Accueil » Erreur idéologique » Une société du fantasme : du constaté au fantasmé (cadre théorique)
Antiféminisme Aimeles

Une société du fantasme : du constaté au fantasmé (cadre théorique)

Publié le 3 juillet 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

Le nouveau DSM5 (1), classement des maladies psychiatriques, m’a alerté une première fois. La notion de maladie psychiatrique y a quasiment disparu. Elle y a été remplacée progressivement par la perception que la personne avait de sa propre situation. En somme, le désir individuel y a pris le dessus sur les attentes sociales ou sur les limites personnelles. Je trouve proprement incroyable que des fantasmes personnels aient pu arriver à se retranscrire dans une grille d’analyse médicale.

Par quel procédé intellectuel en sommes-nous arrivés là ?

 

J’entends beaucoup de gens autour de moi, dire que nous allons vivre dans les années qui viennent, un « retour au réel ». J’ai de plus en plus peur que ce ne soit pas le cas. Au contraire, plus notre société se déconnecte du sens, plus elle se déconnecte de Dieu, plus je la vois s’enfoncer dans un délire mystique. Ce délire mystique prend des formes diverses et variées. Chez les psychiatres américains, l’homosexualité n’est plus un trouble de l’identité sexuelle, entre autre. Je vois également des personnes prendre très au sérieux leur horoscope. Ou bien d’autres qui réfléchissent, des personnes placées dans notre élite, abandonner toute logique au profit de mots creux, comme « égalité » ou « sens de l’histoire », comme si ces mots pouvaient contenir leur propre justification, comme s’ils ne nous dédouanaient pas d’une réflexion collective sur le chemin que nous désirerions prendre, tous ensemble. Non, ces gens qui se croient si libres individuellement, sont persuadés que, collectivement, notre sort est plié, qu’il est écrit dans les astres, que l’évolution est en marche et qu’au pire, si cette dernière est négative, elle est forcément inéluctable. Le petit nombre de personnes qui attendent un « retour au réel » n’est pas suffisant pour faire poids face à tous ceux qui se laissent aller, tous ceux qui vivent de ce système et qui ne veulent pas le changer, et surtout tous ceux qui sont partis dans un délire pour justifier leur fainéantise, leur absence de convictions, ou leurs intérêts immédiats. Riches, nous nous sommes déconnectés des conséquences de nos actes. Alors nous avons abandonné toute mesure face à Dieu, puis nous avons marché allègrement sur la création.

 

Il fut une époque où beaucoup de gens faisaient le mal, en se persuadant qu’ils faisaient le bien. Les Jésuites essayèrent de protéger les Indiens des marchands, mais les marchands exterminèrent les Indiens en toute bonne conscience. Puis, les marchands prirent définitivement le pouvoir. Leur société a vécu sur le dos des braves gens qui croyaient encore en Jésus. Ils ont eu le pétrole, et ils n’eurent plus aucune mesure, même le peuple abandonna sa religion, pour se donner à la religion du spectacle. Aujourd’hui, ceux qui sont crus aveuglément, malgré toutes les erreurs qu’ils accumulent, sont ces gens de spectacle qu’on appelle hommes politiques, accompagnés d’une troupe de saltimbanques subventionnés et d’artistes journalistes. Cette société du spectacle est en train d’être dépassée. Le spectacle ne suffit plus. Le spectacle est terminé. Plus personne ne peut croire objectivement à tous les bains de sang que les marchands ont provoqué. Mais le simple citoyen, perdu sans religion, veut continuer à croire. Il n’a plus rien d’autre. Il redevient immanent car si on lui enlevait ses objets d’idolâtrie, il serait perdu. Les gens de Jésus ne se sont pas assez mobilisés contre le mal et aujourd’hui, ils l’ont laissé prendre toute la place. Pour que le spectacle puisse continuer, une partie de la population est en train de basculer. Celle-là est en train de nous entraîner dans la société du fantasme. Ecoutez Freddy Mercury, chanter « show must go on » avant de mourir du Sida :

 

Mon âme est peinte comme les ailes des papillons
Les contes d’hier grandiront mais ne mourront jamais
Je peux voler – mes amis

 

Face à la réalité qui se brise, il n’y a que deux solutions : nous abandonner à Dieu, ou nous envoler. Cette chanson est du côté de l’obstination. Elle montre très bien la psyché d’un être pour qui la vie a perdu tout son sens, mais qui persiste dans un orgueil pathétique, romantique diraient certains. Ce cri est beau parce qu’il nous rappelle la révolte qui tient chacun d’entre nous au moment même de la mort. Nous cherchons tous une issue et un sens à cette vie, parfois avec violence. Mais les histoires que nous nous sommes fabriquées, les « contes d’hier » comme dit le chanteur, sont bien insuffisantes. Tous ces gens qui prennent la religion comme une belle histoire, oublient qu’ils s’en racontent de plus invraisemblables pour tenir. Allons donc, cet élan de vie « >

Lire la suite

Pour recevoir l'infocourriel mensuel

Dernière étape : Cliquez sur le courrier qui va vous être envoyé pour valider votre inscription

3 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Le deuil périnatal sort des limbes », Figaro santé du 10/11/2014, Pascale Senk.

    La journaliste précise qu’on ne pouvait en parler à un niveau collectif par peur de la « récupération des pro-vie ».
    Les pro-vie ont donc raison de considérer le foetus comme une personne mais il faut le taire pour continuer à leur donner tort. Exemple typique d’une personne qui croit à son mensonge et qui considère le reste de la société à l’égal d’une bande de crétins. Elle le pense et l’exprime de manière explicite. Bien entendu, tout le monde est idiot sauf les avorteurs et les lecteurs qui sont d’accords avec elle.
    Mécanisme typique d’une de ces personnes autiste qui fourmille dans notre société et qui évite de s’affronter à une réflexion différente, la journaliste ne veut pas connecter les souffrances des femmes qui font des fausses-couches et la mort de leur enfant. Pourquoi veut-elle les éloigner de cette forme de cohérence ? Parce qu’en plus de mentir et de croire à son mensonge, elle veut s’imaginer être dans la vérité. Pas étonnant qu’il y ait tant de dépressifs dans notre société avec ce genre de démarche.
  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Peut-on trouver l’amour sur internet ? », figaro Madame du 10/11/2014.

    Où on peut lire le danger du fantasme qui se dessine en arrière plan d’une société où nous sommes coupés de nos 5 sens.
  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    9 entreprises s’engagent aux côtés de l’Etat pour l’égalité Hommes-Femmes :


    Figaro du 17/10/2013

     

    Eh bien va falloir en embaucher des hommes !

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    Pour recevoir l'infocourriel mensuel

    Dernière étape : Cliquez sur le courrier qui va vous être envoyé pour valider votre inscription