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Synode de la famille : comment l’Eglise en est arrivée là

Publié le 16 octobre 2014 par Léonidas Durandal à 15 h 00 min

« Ca ne mange pas de pain de baptiser, ou de marier les gens comme ils l’entendent. »

Tel a été le raisonnement cynique ou lâche de nombreux prêtres progressistes au cours des 40 dernières années. Leur volonté de s’adapter au monde leur a servi de caution pour refuser de s’adapter intérieurement. Ils n’ont pas voulu comprendre en quoi notre monde avait changé. Pourtant que de paroles déclamées en sens inverse, que de déclaration sur le fait que nous ne vivions plus dans une société catholique ! Oui, ça, on l’a entendu. Mais en tirer des conséquences pour la vie de l’Eglise, nous n’en avons pas vu trace, ou par des évolutions de pratique très lentes.

Or suivant en cela la société, cette partie de l’Eglise a vécu sur un héritage passé qui est aujourd’hui presque dilapidé. Nous avons bien admis le monde était de moins en moins catholique, mais en interne nous avons fait comme si ce n’était pas le cas : dépenses de communication, marketing, radios païennes, mariages facilités, baptêmes à la va-vite. Tout cela en pensant que cette main tendue servirait d’évangélisation. Il est temps de faire le bilan de nos échecs et de faire des choix courageux.

Bilan.

La multiplication des mariages sans croyance, et sans pratique a eu pour conséquences de banaliser le mariage. Nous avons participé à ce mouvement civil. Or aujourd’hui, ceux qui faisaient confiance à l’Eglise dans leur jeunesse pour les guider, s’apercevant de la trahison, Lui demandent des comptes, maintenant qu’ils sont devenus plus mûrs. Ces derniers semblent nous dire tous en cœur : « Vous m’avez marié n’importe comment la première fois, pourquoi vous refusez de le faire une deuxième fois avec quelqu’un de solide spirituellement. » Face à cette « évolution » bien prévisible du chemin de vie de ces individus, la machine à faire des erreurs progressiste coince brutalement contre le dogme. Et c’est vrai, quelque part, dans ce cas précis l’Eglise rend responsable les gens de ses propres manques. Elle peut bien les renvoyer à leurs responsabilités, Elle qui n’a pas voulu assumer les siennes !

De même pour les baptêmes à la va-vite dans des familles non pratiquantes. L’Eglise a pu se dire un temps : le signe de Dieu est sur eux, cela ne peut pas leur faire de mal. Oui, mais si cela ne leur a pas fait de mal, cela en fait beaucoup à la communauté. Aujourd’hui, des personnes baptisées, non évangélisées sont persuadées faire partie de l’Eglise alors qu’elles ne communient pas le dimanche, qu’elles ne demandent pas le serment de réconciliation au moins une fois pas an, qu’elles ne connaissent absolument rien à la vie de l’Eglise. C’est dramatique quand elles s’expriment en tant que catholiques. Nous vivons avec des chiffres gonflés au niveau du nombre de catholiques dans notre société, tandis qu’en réalité, nos sociétés sont presque totalement déchristianisées. Mais ceux-là qui ont été baptisés à la va-vite se sentent aussi une légitimité pour parler au nom de l’Eglise puisqu’on la leur a donnée, et ils ne s’en privent pas (2). Pire encore pour ceux qui ne comprennent pas l’incohérence de l’Eglise et qui devenus grands, rejettent la faute de leur incroyance sur Elle.

 

Evolutions

Il est temps de prendre en compte les évolutions sociales. Il n’est plus possible d’agir comme si nous vivions en Europe, dans une société catholique. Il va falloir renforcer les conditions du baptême et ne le donner à des enfants que si nous sommes sûrs et certains qu’ils recevront une éducation catholique (en allant à la messe très très régulièrement parce que leur parents auront été précédemment à la messe très très régulièrement). Les autres enfants devront être évangélisés le plus longuement possible.

Quant aux mariages, les prêtres savent très bien qui est catholique (donc pratiquant) dans leur paroisse de qui ne l’est pas. Ils savent également quand une union est mise dans la main de Dieu, d’une autre qui ne l’est pas. Ce pouvoir, il va falloir l’user avec parcimonie, au risque de donner le sentiment d’une forme d’exclusion. Pour éviter cela, il y a toujours la possibilité que la bénédiction remplace parfois le mariage. Cependant, moins on mariera, moins on bénira d’unions douteuses, et plus l’Eglise en ressortira grandie. Et plus les prêtres auront du temps à consacrer à de vraies missions pastorales.

Quid des personnes trahies par la “>

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13 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Pour le pape François, la grande majorité des mariages catholiques sont nuls…”, RITV du 18/06/2016.

    Je me demande quand est-ce que l’hypocrisie va cesser. Bien entendu que la validité de la grande majorité des mariages catholiques est nulle. Il n’y a qu’à voir la tronche des cérémonies depuis des années. Comment voulez-vous que des personnes que l’on a pas mis devant leurs responsabilités exercent un choix éclairé ? Impossible. Le plus délirant dans l’histoire c’est de voir des traditionalistes défendre une pratique laxiste au nom de leur haine.

    • Commentaire de Manuela:

      je suis d’accord avec vous mais en même temps on va pas faire les mêmes cérémonies que certain gens du voyage, où l’on vérifie avec un mouchoir si la fiancée est bien vierge… En tout les cas dans ma paroisse vous êtes accompagné pendant un an avec le prêtre, le notre est congolais, avec son franc-parler africain, il a raté sa vocation d’humoriste je vous assure mais sa foi est contagieuse et c’est une bonne nouvelle, en plus de lui un couple vous conseille, nous passons un dimanche avec tous les fiancés de l’année, on retrouve des amis d’enfance, ont nous testent en quelque sorte ont nous fait réfléchir sur l’argent, la sexualité, attendre d’un enfant “non désiré” ou différent, le sens de l’engagement… c’est très intéressant finalement surtout quand vous avez des préjugés à la base, notre couple accompagnateur nous a même confier qu’après tout ceci, certain couples ne souhaitaient plus se marier, ça aussi c’est certainement une bonne nouvelle.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “L’Eglise doit-elle changer”, KTO du 02/10/2015.

    Le plus étonnant dans ce débat, c’est l’incapacité de nos prélats à assumer un “Non”, et donner des limites. La société française n’est plus catholique mais l’Eglise agit toujours comme si c’était le cas. Elle ne différencie pas les croyants des autres, et pense pouvoir structurer encore l’ensemble de la société, en accueillant tout le monde dans n’importe quelles conditions. Accueillir tout le monde, soit, mais pas dans n’importe quelles conditions. Appartenir à une communauté de croyance c’est au moins, accepter un chemin qui mène à comprendre l’utilité et l’intelligence du dogme. Ce n’est pas faire du chemin en lui-même, la vérité et la vie. Jésus est le chemin la Vérité et la Vie.

    Il ne faudrait pas non plus confondre soigner le monde et croire. Ici pourtant, les prélats progressistes font cette confusion. Ils veulent obliger ceux qu’ils soignent à croire. Cependant l’humain aidé par un autre conserve toute liberté d’intégrer ou non l’Eglise. Il peut refuser, et cela n’est pas conçu, car l’Eglise actuellement est incapable de concevoir ce refus en elle-même. Ainsi, donner la communion à quelqu’un en état d’adultère relève plus pour moi de la lâcheté que de la charité. Certes les textes qui définissent le divorce devraient être retravaillés. En attendant, il faut faire avec la théologie, imparfaite, que nous possédons. En ce moment, notre Charité que nous tentons de déployer, est à la remorque de nos manques d’intelligence, raison pour laquelle Saint Thomas d’Aquin revient en force alors qu’il aurait dû être dépassé depuis des lustres.

  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Divorcés remariés : la voie du pénitent ?”, OSP de mai 2015.

  4. Commentaire de Lénidas Durandal:

    “Où est le père ?”, JRE du 07/11/2014Baptême d’un enfant autorisé sans l’accord du père. Il est temps que l’Eglise prenne conscience de sa tendance misandre depuis quelques décennies.

  5. Commentaire de TM:

    L’Écriture (Évangile + Épitres) prévoit la séparation en cas d’adultère, pas le divorce au sens où un remariage serait possible.

  6. Ping de Traditionalisme/progressisme ou les deux faces d’une même pièce : la féminisation de l’Eglise | Nouvelles de France Portail libéral-conservateur:

    […] j’ai cru que nous pourrions avancer ensemble (« Synode de la famille : comment l’Eglise en est arrivée là ? »). Au vu des résultats du synode, j’ai compris que notre Eglise hésitait entre le schisme et […]

  7. Commentaire de Demonanar:

    Mgr. Delassus explique très bien l’origine du tournant théologique de l’église.

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Nous avons raison et pourtant, il faudrait tout de même empêcher une nouvelle guerre civile. Aujourd’hui une majorité de nos concitoyens ne comprennent pas la médiocrité de la révolution française. Le pas est grand pour les convaincre.

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