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AIMELES Antiféminisme

« Vol de Nuit » d’Antoine de Saint Exupéry : du masculin du féminin

Publié le 5 octobre 2015 par Léonidas Durandal à 10 h 16 min

livre que les positions des hommes et des femmes sont à jamais irréconciliables. Dans le monde de Rivière, l’intimité, c’est le risque décuplé. Dans celui de la femme de Fabien, l’extérieur, c’est la prise de risque inutile. Ainsi hommes et femmes ont été placés en ce monde dans des positions contradictoires. L’un et l’autre sont hermétiques l’un à l’autre, car ils procèdent de logiques opposées même si elles relèvent toutes les deux de la vie.

Tout l’objet de mon blog réside ici : le féminisme agit comme une volonté de confondre logiques féminines et masculines. Ce mouvement se pense comme un totalitarisme indifférenciateur. Or je pense au contraire que la différence sexuée entre hommes et femmes est fondatrice et à jamais irréductible, naturellement et culturellement. Les tentatives pour imposer une logique envers et contre l’autre se soldent par une perte de sens dans le monde de l’action, ou bien une stérilisation des foyers de vie, phénomènes que nous connaissons actuellement à cause de la généralisation de l’idéologie féministe. A l’inverse, l’antiféminisme doit se proposer de gérer cette contradiction au mieux, en prenant en compte les raisons de chacun sur son terrain de prédilection.

Vol de Nuit a reçu le prix fémina en 1931.

Extraits sur les deux points de vue irréconciliables :

Du point de vue de Rivière

p 129 édition folio

« Il (ndt : Rivière) était parvenu à cette frontière où se pose, non le problème d’une petite détresse particulière, mais celui-là même de l’action. En face de Rivière se dressait, non la femme de Fabien, mais un autre sens de la vie. Rivière ne pouvait qu’écouter, que plaindre cette petite voix, ce chant tellement triste, mais ennemi. Car ni l’action ni le bonheur individuel n’admettent le partage : ils sont en conflit. Cette femme parlait elle-aussi au nom d’un monde absolu et de ses devoirs et de ses droits. Celui d’une clarté de lampe sur la table du soir, d’une chair qui réclamait sa chair, d’une patrie d’espoirs, de tendresses, de souvenirs. Elle exigeait son bien et elle avait raison. Et lui aussi, Rivière, avait raison, mais il ne pouvait rien opposer à la vérité de cette femme. Il découvrait sa propre vérité, à la lumière d’une humble lampe domestique, inexprimable et inhumaine… »

Du point de vue de la femme de Fabien

p 161

« Elle devinait, avec gêne, qu’elle exprimait ici une vérité ennemie, regrettait presque d’être venue, eût voulu se cacher, et se retenait, de peur qu’on la remarquât trop, de tousser, de pleurer. Elle se découvrait insolite, inconvenante, comme nue. Mais sa vérité était si forte, que les regards fugitifs remontaient, à la dérobée, inlassablement, la lire dans son visage. Cette femme était très belle. Elle révélait aux hommes le monde sacré du bonheur. Elle révélait à quelle matière auguste on touche, sans le savoir, en agissant. Sous tant de regards, elle ferma les yeux. Elle révélait quelle paix, sans le savoir, on peut détruire. »

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