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Antiféminisme Aimeles

La perte de l’innocence

Publié le 24 novembre 2016 par Léonidas Durandal à 15 h 51 min

Cette photo me donne envie de taper. Je n’échappe pas entièrement à mon époque. A sa vue, je ne peux m’empêcher de déplorer la niaiserie d’une communauté catholique d’ancien régime qui tente de retrouver son paradis perdu. laudateCelui des communions en blanc d’enfants naïfs s’empiffrant de dragées sous le contrôle de leurs parents. Ces petits coeurs agenouillés devant Dieu, pas encore croyants, mais sidérés par l’histoire qui leur a été racontée sur ce pauvre homme injustement traité par les pharisiens. Ces repas de famille aux allures dominicales et ensoleillés, tout le monde habillé de son mieux, réjoui à l’idée de se retrouver autour d’un événement qu’ils ont vécu plus jeune sans avoir pu réellement l’apprécier. Le rituel. Le communiant passant autour des tables d’un repas généreux vendant ses images de saints pour se faire un premier petit pécule, avec un regard identique à l’enfant de cette publicité. Le sérieux feint. La foi de quelques uns, les certitudes de tous.

koons

Jeff Koons avec Titi en 2004

Nous ne voulons plus notre bonheur. Une inextinguible rage de tout détruire nous tient et ne supporte plus les naïfs. Une époque aigre et cynique d’oeuvres qui nous ressemblent a envahi l’art contemporain, exception faite d’un Jeff Koons qui nous donne à voir notre naïveté. D’autres n’en sont pas restés là, comme Mc Carthy, qui dans la forme et dans le fond subvertit l’enfance avec son plug annal en forme de sapin de Noël exposé durant les fêtes. A moins qu’il ne conteste ce qu’est devenu notre société de pornographes pédophiles, difficile à dire…  Toujours est-il qu’il nous faut détruire et encore détruire, le christianisme se révélant propice à ce genre d’exaction à cause de sa dimension sacrificielle.

Ici des Christs trempés dans de l’urine de l’artiste, là une interrogation sur cette croix sanglante qui nous a été léguée par nos ancêtres. La foi n’est plus vécue de l’intérieur, elle devient objet d’interrogation. Ou bien son côté le plus sombre est mis en avant et choque les croyants dans leur innocence. Et pourtant… Le Christ plongé dans l’urine, c’est bien l’essence du vendredi saint, un Christ attaqué et méprisé au-delà de toute mesure. Que des catholiques puissent être déroutés, je ne le comprends pas. Jésus a vécu bien pire et aucune oeuvre d’art ne pourra rendre compte de sa souffrance. Je crois que si je me retrouvais devant l’image d’Andres Serrano, j’aurais envie de me mettre à genoux, à prier, plutôt que de vouloir tout détruire. C’est vrai, l’injustice est insupportable, mais grâce à la résurrection, elle prend une autre tournure. Dans notre monde particulièrement cynique, les catholiques doivent être porteurs d’espérance, et non céder à leurs plus bas instincts. Nous avons des Christs ensanglantés dans toutes nos Eglises, nous ne les trouvons pas blasphématoires pour autant. Ils sont pourtant l’image de la souffrance et du rejet. Peut-être parce que nous nous y sommes trop habitués. Cette indifférence doit nous interroger sur notre foi au lieu de vouloir rejeter ceux qui actualisent cette image du Christ souffrant.

Ainsi, le message que notre Dieu nous délivre est infini, sujet à de multiples interprétations. Il peut prendre beaucoup de formes et nous devrions avancer pas à pas pour déterminer ce qui constitue réellement un blasphème. Vouloir encourager à la destruction de l’autre, à mon avis, voilà qui est inacceptable et qui devrait constituer une bonne grille de lecture pour discerner le bien du mal. Je m’inquiète donc plus quand l’enfance est attaquée dans notre monde moderne, et surtout de ce que cela dit de nous. Je m’effraie de voir que le beau ne nous suffit plus, et que nous ne l’identifions plus au bien. Cependant, je pense que nous devons croire au-delà de la souffrance et qu’il est un beau qui peut aller plus loin que ce laid qui nous est proposé. Je pense aussi que nous avons de vrais combats à mener contre le mal, mais pas là où nous l’imaginons.  

Ô innocence heureuse, tu t’es enfuie. La révolution a fait son œuvre. Elle nous a dépucelé l’âme, empêché de croire sans appréhension. De ce regard, il ne restera bientôt plus rien. A tout prix, nous avons exposé nos enfants. Nous les avons salis. Ils n’en ont pas pour autant grandi. Voilà le vrai scandale de notre époque. Ils ne connaissent rien à la vie, sans que nous puissions nous dire qu’ils sont innocents. Ils entendent parler “>

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Un commentaire

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) “De Joe Dassin à Otis Redding : écoutez la bande-son de Mai-68”, L’Obs du 18/05/2018.

    Des chansons qui résonnent comme un appel à vivre des amours innocents. Quelques années plus tard “il est où le bonheur il est où ?”

    Aujourd’hui, les couleurs des chansons sont plus, comment dire, résignées :

    – –Marc Lavoine : “Les adultes sont des enfants qui ont raté leur vie”
    l’Obs du 20/05/2018.

    Quand elles ne sont pas outrageusement politisées :

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