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La position incestueuse de Marie dans l’Église catholique depuis le concile d’Ephèse

Publié le 2 janvier 2021 par Léonidas Durandal à 11 h 31 min

Toujours les hommes voudront rendre gloire à leurs propres déviances et les placer sous le sceau de la vérité, notamment religieuse, pour éviter d’avoir à affronter leurs propres manques. Jésus, Marie, viennent nous guérir d’une telle médiocrité. Mais le diable s’emploie régulièrement à récupérer leur parole pour la détourner de son juste but. Quand le démon a réalisé son œuvre, tout se mélange, le bien devient le mal et inversement, tout comme le faux devient le vrai. Et le poids des habitudes vient encore alourdir l’erreur. L’humain, fainéant par essence, ne change d’opinion qu’à la dernière extrémité, quand il ne se laisse pas mourir de ses convictions.

Devrais-je laisser mon Eglise se suicider en attendant tranquillement ? Non certes non. Mais qui me donne autorité pour parler puisque je ne suis rien ? Oui, rien du tout, absolument rien. Ni théologien, ni consacré, ni notable, ni reconnu d’une quelconque façon que ce soit. Nos pasteurs me répondraient que je suis tout de même baptisé, que là est l’essentiel, et qu’ainsi, comme tout à chacun, je suis prêtre prophète et roi. Mais je le suis à l’égal d’un autre, et ma parole n’en est pas plus légitime pour autant.

Ici, seule me reste donc la logique, celle que Saint Thomas d’Aquin a érigé en quasi-divinité. Et moi qui me défie d’une telle attitude, me faut-il pourtant y avoir présentement recours pour montrer en quoi nous avons construit un dogme marial basé sur l’inceste depuis le concile d’Ephèse de 431. La logique ne peut pas tout. Elle n’est pas tout. Pourtant existe-t-elle comme d’un signe pour l’humanité, de même pour l’intuition, et la grâce. Je vais donc faire œuvre ici de logique et reprocher à certains de mes frères de ne pas en avoir usé assez. Qu’ils me pardonnent toutes mes erreurs. Par pitié, qu’ils me contredisent, qu’ils détruisent mon argumentaire et qu’ils le surpassent.

 

Marie mère de Dieu depuis le concile d’Ephèse

En prenant une telle décision, le concile d’Ephèse a placé sainte Marie, comme mère et fille de Dieu en même temps. Mère de Dieu parce qu’elle a engendré Jésus. Fille de Dieu comme nous le sommes tous (ne sommes-nous pas selon les textes, tous des enfants de Dieu ?). Pour qu’elle ne soit pas mère et fille en même temps, il la faudrait entité séparée de Dieu le Père, égale de Dieu, créatrice de l’univers. Devenue divinité, elle perdrait son statut de fille, pour devenir mère de Jésus et en quelque sorte, épouse de Dieu le Père.

Or Marie est née de la chair selon les textes. La tradition lui reconnaît une mère de chair, Anne, qu’il a fallu sanctifier. Marie définie comme l’immaculée conception, ne pouvait avoir été engendrée par la corruption. Il fallait donc que sa mère soit sainte. Et comme je l’ai montré ailleurs, que tous ses ascendants soient saints pour que l’immaculée conception mariale ne soit pas née d’une quelconque corruption. Ce qui voudrait dire que Eve, n’aurait pas pêchée, ou que Marie ne serait pas la descendante d’Eve.

Au vu de l’état actuel de la théologie, ces deux propositions me semblent tout autant improbables l’une que l’autre. Si Eve n’a pas pêché, l’existence même du sauveur Jésus est remise en question. Si Marie n’est pas la descendante d’Eve, elle, et ses ascendants, ne font pas partie de l’histoire humaine. Il faudra donc en conclure, en toute logique, que Marie est née de la corruption et avait besoin d’être sauvée par son Fils, tout comme le reste de l’humanité. A ce propos, tous les Evangiles le confirment. Marie est faite de chair. Elle accueille le message de son Fils au fur et à mesure qu’elle le comprend. Et elle ne le comprend pas toujours. Il le dépasse souvent.

 

Peut-on être mère et fille du Père tout à la fois ?

Etre mère et fille du père à la fois, signifie pour une fille, d’avoir eu des relations sexuelles avec son père. Seule celle qui a eu des relations dénaturées avec son père, est aussi mère des enfants de son père. L’inceste, est la confusion des générations. Les hommes et les femmes qui le pratiquent se placent dans une position d’être à la fois l’alpha et l’oméga de la création. Ils ont l’idée folle en eux de s’être auto-engendrés, d’être le début et la fin de l’univers, pensée étriquée s’il en est. Si Dieu peut être Père, Fils et Saint Esprit, c’est à dire Celui qui est, qui était et qui vient, l’humain lui, n’a pas cette possibilité. Tout est possible à Dieu. Ses pensées nous échappent. Sa forme aussi. A l’inverse, l’humain qui se met dans une telle position est fou. L’humain ne peut rien sans Dieu. Il n’est rien. Et sa prétention à s’auto-engendrer n’est que le fruit d’une pensée étriquée qui l’enferme dans l’inceste. Dieu fait sortir l’humain de l’inceste. Il n’invite pas à l’y faire entrer puisqu’il est bon. Dieu ne peut donc nous inviter à penser que Marie serait mère et fille à la fois. Cette pensée est le fruit du diable.

 

Marie co-rédemptrice ?

Avançant toujours plus loin dans ce concept de Marie mère de Dieu, des communautés ont inventé récemment l’idée de Marie « co-rédemptrice » du monde. En un sens, leur position est logique à partir du moment où l’Église reconnaît Marie comme mère et fille de Dieu. Comme je l’ai montré un peu plus haut, la seule manière de sortir de cette dichotomie mère-fille incestueuse, serait de reconnaître en Marie une sorte de divinité égale de Dieu. Et la première étape de ce raisonnement passerait par la reconnaissance de son rôle de co-rédemptrice.

A ce titre, elle l’est co-rédemptrice, comme tous les saints qui l’ont précédée, mais ni plus ni moins. Car littéralement, tous ceux qui ont participé à l’avènement de notre Seigneur Jésus sont co-rédempteur. Toutefois, ceux qui promeuvent un tel concept ont une autre idée derrière la tête. Ils ne veulent pas simplement reconnaître la participation des saints à l’avènement de Dieu, ils veulent aussi faire de Marie, l’égale de Dieu.

Les images se confondent et nous proposent un Jésus féminisé.

Notez combien ce désir égalitaire transpire l’inceste : pour ces personnes jalouses, il faut que l’image de l’homme et de la femme soient strictement égales. Par idéologie, Jésus devrait avoir son pendant féminin sur terre. Ces personnes ne partent pas de la Vérité pour asseoir leurs actions, mais de leur désir pervers pour le légitimer aux yeux du monde. L’inceste est un désir pervers, tout comme le désir d’égalité qui pousse à indifférencier les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, au nom de sa propre jalousie, parce que l’être qui cède à un tel penchant, se fait le centre du monde, tue toute individualité, toute différence et fait souffrir le monde dans son âme. Combien nous gémissons de telles aspirations narcissiques dans notre société qui refuse le Père…

Comme je l’ai montré plus haut, si Marie est une divinité, elle n’appartient pas à l’histoire humaine. Elle n’a pas de filiation humaine. Elle ne serait pas née d’Eve, ni d’Anne. Et la révélation christique s’effondrerait. Voilà d’ailleurs ce que nous vivons à notre époque et ce n’est pas un hasard : un effondrement de la révélation christique car notre dogme est mal assis.

 

Quelle place pour Marie, et pour la femme dans les Textes ?

Marie est humaine, elle est fille de l’humanité, sauvée par son Fils. Elle ne peut pas être mère de Dieu. Elle est mère de Dieu fait homme. Je veux dire par là qu’elle est la mère de l’incarnation, mais pas de Dieu. Car elle ne peut être et avoir été. Seul Dieu peut être et avoir été. Il est dit dans les Textes que Dieu est Celui qui est, qui était et qui vient. Dieu est celui qui était : à partir de Lui, tout a été fait. Dieu est aussi celui qui est, il est le « Je suis » : Il est notre présent à travers l’Esprit Saint. Dieu est encore celui qui vient à travers le Fils qui nous sauve. Notre avenir c’est Jésus.

Pour comprendre la place du féminin dans l’univers, il faut se pencher sur Celui qui est. La femme est le présent, l’inspiration. Elle est proche de l’Esprit Saint. Cette idée ne signifie pas que l’homme soit dénué d’Esprit Saint ou d’esprit d’à propos ! Mais qu’Il est sa part féminine en lui avec laquelle il est en dialogue. Tout comme la femme dialogue avec le Père et le Fils.

 

Pourquoi chaque femme est mère et fille de l’humanité ?

Pour être mère, il faut avoir été fille. Mais ces deux positions ne se confondent pas parce que le père n’est pas l’amant. S’ils viennent à se confondre, la généalogie, la succession, la filiation s’effondrent. D’où l’importance de Joseph dans la création, de l’époux. Il est le descendant de David, pas par hasard, mais parce qu’il permet à la sainte famille d’être équilibrée. Il est le vrai lien entre le Père et le Fils. Marie, elle, est la création. La femme est Esprit Saint, comme elle est création, comme elle est présent. L’homme est passé et avenir, Père et Fils. Marie fille de l’humanité par Eve, créée par Dieu, engendre l’humanité par l’époux. La création ne se reproduit pas sans l’image de Dieu sur terre, lui aussi père et fils : l’époux. A l’identique, dans le rôle d’épouse endossé par Marie, peuvent cohabiter la mère et la fille, si tant est que l’époux ne soit pas le père. Tout comme l’épouse ne devra pas être la mère pour l’homme. Les familles catholiques et notre religion, s’ils respectent de tels principe, seront fructueuses.

 

La place de chacun

Le prêtre et le moine sont les deux faces d’une même pièce. Le moine répond à cet impératif (Mat 27 32) : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. (38) C’est le premier et le plus grand commandement. » Le prêtre répond à ce commandement : (39) « Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Le prêtre a l’ambition d’être image du Fils. Or en se mariant, il passe du statut de Fils à celui de père. Fécond, il doit s’occuper de ses enfants terrestres, alors qu’en gardant le statut de Fils, il peut s’occuper de tous ses frères catholiques. A quoi peut-il s’unir si ce n’est à la divinité du Christ (particulièrement pour le prêtre) ou à la divinité de Dieu le Père (particulièrement pour le moine), ce qui n’est pas à proprement parlé, un mariage ? Il doit donc faire un deuil terrible qui est celui de l’union terrestre et trouver sa complétude intime en « se mariant » littéralement à la grâce de Dieu, Père Fils et Saint Esprit, complétude qui ouvre un abîme et complétude qu’il ne trouvera ni dans sa communauté, ni avec une femme. 

Père à travers le Fils, comme le dit si bien l’Evangile de Saint Jean, cette paternité céleste exclut toute union matrimoniale terrestre, parce qu’elle serait synonyme de déchéance ou pire, d’inceste symbolique dans une confusion Père-fille. Ce raisonnement me ramène à une autre de ces phrases très dure de Jésus (Mat 19 12):  «  Car il y a des eunuques qui le sont dès le sein de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par (la main) des hommes, et il y en a qui se sont rendus eunuques, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne. »

Voilà pourtant un  chemin de lumière. Par leur renoncement, par leur sacrifice, par leur frustration même, le prêtre et le moine s’élèvent. Par leur célibat, le prêtre et le moine fécondent la création. Chacun d’entre eux à sa manière peut devenir le guide des époux et des épouses pour leur faire donner du fruit. Il devient l’horizon fécond. Fils exemplaire, il est l’éducateur privilégié des enfants. Sacrifice vivant, il montre à tous le chemin de la liberté, c’est à dire le choix de Dieu. Proche du Fils, c’est un esthète du futur. Proche du Père, c’est un gardien de trésors. Marié, le clerc deviendrait « du monde » et non envoyé « pour le monde ». En cherchant à se reproduire, le prêtre endosserait des rôles qui l’écarteraient de sa vocation de Fils sacré de Dieu le Père. Le moine perdrait le sens de ses priorités et ne serait plus moine, stricto sensus. 

A mon avis, les bonnes sœurs sont elles, des prêtresses de l’Esprit Saint. Intermédiaires du Père et du Fils, elles soutiennent le monde présent par leur prière et leurs actions. Elles l’inspirent au sens le plus noble qui soit. Je les vois difficilement être mariées au Christ, lui qui n’a pas voulu de femme. Cette idée induirait aussi qu’elles seraient symboliquement mariées aux prêtres dans une sorte d’union platonique. Cela pose question. Si elles veulent être unies, qu’elles le soient à Dieu Esprit Saint. Je trouverais cette idée plus logique.

Autre image de Marie, l’épouse catholique doit être le temple de la Création, inspirée et inspirante. L’époux aussi désintéressé que Joseph, doit avoir pour modèle Dieu le Père. Tous les deux doivent prier et agir pour permettre au Fils de prospérer, à leurs filles de devenir Création, et à leurs fils d’aller de l’avant.

Quant aux images d’Eglise épouse du Christ, et Marie image de l’Église, elles font le lien entre un Fils et une mère qui seraient mariés ensemble. Je trouve cela inapproprié. L’Église est une communauté de croyance. Elle communie au corps mystique du Christ. Je la vois difficilement être l’époux ou l’épouse de quoique ce soit. Dans son ensemble, Elle est la famille des enfants de Dieu, une famille qui va au-delà de la famille naturelle, tout en pouvant l’inclure. Retrouver ce lien filial, ce serait à nouveau pouvoir s’aimer, ce à quoi les impies doivent nous reconnaître selon les Textes (Jean 13 35), et ce à quoi ils ne nous reconnaissent pas en ce moment. Et pour cause, quel est l’amour d’une famille qui est proche de l’inceste ? Et quel exemple donne-t-elle ? Car la confusion entre hommes et femmes n’est pas que dans le monde. Elle a d’abord été cultivée dans notre Eglise, ceci expliquant cela. 

 

 

Un commentaire

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    "" Sourates à l’église Saint-Sulpice : qui y a participé ?" MPI du 13/02/2022.

    Ce que mes très chers amis tradis oublient d'analyser, c'est que cet énième gloubiboulga, s'est fait au nom de "l'amour" porté à sainte Marie. 

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