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Le guerrier catholique : la raison, le courage et la grâce

Publié le 8 mars 2019 par Léonidas Durandal à 19 h 52 min

Pour être, il nous faut renoncer à être tout. Lorsqu’un enfant apprend à parler, toutes les possibilités de langage s’offrent à lui. Cependant, il ne réussira à communiquer que le jour où parmi l’infinité des possibles, il désirera apprendre celui de son entourage, et en premier lieu, celui de sa mère. Comme d’une longue ascension, l’enfant apprend donc le langage de sa mère, puis le langage de son père. Enfin, s’il arrive jusque là, malgré tous les nombreux défauts de ses parents, peut-être lui sera-t-il donné de parler le langage du Père éternel.

Bien d’autres vertus que la raison, la courage et la grâce existent, toutes aussi nobles à travailler. Mon existence seule m’a porté à privilégier ce mode de vie catholique, que je qualifierais de « guerrier ». Il n’est pas antinomique à toute la réflexion de notre Eglise en matière de vertu. Je dirais plutôt qu’il vient lui apporter une nouvelle pierre en ces temps de troubles, où les vertus anciennes ont été saccagées par un mépris sidéral de la part de notre société envers son Eglise. Je dirais que cette voie que je propose, est une sorte de réponse appropriée aux défis que notre époque. L’esprit guerrier est ce qui manque à notre Eglise d’aujourd’hui, et donc, à notre société.

Au nom de la charité, Celle-ci s’est crue absoute d’avoir à combattre le mal sur terre. Au nom de la grâce, Elle a cherché à éliminer tout ce qui était terrestre tout autant de ses réflexions que de ses actions. Mais l’incarnation n’est pas un vain mot. Cette dernière nous apprend à redescendre sur terre quand des considérations évaporées nous en ont éloigné.

Ainsi la raison, le courage et la grâce se sont offertes à moi comme une forme de triptyque terre à terre, fruit de mon expérience de foi, désertique, en réponse aux questions spirituelles que me posaient notre société sécularisée. Nombre de guerriers catholiques s’ignorent en ce monde. Je leur propose le fruit de ma réflexion pour leur permettre d’avancer, peut-être un peu moins seuls, mais surtout toujours plus forts, toujours plus faibles.

Car la force est inextinguiblement liée à la faiblesse. L’un ne marche pas sans l’autre. Dieu l’a voulu ainsi pour châtier nos orgueils. Et Il a bien fait quand nous voyons ces projets délirants et scientistes de surhomme nous éloigner chaque jour du bonheur.

Mais qu’est-ce qu’être heureux ?

Je dirais que c’est d’abord vouloir se battre. Le cynisme ambiant nous le fait moquer. Les difficultés nous y font renoncer. Les fausses sagesses y ont vu un danger, une folie, un projet fou. Cependant, le catholique doit aimer le combat, d’abord pour connaître le martyre, enfin pour connaître la résurrection. Le martyre et la résurrection ne sont pas toujours l’épilogue d’une vie. Ils sont aussi un quotidien, à accepter tel quel.

Renoncer aux illusions de ce monde, sans mener le combat, est un des principaux dangers qui menace la Foi. C’est offrir nos corps et nos âmes en holocauste à quelque sombre population, au diable, sous prétexte d’harmonie avec l’univers. En aucun cas, le respect pour la nature ne doit nous faire oublier nos obligations supérieures d’êtres humains.

La grâce se surajoute à la nature. Elle peut même s’en nourrir. D’ailleurs, dans la nature, le combat est partout. Et Dieu ne nous a pas créé pour échapper mollement à ce combat, et nous réfugier dans les jupes de nos mères, mais Il nous a institués en tant que vivant, justement respectueux de notre condition de mortels.

Etre mortel, c’est accepter de tuer. Tuer l’herbe que nous mangeons, tuer l’animal que nous élevons, tuer l’homme qui veut atteindre à notre vie ou à la vie d’autres personnes. L’assassinat est le fondement de nos existences terrestres. La question ne se pose jamais de savoir si nous devons ou pas tuer, mais comment le faire.

Le rituel est là pour ça, pour nous apprendre à respecter ceux que nous tuons. Respecter nos victimes dans l’élevage d’abord. Si une plante est morte, stérile, polluée, nous ne pourrons jamais nous en nourrir avec profit. Ensuite, les respecter au moment de l’exécution. Si vous n’avez jamais tué de bétail, si nous n’avez jamais préparé de plat de viande, et si vous êtes en quête de spiritualité, alors vous renoncerez tôt ou tard à cet exercice périlleux qui est de vous sustenter d’un animal. L’anthropomorphisme vous terrifiera et vous n’y verrez que votre propre image.

Cuisiner un plat de viande, vous demandera des efforts, de l’attention, du respect. Ainsi retrouverez vous le sens de ce que vous “>

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3 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “Vivre en samouraï moderne, selon Patrice Franceschi”, Breizh du 09/04/2019.

    “Apte, à ce titre, de traverser les temps et de « [bâtir] des ponts entre ce qui valait dans le monde d’hier et ce qui vaudra toujours dans le monde de demain » (Propos 143).”

    “Celui de votre condition de mortels : devenir vous-mêmes. »”

    Devenir soi-même = individualisme. Quant à bâtir des ponts entre le monde d’hier et de demain, ce concept est aussi le fait d’une société occidentale, pas du tout japonaise. Il y a bien des choses à prendre de l’esprit samouraï, mais certainement pas cela. 

     

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    Saint Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938)

    moine trappiste espagnol Écrits spirituels, 15/12/1936 (trad. Cerf 2008, p. 268, rev.)

    « Abandonnant tout, l’homme se leva et se mit à le suivre »

    Il y a des jours où des avions traversent le ciel à des vitesses prodigieuses, survolant le monastère. Le bruit de leurs moteurs effraye les petits oiseaux qui nichent dans les cyprès de notre cimetière. En face du couvent, traversant les champs, il y a une route goudronnée où circulent à toute heure des camions et des voitures de tourisme qui ne s’intéressent pas à la vue du monastère. Une des principales voies ferrées de l’Espagne traverse aussi les terres du monastère… On dit que tout cela est liberté… Mais l’homme qui médite un peu verra comme le monde se trompe, au milieu de ce qu’il appelle liberté…

     

          Où se trouve donc la liberté ? Elle se trouve dans le cœur de l’homme qui n’aime que Dieu. Elle est dans l’homme dont l’âme n’est attachée ni à l’esprit ni à la matière, mais seulement à Dieu. Elle est dans cette âme qui n’est pas soumise au moi égoïste ; dans l’âme qui s’envole au-dessus de ses propres pensées, de ses propres sentiments, de son propre souffrir et jouir. La liberté est dans cette âme-là dont la seule raison d’exister est Dieu ; dont la vie est Dieu et rien de plus que Dieu.

     

          L’esprit humain est petit, il est réduit, il est sujet à mille variations, des hauts et des bas, des dépressions, des déceptions, etc., et le corps, avec une telle faiblesse. La liberté est donc en Dieu. L’âme qui passant vraiment par-dessus tout fonde sa vie en lui, on peut dire qu’elle jouit de la liberté, dans la mesure du possible pour celui qui est encore dans ce monde.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    “Condamné, le cardinal Barbarin va remettre sa démission au pape”, AFP du 07/03/2019.

    Voici la situation typique à laquelle nous ne devons plus arriver. Un faux procès. Un refus du combat. Un écrasement. Une défaite sans martyre. 

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