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AIMELES Antiféminisme

L’exhortation amoris laetitia et l’influence féministe

Publié le 8 juin 2016 par Léonidas Durandal à 8 h 07 min

Les hommes, quand ils parlent ainsi, ne veulent pas renoncer à l’image idyllique de leur mère, et à ce qu’elle a de particulier. Ils en font un être indifférencié et magique source de paix universel, qui prendrait la place de Dieu. Dans ces cas là, l’adulte n’est pas né en eux. Ce travers est largement répandu dans notre Eglise qui ignore parfois l’altérité homme-femme et le cas échéant renonce à donner des leçons sur le sujet à une société encore plus à la dérive qu’Elle. Le célibat des prêtres est une bonne pratique. Cependant, il faudrait vraiment l’envisager comme d’une coupure avec la mère, pour ne pas donner tout pouvoir aux femmes dans notre Eglise, et confondre l’amour de Dieu avec une forme malsaine de fusion incestueuse.

La spiritualité se résume-elle à la prise en compte de sentiments personnels ?

De manière plus générale, le Pape tente de nous insuffler l’Espérance à travers son exhortation, de prendre en compte les gens qu’il a en face de lui. Je m’interroge sur cette unique démarche qui dénote là encore pour moi d’une forte féminisation. Je m’entends, ce point de vue est noble, et possède sa part de vérité. L’homme et la femme marchent à deux, et l’avis féminin n’est pas moins intéressant que celui de l’homme. Mais comment ignorer à ce point le regard masculin sur notre vécu d’Eglise depuis 50 ans, la désaffection des paroisses, le vieillissement des paroissiens, le manque de pratique, et faire comme si nous étions encore dans une société catholique pour éviter les remises en question brutales parce qu’elles choqueraient ? Au moment même où nous pouvons toujours moins, le Pape nous demande toujours plus. Je vois bien ses efforts pour nous inviter à l’amour, même entre nous. Cependant la marche me semble désormais bien haute. Car nos possibilités humaines sont liées à l’état de notre Eglise. Et notre Eglise en Occident est dans un état déplorable. L’Espérance n’empêche en rien le constat. Je dirais même que la vraie Espérance n’arrive qu’après, quand le constat a été fait. Or pour moi, ce constat est évident. Trop souvent nos assemblées ne sont pas dans la prière, trop souvent la laïcisation s’est accompagnée de médiocrité, trop souvent la liberté d’organiser la liturgie a été dévoyée, trop souvent l’accueil s’est confondu avec le n’importe quoi durant la célébration et finalement la mise en place d’une oligarchie sectaire. Qui trop embrasse mal étreint. A tout vouloir, nous n’avons rien obtenu, si ce n’est un repli sur les traditions qui alterne avec un laisser-aller dégoûtant, selon les lieux, selon les paroisses.

Si ce que dit le Pape n’est pas faux, cela ne part pas de notre vécu et d’un constat lucide dont il a pourtant parfaitement conscience. Car le lecteur attentionné pourra comprendre entre les lignes, que notre Pape sait, et qu’il veut remédier à nos imperfections, mais il le fait toujours en partant du personnel, jamais en interrogeant la responsabilité individuelle de chacun. Voilà qui dénote à mon avis d’une omission volontaire du mal. Pour lui, le mal doit être ignoré, et nous devons nous consacrer à faire le bien. Notre Jésuite tourne autour du mal pour mieux l’ignorer/le combattre. Or, comme pour l’homme et la femme, le bien et le mal ne peuvent s’ignorer l’un l’autre. Quand bien même le mal serait une occasion pour nous de nous dépasser en tant que catholiques, il possède aussi une part de néant indéfinissable et que nous devons rejeter. Jésus contourne le mal tout autant qu’il le rejette dans ses interventions. Derrière cet évitement, j’ai l’impression que notre Pape a peur que la dénonciation du mal ne se fasse obligatoirement que dans le rejet de l’autre. A l’inverse, je pense qu’elle peut-être l’occasion d’une juste clairevoyance sur nos péchés personnels et collectifs.

Derrière cet évitement du mal dans le discours, se cache pour moi, une question plus importante et que j’ai déjà traité ailleurs : celle de la pureté de notre Eglise et de la possibilité d’infaillibilité pontificale. Notre Eglise n’arrive plus à s’amender car elle se conçoit pure. Ainsi accumule-t-elle les erreurs depuis des années, sans pouvoir se remettre en question. Hommes et femmes de nos communautés sont appelés à vivre cette pureté mariale sans comprendre qu’elle les écarte de la sainteté (qui passe à travers le péché). Car qui fait l’ange fait surtout la bête. Notre Eglise ange moderne, donne l’apparence d’une institution doucereuse incapable de prendre en compte la réalité, et qui à cause de cela tue beaucoup de gens et fait donc « >

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9 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « “Amoris laetitia” : les quatre cardinaux des “Dubia” publient une nouvelle lettre au pape François, faute d’avoir obtenu une audience », Jeanne Smits du 20/06/2017.

    Existe-t-il des absolus ? En morale, il n’y a aucun absolu.

    Dans cet exemple, l’absolu du mariage est par exemple basé sur une omission des paroles de Jésus sur le mariage. Jésus considère que certains mariages ne sont pas valides. Mais l’Eglise souscrivant à la société de son époque a considéré qu’elle devait l’accompagner de manière aveugle. Aujourd’hui, nous luttons donc contre nos manques de nuances passés. D’un côté une Eglise qui se veut détentrice de la parole divine sans avoir à se remettre en question, cherche un mode de fonctionnement social plus juste, tout l’inverse de ce qu’elle devrait faire. De l’autre, des personnes attachées à la vérité, ne comprennent pas que l’Eglise veuille continuer à effectuer ces changements théologiques dus à l’air du temps, cependant qu’elle ne veuillent pas prendre en compte les vraies paroles de Jésus sur le sujet et sa démarche de toujours en matière de morale. Ce sujet nous renvoie encore et encore à l’horrible débat entre progressistes et traditionalistes dans notre Eglise.

  2. Ping de kasimar:

    « Quand par exemple, notre Pape nous invite à grandir en responsabilité à travers le mariage et les enfants, beaucoup d’hommes en sont à se poser la question s’ils ont une seule raison objective de le faire. »

    Vous ne croyez pas si bien dire, j’en suis moi-même, et je suis loin, très loin d’être un cas isolé, bien que mon cas soit probablement différent de mes frères de misère

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Elle prive son fiancé de sexe pour obtenir tout ce qu’elle veut », Journal du Québec du 14/06/20216.

    Voilà la contrainte dont le Pape n’a pas parlé et qui est pourtant beaucoup plus fréquente que celle d’un homme envers une femme  (à laquelle les femmes ont tous les moyens de se soustraire si elles y mettent un peu de bonne volonté).

  4. Ping de François ALLINE:

    Tu m’étonnes… C’est s^r que sans les femmes il n’y aurait plus d’église depuis longtemps… Il soigne ses « clientes » ce bon François

    Sans les mères, non seulement il n’y aurait pas de nouveaux fidèles, mais la foi perdrait une bonne partie de sa chaleur simple et profonde… » (Osservatore romano Catéchèse 2015)