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Antiféminisme Aimeles

Du fantasmé au fabriqué : émission Cam Clash

Publié le 14 décembre 2015 par Léonidas Durandal à 16 h 03 min

L’émission Cam Clash va plus loin que le fantasmé qui nous est proposé par notre société (1, 2).Elle nous montre des acteurs qui adoptent des comportements racistes, sexistes, antisémites dans la rue et au milieu d’une population qui n’est pas avertie de la mise en scène. Elle donne une réalité physique à ce qui n’en a pas.

Quand j’ai mis en place le concept du constaté au fantasmé, je n’imaginais pas qu’une telle émission puisse durer. J’étais persuadé que le mensonge était trop évident pour pouvoir s’imposer. Je me suis trompé. Si l’émission a été déprogrammée cet été à cause du manque d’audience, il a fallu tout de même 3 saisons pour que les producteurs y soient forcés. Cela n’empêche pas France 4 d’essayer de nous refourguer une intégrale cette semaine (3)et la chaîne youtube de scorer à plus de 60 000 abonnés tandis qu’elle a tout juste un an.

 

Passer le message pour savoir comment bien-penser

La machine à spectacle prend ses aises sur internet. Comme elle est en accusation sur ce nouveau support, elle ne peut traiter la réalité comme elle en a l’habitude. Pour progresser dans son auto-suggestion, elle diversifie ses méthodes de contrôle : censure des contenus vidéos dérangeants, promotion et récupération de stars inoffensives, et pour ce qui est de son idéologie à proprement parlé, elle tente désormais de la faire passer en fabriquant une sorte de réalité parallèle pour justifier la véracité de ses raisonnements.

 

Une télé-réalité de la bienpensance

Le plus étonnant dans cette histoire, c’est l’absence de maquillage auprès du télespectateur. Certes au début, l’émission a essuyé un flot de critiques car le jeu des acteurs était difficilement identifiable. Confondant mise en scène et réalité, les employés de la série étaient même interviewés à titre personnel (vidéo sur le harcèlement de rue par exemple). Mais les réalisateurs ne se sont pas démontés. Désormais, le téléspectateur est bien averti et le concept se rapproche de plus en plus de la téléréalité : des situations montées de toutes pièces provoquent des réactions attendues et scénarisées. Le côté artificiel affiché n’empêche pas les auteurs d’assumer leurs mensonges et leurs provocations.

 

Des Français plutôt gentils

Or, force est de constater que les incivilités dénoncées sont plus du fait des acteurs que de la population qui les entoure. Si l’émission avait voulu démontrer que les Français ne sont pas racistes, pas sexistes, ni antisémites, elle ne s’y serait pas prise mieux. Seulement, l’outrance des acteurs et leur talent laissent place à une impression de vrai.

Plus grave encore, les personnes victimes d’une telle mise en scène ne sont pas toutes averties de la manipulation dont elles ont fait l’objet. Certaines peuvent s’en retourner chez elles, en se disant que le monde est bien tel que les auteurs de la fictions l’ont décrit.

Enfin et le plus étonnant, l’absence de propos injurieux des gens en toutes circonstances. Mis dans leurs derniers retranchements, énervés, ils devraient dire bien des mots qui dépassent leur pensée. Loin de là, ils se contrôlent totalement. Ils ont intégré le surmoi social auquel l’émission participe et ne se permettent pas le moindre écart. Cela me fait penser aux récits de guerre civile, où des rescapés témoignent de la parfaite entente la veille entre communautés, comme en ex-Yougoslavie ou en Algérie par exemple (qui votait à gauche…). Cette population qui nous est montrée est effrayante de calme (4). Car malgré tous les moyens artificiels mis en œuvre, elle ne réagit absolument pas. Le totalitarisme démocratique a réussi. Chacun a intégré profondément une norme sociale de l’évitement. Trop heureux de pouvoir défendre de pauvres victimes, les passants sautent même sur l’occasion de se valoriser. Ils sont en attente d’une bonne action comme s’ils manquaient de reconnaissance dans leur quotidien.

 

L’autisme

En général, ils s’ignorent dans nos grandes villes mais sont solidaires dans leur imaginaire et prêts à défendre la veuve et l’orphelin à la moindre occasion comme le prouve la caméra cachée. Le plus inquiétant est qu’ils vivent pour eux, sans vraiment être au contact des différences des uns des autres. Ceci explique pourquoi quand ils sont en danger, leur réaction varie du tout au tout. Prévenants quand l’outrance sociale est évidente, ils fuient lorsqu’ils sont exposés à un risque physiquement comme nous le prouve de trop nombreux faits divers. En vérité ces deux comportements “>

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Un commentaire

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “HandsAway, l’appli citoyenne contre les agressions sexistes”, Figaro du 07/12/2016.

    Notions de harcèlement et d’agression sont joyeusement mélangées. Mise en place d’une milice qui heureusement sera inefficace. Evacuation des vraies raisons des phénomènes de violence dans notre société. Une mesure uniquement de propagande.

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