De l’abandon des enfants à travers leur revendication d’indifférenciation sexuelle

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Il y a 10 ans, je m’imaginais dans cet article que la revendication d’un 3ème sexe était l’horizon indépassable du progressiste en matière de mœurs. Il m’arrivait de parler d’indifférenciation, mais non comme d’une revendication, plutôt comme d’un résultat qui suivrait des politiques sociales absurdes.

Or me voilà confus. Aussi militant que je suis, j’ai sous-estimé le fanatisme féministe. Désormais, l’indifférenciation est une revendication assumée de notre bonne gauche. Le train de la dégénérescence bat son plein.

J’aurais pourtant dû le voir arriver, avec la multiplication des sigles d’identification sexuelle : LGBTQI+ (lesbien, gay, bi, trans, queer, intersexuel etc.) qui mélangeaient tout et son inverse : des pratiques sexuelles avec des revendications chirurgicales de réassignation de sexe, des comportements observables et des ressentis, des désirs d’obtenir une identité sexuelle face à des désirs de la fuir. Tout était incohérent dans la démarche. Mais je me figurais que cette floraison d’idées maladives ne pouvait aboutir, en aucun cas, à un objectif unique. C’était une grosse erreur.

Fatalement, la répudiation des pères de notre société devait amener le laisser aller, et ce laisser aller devait inviter nombre d’enfants jusqu’à fuir leur identité sexuelle, quand bien même il y eût la puberté, et de forts facteurs biologiques, rendant, en théorie, cette démarche impossible. Logique. Il suffisait d’user de son cerveau : pour un enfant, s’intégrer dans une société qui vous prive de tout repère, et au contraire, vous encourage à la régression infantile, c’était valoriser le renoncement face à l’effort. Ô combien il est déjà difficile pour un enfant d’apprendre à se dépasser, si encore, par abandon, les adultes de son entourage ne l’invitent pas à vivre en dehors de toute contrainte. Or de renoncements en renoncements, les parents d’aujourd’hui ne donnent plus à leurs enfants les moyens de s’intégrer dans le monde par l’effort. Et du coup, ils subissent leur vie, après le temps de l’insouciance.

Tout d’abord, ces parents renoncent à leur vie de famille pour privilégier leur travail, au lieu de construire leur travail autour de leur famille. Puis, ils renoncent à leur famille tout court, envisageant les divorces, l’absence de père, la procréation artificielle, et devenant ainsi des non exemples pour leur progéniture. Enfin, ces enfants issus de familles maltraitantes, finissent par renoncer à leur identité, devenus dès lors incapables de construire une famille. Voilà où nous en sommes dans bien des cas.

Cet article de journal l’illustre. La revendication d’indifférenciation est là, comme d’une cerise en haut du gâteau progressiste. Et cela m’a ouvert les yeux. J’ai un peu mieux compris ce que je voyais autour de moi, de jeunes adultes paumés, et qui ne savaient plus se dépêtrer des mensonges qui leur avaient été transmis, sans renoncer à une part conséquente de leur identité sexuelle.

Ils sont là ces non nés, qui ont suivi leur toute puissance d’enfants, trompés par des adultes menteurs de leur entourage, et qui se retrouvent dans des impasses. Du coup, ils deviennent l’arme de destruction massive idéale de notre société : le groupe doit se plier à leurs manques individuels, supprimant de facto toute forme de vie collective forcément normée, forcément différenciée.

Dans cette nouvelle société, il n’est pas étonnant que le mâle « attiré par les femmes » soit particulièrement pourchassé en ce qu’il évoque le désir de grandir, dans un monde où tout serait à sa place. Ses prises de risque sont dangereuses car elles bousculent par essence le ronron du laisser aller. Raison pour laquelle, il est ostracisé dans les écoles, devant les tribunaux, et désormais dans les entreprises, quand l’absolue laideur devient critère d’épanouissement personnel.

En cela, l’idéologie socialiste n’est qu’un moyen de pression pour parasiter d’autant mieux ceux qui créent de la richesse en les culpabilisant, jusque dans leur identité sexuée. Et pour détruire tout le reste. Peut-être et surtout ces enfants indifférenciés qu’elle dit protéger.

Car ces âmes perdues sont enchaînées à leur paresse. Elles se construisent un monde d’illusions qui les excite contre le reste de la population. Elles se retrouvent forcément entre elles, dans une différence de façade, stériles.

Il faut dire que dans ce cadre, hommes et femmes deviennent inaptes à se parler, à se comprendre, et loin de dépasser leurs différences, ils ne peuvent plus y accéder, et donc, vivent avec des désirs irréalistes d’épanouissement personnel déconnectés de toute altérité. L’identité sexuée est comme le langage. Il faut renoncer à tous les parlers, bébés, pour en acquérir un, sinon à s’interdire toute possibilité de communiquer, et encore plus difficile dans ce cas, s’offrir l’opportunité d’apprendre une seconde langue. Les repères sexués agissent comme la langue, si tant est qu’ils ne soient pas liés. Supprimez-les et vous tuez une personne, littéralement, en la coupant du monde, en l’empêchant d’acquérir une connaissance de son sexe ou de l’autre sexe.

Aujourd’hui, ces zombis du sexe sont pourtant bien présents. Je dirais même qu’ils prospèrent. Ils se méfient d’eux-mêmes, de leur verge ou de leur vagin, ils disent jouer avec les codes alors qu’ils ne les détiennent pas. Perdus, ils doivent se méfier des autres. Terrorisés à l’idée d’entrer dans une identité jugée stéréotypée, ils n’accèdent jamais au monde, à l’univers, ou à son sens. Ils restent en dehors de leurs propres existences qui pourraient seules leur servir de repère pour penser et entrer en relation.

D’où leur niveau intellectuel effrayant. Ce n’est pas seulement une question de soumission à un politiquement correct féminisé chez eux. C’est aussi une limite du pensé. Ils se croient sans limites quand la simple logique leur échappe et comment en pourrait-il en être autrement, puisque la liberté est barrière, et qu’ils n’en ont aucune.

Le sacré chez eux, c’est la maladie du tout permis, du tout possible, soit l’inverse du sacré qui est par définition relève du tabou. Leurs pasteurs dénoncent la définition que toute société se donne de la folie, mais c’est dire explicitement qu’ils sont fous, sans religion. Ils semblent croire, mais ils ne savent le faire que dans la contradiction. S’opposer, c’est peut-être chercher des limites, mais ce n’est pas croire, pas encore.

La religion ou plutôt son absence, n’est pas une anecdote dans notre monde. La religion irrigue la politique, mais aussi la psychologie. Les malades mentaux qui ont des problèmes neuro-biologiques, relèvent de la psychiatrie. Mais ils ne sont pas les seuls. En plus de ceux-là, il y a tous les autres, qui parfois possèdent en sus, de petites tares biologiques, et qui ne peuvent être aidés que par une définition religieuse de la psychologie, assumée. Car derrière tous ces courants si différents, se cachent toujours des religions qui s’assument plus ou moins. Des croyances.

En tant que catholique, en n’ignorant pas que beaucoup d’autres religions psychologiques me rejoindraient sur ce point, je peux vous dire qu’une personne qui refuse son identité sexuelle, est folle. Elle cherche un suicide que nous ne devrions pas lui autoriser.

Cependant, nous ne sommes plus dans une société catholique et nous n’avons plus la main pour aider les personnes en danger, ou plutôt, nous sommes dans une société à ce point catholique qu’elle se revendique de son exact contraire, tout en cherchant à en pervertir la source. Pleine d’une haine rentrée. Du coup, la maladie prospère. Notre Eglise acquiesce pour l’instant, faible et féminisée, mais elle n’en est pas moins combattue car elle reste la seule et unique solution à notre monde. Ses ennemis le sentent si bien…

En même temps ils attaquent, en même temps ils questionnent. Et nous voyons notre propre faiblesse autant dans notre incapacité à réagir, qu’à leur offrir des réponses pleines d’amour, c’est à dire faites d’un « non » paternel. L’Église voudrait aimer comme une mère, mais les croyants ne se réaliseront jamais qu’auprès du Père éternel. Voilà le dilemme de notre époque. L’Église accueille, mais elle doit aussi diriger, être autant père que mère, et secourir ainsi les enfants perdus qui se multiplient, qui arpentent nos rues en s’oxydant le corps et le regard, voués à une éternelle damnation, entourés qu’ils sont par des forces obscures qui semblent avoir toute licence. L’Église doit apparaître comme une lumière pour eux, assez forte pour qu’ils la voient d’autant qu’ils sont très éloignés d’Elle.

Car la responsabilité de leur marasme individuel n’appartient pas seulement aux enfants perdus. Elle est aussi le résultat d’un manque de Communion causé par le péché.

Si notre Eglise peine à leur proposer la conversion, c’est aussi à cause de sa laideur actuelle, qui l’empêche de resplendir, et de son peu de force à vouloir le faire. Le beau précède le bien et le bon, en ce qu’il nous donne l’envie. Notre monde ne meurt pas de manque de justice, ni de manque de charité, mais de son absolue laideur qui nous prive de tout courage à vouloir le défendre et l’aimer. Nous voulons jouir, non pas accéder à la transcendance.

La tolérance des enfants perdus, par exemple, est laide. Une tolérance doit être héroïque pour avoir un sens esthétique. Au contraire, pervertie, elle n’est qu’un de ces laisser aller dont j’ai parlé plus haut.

Plus généralement, nous n’aurions pas construit un monde aussi invivable pour les êtres humaines, les fleurs, les plantes et les animaux, si nous avions un peu plus cultivé notre sens de l’esthétique, si toute innovation agricole avait été soumise à une obligation d’exalter une forme choisie d’harmonie.

D’ailleurs et vous l’aurez remarqué, les enfants perdus sont laids, terriblement laids en ce qu’ils se détruisent volontairement, et qu’ils cherchent à effacer toute trace de beau en eux, pour ne pas que le monde ait prise sur eux, pour qu’ils puissent rester bien enfermés dans leurs peurs. Les enfants perdus se cachent du regard des autres. Ils se disent qu’ils seront beaux plus tard, ou que l’esthétique ne doit avoir aucune importance. Seulement, en vérité, ils vivent dans l’impuissance à s’incarner en ce monde, trop faibles.

Les présenter en exemple comme cet article de journal le fait, équivaut à idéaliser le monstre, pour mieux le détruire. Car à n’en pas douter, encourager de telles démarches, ne redonnera jamais confiance aux enfants perdus, mais les prolongera dans l’erreur. Et tout cela en se rémunérant sur leur dos.

Si l’auteur de cet article avait fait agir son sens de l’esthétique, il n’aurait pas écrit ceci. Il y a de l’amour à dire non à une personne qui se trompe. Mais dans son développement, comme dans celui de tant d’autres, il a confondu faiblesse et avancée sociétale. Et il est à augurer, malheureusement, que son erreur ne se diffuse puisque les forces du beau peinent aujourd’hui à se mobiliser.

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