Accueil » Homme en lutte » Le colonel Beltrame et l’héroïsme aveugle à la française
Antiféminisme Aimeles

Le colonel Beltrame et l’héroïsme aveugle à la française

Publié le 30 mars 2018 par Léonidas Durandal à 9 h 57 min

A la fin du 11ème siècle, le moine Pierre L’Hermite recrute dans les masses populaires de France et d’Allemagne, une armée qui doit reprendre Jérusalem. A plusieurs dizaines de milliers de civils, ils partent en voyage avec à leur tête, une oie et une chèvre, à qui ils prêtent des inspirations sacrées… Affirmant que leur foi seule pourvoira au ravitaillement et leur permettra de vaincre leurs opposants, ils s’en vont les mains vides. Est-il utile de préciser qu’ils périront presque tous et que le moine Pierre l’Hermite se défilera au moment crucial ? Jérusalem sera reprise par une armée aguerrie composée surtout de notables normands.

Cette anecdote historique n’est pas la seule qui met en relief certains travers de l’esprit français. En – 50, des femmes gauloises d’Avaricum empêchent leurs maris de rejoindre le camp de Vergincétorix. Elles veulent être protégées. Leurs maris resteront et ensemble, ils participeront à la défaite totale des Gaulois contre Rome.

Il suffit de chercher un peu pour trouver trace de cet esprit de sacrifice dans notre pays, pour le meilleur et pour le pire. Nous sommes un peuple qui depuis longtemps place le service de son prochain au-dessus de bien d’autres valeurs morales. Jusqu’à l’aveuglement.

Dernièrement, le sacrifice du colonel Beltrame, qui a échangé sa vie contre celle d’une otage, vient encore me conforter dans ce constat. Alors que notre pays est plus divisé que jamais, gauchistes comme droitards communient à cet acte de bravoure. Le héros, en se sacrifiant, aurait donné un exemple que tout le monde pourrait/devrait suivre. Notre président laïc va jusqu’à reprendre le terme de « christique » à son égard, et à part quelques fanatiques d’extrême gauche, personne n’y trouve à redire. Chez nous, chaque personne qui meurt face au terrorisme islamique est rapidement qualifiée de « héros ». Le père Hamel, ou même Aurélie Châtelain ont été rentrées de force dans ce cadre, alors que ces sacrifiés n’avaient pas choisi leur sort. Pour le colonel Beltrame, c’est plus épineux. Lui, est allé volontairement risquer sa vie. Il s’est substitué à la victime, certainement même pour remplir ce qu’il pensait être son devoir de catholique. 

Nous n’en savons pas beaucoup sur les circonstances de l’échange. Toujours est-il que pour sauver, peut-être, une seule vie, il a donné certainement la sienne. Comment continuer dans mon exposé sans froisser les possibles poches du colonel Beltrame qui pourraient me lire ? Et pourtant, il va bien falloir progresser collectivement dans notre appréhension du service collectif.

L’armée se défie d’habitude des héros dont elle juge que l’attitude est prompte à entraîner des décisions irresponsables. L’exaltation convient mal à la perspicacité, et pour sauver des vies, voire en tuer beaucoup, il faut faire preuve d’un certain sang froid. Les sentiments de sacrifice sont souvent jugés suicidaires par l’institution. De tels profils sont écartés des recrutements.

Le colonel Beltrame a voulu donner sa vie. Il n’a envisagé que ce point de vue. Aujourd’hui même, notre société ne semblent pouvoir envisager que ce point de vue. Mais plaçons nous du côté terroriste. En tuant un gendarme, Radouane Lakdim a plus que réussi sa mission, de manière inespérée même. La probabilité qu’une telle opportunité s’offre à lui était faible. Il l’a saisie tout de suite, en tirant sur le colonel puis en l’égorgeant. Mission accomplie. Il restera dans l’imaginaire islamique comme un tueur de soldat ennemi. Si nous nous glorifions de l’acte de bravoure du colonel Beltrame, la gloire du terroriste n’en sera pas moins grande auprès des siens, en proportion même des hommages que nous aurons rendus à notre héros.

Autre problème. Le colonel Beltrame, en prenant cette décision courageuse, n’a pas évalué qu’il allait immédiatement à la mort. Il ne s’agissait pas d’un échange à proprement parlé, car l’otage aurait pu être sauvée par d’autres moyens, tandis que lui, il était certain d’y passer, à cause de son statut de gendarme, et d’officier de surcroît. Il est étonnant que dans le feu de l’action, le point de vue du terroriste ait mal été évalué. Ce dernier a certainement été pris pour un imbécile qui accepterait la présence du gendarme quitte à se mettre en danger. Un ennemi ne doit jamais être sous-estimé. Je crois qu’aujourd’hui nous vivons dans un bain bisounours qui nous éloigne de la réalité de l’affrontement. Le traitement médiatique même de l’affaire, apparaît comme une manière d’éviter d’affronter nos démons. L’information sur l’égorgement n’a été divulguée que tard. Le concert d’hommages cache aussi la matérialité de la confrontation. Tout est fait par nos décideurs pour nous permettre de continuer à vivre « >

Lire la suite

Pour recevoir l'infocourriel mensuel

Dernière étape : Cliquez sur le courrier qui va vous être envoyé pour valider votre inscription

5 Commentaires

  1. Commentaire de Bernard MOREL:

    Bonjour

     

    Effectivement votre point de vue mérite tout à fait d’etre défendu et d’y réfléchir.  Je m’explique. Les femmes prétendant se masculiniser chaque jour d’avantage , s’assumer, se défendre, se battre souvent contre l’ existence mème du masculin, il n’y a plus aucune raison qu’un homme doive se sacrifier aujourd’hui pour des femmes qui n’aspirent plus forcément à respecter les hommes, surtout dans ce contexte de néo féminisme  revanchard,ou se distille une concurrence féroce entre les sexes .  Depuis une dizaine d’année j’observe le manège de certaines femmes, usant de leur féminité pour obtenir des prébendes matérielles, auprès d’un homme correct, à la situation confortable, puis de le dégager manu militari à sa moindre défaillance . J’ai la nette impression que beaucoup de femmes occidentales jouent sur les deux tableaux à ce niveau , et surtout c’est un phénomène assez récent . Un simple fait facilement vérifiable étaie ma pensée. Pour l’instant la majorité des SDF sont des hommes ,et meme si je ne nie pas l’existence d’une vraie précarité féminine s’installer , la cause principale,étant la prise en charge de manière autonome de leur progéniture. Toutefois les chiffres des SDF femmes sont bien inférieurs aux hommes. Une vraie raison existe à cela mais c’est un autre point qu’il faudra développer.

    Ce colonel est à mon avis un homme d’un autre temps, qui est en train  véritablement de s’éteindre. Grand respect toutefois à cet homme de courage.

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      J’ai la certitude que la France est remplie de colonels Beltrame. Mais cela ne me rassure pas tant que cela en fait.

      • Commentaire de Manuela:

        Je crois comme vous, et je pense que c’est logique puisqu’il sont plutôt « natios » et/ou enfants de divorcés en manque de père.

        Dans mon entourage un jeune homme a passé les tests pour être réserviste dans la gendarmerie, il avait dans son groupe une fille qui était toujours à la traine, alors il  l’a prise sous son aile. Je lui ai posé la question si il aurait fait la même chose avec un garçon? Il n’a pas compris m’a question.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    Pour recevoir l'infocourriel mensuel

    Dernière étape : Cliquez sur le courrier qui va vous être envoyé pour valider votre inscription