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(Microfiction) La confession "Mon père, j'ai une très mauvaise image des femmes"

Publié le 21 avril 2021 par Léonidas Durandal à 10 h 50 min

… (ce qui précède restera privé)


_ Je suis aussi venu vous voir mon père parce que je ne sais pas quelle est ma place dans la société. Je n’ai pas été appelé à m’engager dans les ordres. Mais je n’arrive pas à trouver de femme non plus.

_ Le devoir d’un catholique est de chercher.

_ Je cherche, mais regardez, je suis en marge de la société. Qu’est-ce que j’ai à offrir à une femme ? Pas d’argent, pas d’emploi, et puis j’avance en âge.

_ Vous devez vous concentrer sur ce que vous êtes et non sur ce que vous avez. L’important c’est la personne ! c’est votre personne !

_ Si nous devons parler de cela, l’image que j’ai des femmes est assez catastrophique.

_ Et quelle est-elle ?

_ Ma mère était une putain… enfin… je veux dire une prostituée, au sens premier du terme. Elle a plumé mon père de fond en comble pour assurer son train de vie, baisant à tout va, avec n’importe qui. Ma soeur et moi, nous étions ses accessoires. Elle ne nous a jamais vraiment aimés.

_ Effectivement cette vision est assez catastrophique. Ca ferait peur à n’importe quelle femme saine.

_ Vous ne croyez pas si bien dire, plus tard, je suis tombé amoureux d’une femme qui ressemblait à ma mère. En pire. Elle m’a engagé dans une paternité pour des raisons animales et elle a voulu me plumer, elle-aussi. Du coup, j’ai choisi de me suicider socialement pour ne pas lui donner prise.

_ Vous… vous ne payez pas de pension alimentaire ?

_ Non.

_ Mais l’enfant ? Il n’a rien fait l’enfant ? Vous devez soutenir l’enfant.

_ Mais mon père, soutenir l’enfant, ce serait cautionner cette femme, une putain ? 

_ Vous ne devriez pas employer un tel langage. Nous sommes tous pécheurs. 

_ C’est certain. Il n’en reste pas moins qu’elle s’est comportée comme une putain et que je ne me vois pas cautionner un tel comportement. 

_ L’enfant fera la part des choses… plus tard.

_ Mon père, voilà des phrases que j’ai entendu mille fois autour de moi. En vérité, cela n’arrive jamais.

_ Vous êtes bien pessimiste…

_ Parce que vous croyez que dans ma situation, il faudrait en plus que je me paye d’optimisme ?

_ Vous devez continuer à espérer.

_ J’ai déjà du mal à espérer en Jésus, alors espérer en un démon… quel est le sens d’une telle démarche.

_ Notre Seigneur Jésus a pardonné sur la croix.  Ses ennemis ne se sont pas contentés de Lui faire du mal. Ils l’ont tué. Souvenez-vous en.

_ Mais mon père, je n’ai pas d’animosité spéciale envers elle, ou envers l’enfant. 

_ Pourtant votre langage dit autre chose.

_ J’essaie d’être factuel mon père. Les tueurs de Jésus étaient-ils bien des assassins ?

_ Oui… mais employer de tels mots, ça pousse à la haine. 

_ Moi je me demande s’il ne faut pas ces mots pour passer par la vraie croix. Sans eux, on se confine à rester un inconscient. 

_ Alors comment faire pour renouer le lien, remettre de la vie là où il n’y en a plus, si vous les employez. Croyez-vous que la situation s’améliorera si vous continuez sur ce chemin ?

_ Peut-être que cela ne m’appartient pas ! Toute la société fait comme si en tant qu’homme, je devais être responsable de tout, comme si les femmes n’avaient jamais de responsabilités, comme si l’on m’avait laissé choisir, à n’importe quel moment de la procédure. J’ai l’impression que l’on nous culpabilise en tant qu’hommes, pour d’autant mieux nous contrôler, et alors qu’aucun choix ne nous est réellement laissé. Les femmes font des enfants sans volonté de rester en couple. Elles se séparent de leur compagnon pour des raisons futiles, le sexe le plus souvent. Ou elles vont harponner l’homme d’un autre. Elles ne sont jamais sanctionnées par les tribunaux quant à leurs écarts de conduites. Elles peuvent tromper, cocufier, vous obliger à assumer des enfants qui ne sont pas les vôtres, proférer de fausses accusations, vous humilier sans que vous ayez le droit de vous défendre. Toute la société cautionne leurs péchés. Et ce serait moi qui devrait me déclarer responsable de la situation ? Et puis, si cette femme se comporte en salope, qu’y puis-je père !

_ Bon, d’abord ne parlez pas de toutes les femmes comme ça. Il y en a qui sont un peu différentes. Vous ne pouvez pas faire un tel amalgame. Enfin, cette femme n’est pas une « salope » comme vous dîtes mais une enfant de Dieu…

_ Qu’en savez-vous mon père ? Qui vous dit que cette femme « >

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