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L’enterrement de notre frère militant

Publié le 2 juin 2021 par Léonidas Durandal à 15 h 23 min

Les porteurs de moustaches devraient bénéficier d’un préjugé favorable dans notre société. Voilà des hommes qui perpétuent une tradition provenant du fond des âges alors que notre monde est animé par l’idée folle d’être entièrement tributaire de l’avenir. Le porteur de moustaches, cet homme mesuré, assume sa nature pileuse sans lui laisser toute place, et son passé sans augurer des événements à venir. En quelque sorte, il est catholique sans le savoir.

Notre frère portait de longues bacchantes rouquines qui ne nous empêchaient pas de voir son visage rayonner. Son regard perspicace n’était pas dénué de joie, au contraire. Comme nous tous, hommes militants, hommes d’une seule femme, abandonnés, il avait trouvé sa rédemption dans le combat pour les pères.

Notre monde ne comprend pas que des hommes engagés auprès de leur famille, mais violés par la justice aux affaires familiales, ne puissent faire le deuil de leur ancienne relation. J’ai parfois l’impression qu’il nous dit : « Mais comment, vous n’êtes pas passés à autre chose ? La vie, c’est comme ça ! » Il faudrait être un animal privé de coeur pour raisonner ainsi. Et encore y-a-t-il des animaux fidèles. 

J’ai rencontré bien des militants pères sincères qui se sont remis en couple. Ils étaient souvent à côté de la plaque, ne sachant sur quel pied danser avec leur nouvelle compagne, cette dernière les prenant en charge dans une sorte de mystique amoureuse. Les autres, la majorité, nous avons baisé à tout va jusqu’à nous dégoûter de la moindre relation suivie, et pour ce qui me concerne, de la moindre passade. Nous avons insisté en quelque sorte.

Car je ne me fais pas d’illusions. Quand bien même je serais pratiquant catholique, je me dirige aussi vers le fond de l’impasse. Si ***** et les autres ont voulu continuer à militer jusqu’à la mort pour des pères minables, égoïstes, frileux et incapables de mener une lutte en équipe, et ceci afin de se donner une raison de vivre, quant à moi, j’ai misé sur une prise de conscience monumentale chez des compatriotes terrorisés par leur ombre, et pire encore, par celle d’une femme.

Cependant, au bout de mon cul de sac, il y a une croix qui a le pouvoir de rendre possible l’impossible, et voilà qui change tout. Dieu a entendu mon cri alors que toute la société a voulu se boucher les oreilles. Ce sera la conversion, ou la punition. Nos contemporains avides de modernité ont oublié combien l’histoire avait pu être tragique, et combien elle le sera encore. Tout comme ces personnes qui fuient les efforts et qui le payent par des décennies d’un handicap harassant, la loi naturelle va s’imposer à eux. Ils l’ont choisie pour juge. A vrai dire, nous sommes déjà presque morts. La censure de mon site n’en est qu’un des signes évidents. La mort d****** sans avoir obtenu justice en est un autre. 

Apparemment, notre camarade est mort prématurément à cause de la bouffe. C’était un bon vivant. Cependant comme pour Eric Peeters et bien d’autres pères qui se mettent une balle dans la tête ou se jettent au devant d’un train avec leur enfant, je crois que le manque de sens avait pris le pas chez lui sur l’amitié pour les biens terrestres. Seul et abandonné, dénigré, par la femme qu’il avait tant aimé, il n’avait plus de raison de faire des efforts. Un vaisseau sanguin attaqué par la graisse, a fini par péter quelque part dans son corps. Et lui qui appartenait au milieu médical, n’a pas pu être rattrapé. Le voulait-il ? Les cordonniers sont les plus mal chaussés selon l’adage. Son ex va pouvoir toucher la pension de réversion.

Voilà quelques années, nous nous sommes donc retrouvés à son enterrement avec le noyau militant de l’association. 5 personnes en tout. Nous nous étions cotisés pour lui acheter des fleurs et un marbre. Comme cela ne se fait plus, nous nous étions bien habillés, sans pour autant nous être passés le mot, en bons phallocrates. Serrés les uns contre les autres, nous faisions face à son ex-femme, à son fils et au reste de la famille, eux près de la porte d’entrée, nous un peu à l’écart, nous observant en chiens de faïence, ennemis devant l’Église.

Le regard noir de son ex était de loin le plus hostile.  Il nous aurait bien chassé s’il en avait eu le pouvoir. Mais il ne l’avait pas. Nous ne bougerions pas pour si peu. Et cette femme le comprenait. « >

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