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AIMELES Antiféminisme

(Roman) La grande libération #1

Publié le 25 mars 2020 par Léonidas Durandal à 12 h 06 min

Les filles étaient parties dans un éclat de rire :

_ « Tu ne vas pas choisir ce balourd de Donald quand même ! »

_ «  C’est mieux que ton Bill et son sourire niais ! »

_ « Il fait tout ce que je veux, j’ai pas à m’en plaindre. Et au lit…. »

_ « Non c’est Georges qui remporte la palme. Du sérieux, du sérieux, du sérieux mesdames, voilà ce qu’il nous faut dans la vie. » et Lou était partie dans une longue diatribe sur les femmes qui ne pensaient qu’à la bagatelle :

_ « Mesdames, la vie est courte mais l’existence est longue. Choisir son homme nécessite de prendre en compte les vraies qualités du mâle : sa capacité à ramener de l’argent, son avenir social, sa stabilité émotionnelle, son expérience. Mes sœurs, ne vous laissez pas détourner de la très sainte voie. Nous rions, mais celles qui se sont retrouvées avec un mollasson bien monté, s’en sont mordu les doigts jusqu’au trognon. Après elles viennent se plaindre au comité. Je suis d’avis qu’il ne devrait même pas les écouter. Pure perte de temps. Evidemment, les reines acquiescent, font semblant de prendre en compte leurs souffrances, mais elles n’en pensent pas moins. Et elles ont raison. Que se passerait-il mes sœurs, si nous nous laissions aller au désordre, encore une fois ? Nous l’avons connu ce monde de sexe. Et il s’est mal terminé. Nous ne devons plus retomber dans nos anciens travers. Je suis d’avis qu’il ne faut pas trop charger les hommes sur ce point. L’histoire de la ruche n’est pas assez précise sur le sujet. Oui, ils sont responsables de la catastrophe. Cependant, si nous ne nous étions pas laisser-aller, cela ne se serait pas terminé ainsi. »

_ « Tu es rabat-joie Lou, Caroline est au courant de tout ça. Elle ne se trompera pas. Seulement, les compétences secondaires ne sont pas à négliger, surtout une grosse bite. » et elles étaient reparties dans leur fou rire. Leur expérience de primo accédante les plaçait au-dessus de la mêlée. Telles des vétérans, elles se jouaient de leur sœur plus jeune, juste pour mettre des mots sur ses frayeurs et détendre ainsi l’atmosphère.

Caroline riait aussi, mais un brin de nervosité pinçait son visage aux encoignures des lèvres et les tiraient nerveusement vers les oreilles. Elle ne pouvait s’empêcher d’angoisser un peu. Et ce verre entre amies n’avait pas totalement mis un terme à ses angoisses. Le mariage, ce n’était pas une petite affaire. Elle n’avait pas vraiment le droit à l’erreur. Certes, le comité accueillerait sa demande de divorce si ça se passait mal, mais son dossier de remariage serait remis en dessous de la pile, et elle bénéficierait d’une seconde main, voire d’une troisième, ce qui compliquerait sa vie d’autant. Et puis gérer le changement de géniteur d’avec les enfants, pas si facile. Non, l’expérience le prouvait. Il fallait choisir le bon du premier coup, à 25 ans pétante. Et s’y tenir. S’il ne se révélait pas aussi performant qu’escompté, ce serait tant pis pour sa pomme. Elle finit le traditionnel jus de tomate de la novellante et se leva :

_ « Merci les filles de m’avoir accompagné jusque là, mais je ne veux pas arriver en retard à la cession finale. » Elle se leva chancelante, cherchant son sac et ses affaires qu’elle avait éparpillé sur le sofa rouge du bar, inquiète d’oublier quoique ce soit d’inutile. Elle passait ses mains entre les coussins quand Elisabeth ne put s’empêcher de lâcher sur un ton goguenard : « Il n’est pas là ton futur. » et Marlène de surenchérir : « Tu t’entraînes pour la première nuit. Un conseil, glisse tes mains là où il faut. » Caroline s’était relevée toute rouge, cherchant à reprendre contenance, se sentant coupable d’afficher une telle nervosité. Elle choisit alors de faire bonne figure tandis que ses amies se levaient pour l’entourer et la serrer affectueusement dans leurs bras, à tour de rôle :

_ « Sororité. Que tu aies la force. »

_ « Sororité. Nous sommes avec toi. »

_ « Sororité. Nous t’aimons. »

_ « Sororité. Tu es magnifique. »

Enfin, quand le rituel fut accompli, elle s’excusa et fila en toute hâte, avec l’impression de laisser derrière elle la moitié de sa vie. Quand elle fut suffisamment loin pour ne plus les entendre, Lou s’inquiéta :

_ « Vous croyez qu’elle va y arriver ? »

Elisabeth se fit rassurante :

_ « Nous sommes toutes passées par là « >

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