille par alliance pour conserver son confort personnel. Egoïste et inconsciente, elle se fait aider par des animaux symboles de mort (mouche).

 

Autant dire que tout pourrit autour d’elle, même elle, qui n’est sauvée de la mort qu’in extremis. Seul l’amour d’un père qui aura échoué dans son éducation, pourra lui sauver la mise. Cette même façon d’agir du père durant l’enfance de sa fille, aura certainement été à la source de sa tendance caractérielle. Inanna est signe de malédiction et de déchéance pour l’humanité et pour elle-même.

Là encore, je me demande si les scientifiques n’ont pas commis une méprise en l’assimilant à une déesse agraire toute puissante de la fécondité. Inanna ne procure fécondité que par défaut, là où elle n’est pas présente. Si elle est sur terre, la terre n’est plus féconde. Il faut la voir retourner au ciel et nous envoyer son mari et sa sœur pour que la terre soit de nouveau féconde. Pour moi, il faudrait lui donner sa place au panthéon des dieux destructeurs même si on tente de lui donner un aspect tellurique dans les commentaires que j’ai lus. Cette confusion provient du fait, qu’en plus d’être la déesse de la guerre, elle est la déesse de l’amour physique. Nos contemporains, béats, imprégnés de culture chevaleresque, assimilant l’amour physique à la libération sexuelle, n’ont pas compris que pour ces peuples, le sexe pouvait être perçu comme une source de chaos. Pour eux, le sexe c’est la guerre. Il n’y a donc pas ambivalence dans le symbole d’Inanna. Elle est pleinement féministe, maîtresse de la guerre et de l’amour physique, comme il se doit pour une divinité du chaos. Les humains ne seront que trop heureux de la voir retourner dans le monde des dieux et de pouvoir lui vouer un culte de loin pour échapper à son pouvoir néfaste et puissant sur terre. Sa tentation de dominer les enfers dit tout d’elle. Définitivement chtonienne, au plus profond de son âme, Inanna est un ange déchu, celui du féminisme.

 

Après analyse, on peut affirmer qu’il y a 4700 ans, une société posait à sa façon le tabou du féminisme en décrivant dans sa myhtologie les conséquences néfastes de la toute puissance féminine, celle d’Inanna. Cette idolâtrie était celle d’une femme qui faisait peur à toute une société, et dont la puissance reflétait certainement les rapports établis entre hommes et femmes de cette époque.

 

Progressivement cette mythologie fera une place de plus en plus importante aux hommes, les femmes céderont un peu de leur toute puissance et le monde ne s’en portera que mieux. Dans ce cycle sumérien, Inanna transmettra les attributs de la royauté à Gilgamesh mi homme mi dieu. Celui-ci apprendra petit à petit à devenir un peu plus « humain ».

 

 

La morale antiféministe, conseils pratiques de survie pour un antiféministe :

 

Dans ce schéma, l’antiféministe commence par opposer un refus symbolique à sa propre domination par une femme (Inanna). L’antiféministe est à l’image d’un Gilgamesh, héros naissant : parfois maladroit mais sur la bonne voie. Comme Gilgamesh à ses débuts, un antiféministe ne peut pas se laisser séduire par n’importe quelle femme qui se donnerait à lui. Il doit apprendre à se dominer avant de dominer.

 

Dans un second temps, l’homme qui choisit ce chemin subit immanquablement, l’opposition de nombreuses féministes qu’il croise. Tout d’abord, au hasard de ses rencontres, il y a celles qui veulent le contrôler. Et puis il y a celles qui perçoivent un danger en lui et qui veulent l’éliminer de leur environnement. Inanna veut détruire Gilgamesh car il a refusé ses avances et blessé son orgueil. Quand une féministe ne peut pas manipuler directement un antiféministe par la séduction ou les mots, elle lui envoie ses sbires, soit pour faire pression sur lui, soit pour le détruire. Ces hommes féministes, aveuglés par les femmes, ne constituent que de faibles opposants idéologiques face à des antiféministes. Quand Gulaganna et Gilgamesh se rencontrent, l’homme complet surpasse le dieu taureau (à l’image d’une tauromachie). En effet, quelque soit l’intelligence et la force d’un homme féministe, que pourra-t-il contre un homme qui s’assume ? et qui sait se placer face à une femme ? L’homme féministe sera toujours en défaut par rapport aux désirs réels des femmes qu’il confondra avec les siens. Un antiféministe ne doit donc pas se méfier de la force des féministes mais de leur nombre. En infériorité idéologique, et comme toute hyène qui se respecte, la féministe attaque à plusieurs et de tous les côtés les proies fragiles et isolées. La féministe est souvent déséquilibrée psychologiquement, manipulatrice et mal intentionnée. Elle fonde sa domination sur son intérêt personnel, et pire, sur son intérêt de femme. S’il lui arrive d’être attaqué en groupe, l’antiféministe doit se retourner contre le commanditaire des attaques et ignorer les autres. Mais il ne peut le faire en blessant d’une quelconque manière la féministe, car tous les hommes autours se retourneraient contre lui. Il doit révéler l’agression féministe plutôt que de surenchérir. Il ne peut pas répondre à tout le monde et doit se concentrer sur celle, celui qui en est à l’origine. Il est bien souvent inutile de vouloir convaincre une féministe. Il faut l’affronter. Les féministes femmes sont les reines de la rhétorique, et ils sont peu nombreux ceux qui, en plus d’être antiféministes, sont capables de gagner un débat contre elles en usant d’une rhétorique d’un niveau équivalent. L’antiféministe doit toujours revenir aux idées s’il discute avec une féministe et ne pas se laisser embuer par les formules faciles qu’elles ont imposées dans l’inconscient collectif. Il doit même être capable de dénoncer au cours de la conversation ce genre de procédés. L’époque où l’on pouvait coller une tarte à une provocatrice qui cherchait les coups est terminée, il faut en prendre acte. A cette fin, l’antiféministe doit savoir garder la maîtrise de ses nerfs. Celui qui s’énerve se met en faute au regard d’un groupe. Une bonne façon de dominer la conversation c’est d’adopter la même stratégie qu’une femme : éviter de vouloir chercher la vérité, exposer son point de vue d’homme et ne mêler ses idées à la conversation que dans un second temps. Ces stratégies indirectes sont celles d’un monde dégénéré quand on cherche la vérité mais ce sont celles qui nous sont imposées. Il ne faut jamais oublier qu’une féministe essaiera souvent de confondre plan personnel et plan général pour imposer sa vérité personnelle. Si on dépasse les cas personnels, elle aura tendance à parler de « généralités » pour vous mettre en défaut. En fait elle manipule la conversation pour rester sur un terrain qu’elle domine.

 

Vous vous apercevrez que vous êtes en position dominante quand la féministe préférera couper court à la conversation ou parler d’autre chose, ou monopoliser la parole d’une autre façon ou tentera de vous énerver.

 

Quand vous avez une collègue féministe, défendez vous par l’intermédiaire de votre chef.

Si votre chef est féministe, changez de service.

 

Enfin, bien assis, sûr de lui, l’antiféministe s’attaquera à chaque volonté de domination féministe dans son entourage. Il établira des règles de vie justes autour de lui (et donc masculines) , règles respectueuses des hommes et des femmes qui feront parti de son cercle familial. Ces règles là, il s’y soumettra.

 

Dans notre époque troublée, voici le programme de toute une vie ce que nos Sumériens avaient bien compris quand ils faisaient de cette histoire une des bases de leur mythologie.

 

Bon courage pour aller encore plus loin.

9 Commentaires

    • Ping de kasimar:

      Si maintenant ces conneries de théorie du genre s’exportent dans les pays qui combattent justement les pays où cette « coutume » a lieu… En tout cas, ça va être dur pour elle de trouver un mari, une femme qui fait un sport à risque où même tous les hommes n’y adhèrent pas …du grand n’importe quoi :/

      Autant je conçois que ce soit ridicule d’interdire aux femmes de circuler en 2-roues sur la route (quoique il paraît qu’en voiture les femmes font plus de bourdes que les hommes mais bon je l’ai jamais franchement constaté à part chez les femmes d’un  certain âge à l’instar des hommes du même âge), autant là c’est ridicule de laisser des femmes qui potentiellement donne la vie faire un sport où si elles ont la chance de ne pas finir à la morgue, elles l’ont de devenir paraplégique, voire de perdre des ovules ou un truc dans le genre. Et contrairement à ce que les chantres d’un monde nouveau proclament, les femmes ne se débrouillent pas mieux que les hommes de ce point de vue là, elles sont soumises aux même risques que les hommes en moto, car pas protégées. A la limite faire du quad et encore dans un virage corsé, la course à la médaille risque de faire une hécatombe à ce niveau-là.

      En tout cas, c’est encore une preuve que dans le monde plus personne ne se soucie de préserver les femmes pour une vie de couple, pour enfanter… une société en plein effondrement

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « L’épopée de Gusinde », Le Point culture du 01/08/2015.

     

    Enième mythologie, cette fois amérindienne, qui nous rappelle combien le pouvoir tyrannique des femmes a laissé des traces dans toutes les sociétés anciennes.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    Voilà un grand moment de poésie religieuse et philosophique. Une conception de l’Eternel par la maternité.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2014/04/etincelle/

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  3. Ping de ALEXANDRE:

    ab50d0208c5553d8d113075f49384262

    QUEL TRAVAIL!

    Merci de nous fournir sans cesse de nouveaux arguments pour contrer la mauvais foi féministe.

    A bientôt.

    • Ping de Léonidas Durandal:

      dad0bb8416af8cea57475981ff142636

      Y-aurait un tel champ d’étude à défricher…

      Et puisque vous me donnez l’occasion de le dire : j’ai au moins dix articles de retard. Je croule sous les imbécilités de la théorie féministe moderne, imbécilités qui sont pourtant prioritaires parce que je dois sensibiliser le plus grand nombre possible avant de me faire plaisir. Et franchement, je ne sais même pas comment j’ai pu trouver le temps de faire cet article qui m’a donné une bonne bouffée d’air frais.

      Je suis très heureux que vous l’ayez apprécié. Cela correspond plus à ce que j’aimerais travailler si l’actualité de ces fanatiques ne m’accaparait pas.

  4. Ping de kasimar:

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    C’est vrai que en temps normal, ç’aurait été très difficile de trouver le temps de lire. Une semaine d’inactivité ça aide 😉

    Quand l’activité en question reprendra de plus belle, ce sera une toute autre histoire

  5. Ping de kasimar:

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    Excellente cette analogie avec cette légende et notre époque, j’ai bien ri surtout vers la fin de cet article, qui est authentique et merci du conseil. 

    De tout temps l’homme a compris la manipulation dont sont capables certaines femmes. Ainsi quand Homère parle des Sirènes dans l’Odyssée d’Ulysse, c’est aussi une légende, qui de ce que j’en comprends, démontre la manipulation par la voix, le charme et la beauté qui fait que l’homme est faible, et vulnérable face à une femme. Ce qui fait que au mieux l’homme satisfera sa femme : combat, cadeaux … au pire il se soumettra complètement à elle et à ses caprices, ce qui en l’occurence décrit l’idéal des hommes modernes. Mais je ne pense pas que la soumission aux femmes date de notre chère époque de libération des moeurs. Le matriarcat a bien existé autrefois, les statues représentant des femmes avec une poitrine et un corps prépondérant datant d’il y a au moins 3000 ans le prouvent. Les hommes vénéraient les femmes avant l’arrivée des deux derniers prophètes sws, la prostituée de Babylone en étant un exemple parmi tant d’autres. 

     

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