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Antiféminisme Aimeles

La chose

Publié le 3 juin 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

de choses.

 

Le médecin de choses dit à l’enfant que c’est de la faute à personne s’il n’est pas une chose. Mais si c’est la faute à personne, c’est pas de la faute aux grands non plus ? Et si les grands sont pas responsables, à qui la faute ? Il faudrait donc grandir tout seul, naître rien ! L’enfant voudrait y croire mais il se sent en faute. Il n’y arrive pas. Il voudrait vivre mais pas comme ça. Pourtant il le fait, et se croit grand haut comme trois choses, avec de petits camarades qui ne s’occupent que de leur pomme. Au final, il tourne en rond, ni enfant ni grand ni chose, les idées de son médecin ne règlent rien à sa chose.

 

Heureusement l’histoire se termine bien. A force d’avoir été mis devant la télévision. A force d’avoir senti à l’école qu’il n’était qu’une chose parmi d’autres choses. A force d’avoir vu l’exemple de ses parents référents choses. A force d’avoir entendu de toute la société des choses, qu’il était chose et qu’il devait le rester, l’enfant a fini par se laisser convaincre. « Je suis une chose ». Sa chose va pouvoir être heureuse dans le meilleur des choses sans avoir à se poser trop de choses.

 

A la fin de se vie, la chose est seule. Les autres choses sont parties vivre leur propre vie de choses, bien loin. D’une façon ou d’une autre, il faut se résoudre quand on est chose.

Sauf qu’il faut bien mourir aussi. Et quand on s’accroche à tout un tas de choses, c’est pas facile. Ça fait souffrir. La chose s’est décidée. Elle n’a pas toute l’éternité. Elle va voir le médecin de choses. Il lui donne une potion de fin de chose.  Mais un doute la retient. Et si et si quelqu’un m’aimait ? Les yeux livides, elle cherche un regard de tendresse autour d’elle, peut-être un geste. C’en est fait : elle n’est pas une chose spéciale aux yeux des autres. Les choses ont trop peur de ce genre de choses. Elle avale sa potion et s’endort le monde en silence. Son corps de chose s’autodétruit nulle part. Ses restes de choses sont dispersées partout. Plic plac, c’est la fin de ma petite histoire. Dormez bien vite mes petites choses.

 

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Un commentaire

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    Un campus de femmes apeurées par une oeuvre d’art d’homme :

    Figaro du 07/02/2014

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