Accueil » Les avortoirs » Les infanticides par avortement dans la société française à partir de 1556
Antiféminisme Aimeles

Les infanticides par avortement dans la société française à partir de 1556

Publié le 30 mai 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

Contexte historique.

L’Etat français et l’Eglise catholique ont toujours eu une relation ambiguë, faite de complémentarité et d’opposition. Le premier, jaloux de ses prérogatives, a parfois cherché à circonscrire le pouvoir de l’Eglise quand celle-ci voulait limiter moralement le sien. La symbiose entre ces deux entités n’a pas toujours été totale. Liés par Dieu, quelques fois opposés dans le Christ, motivés par des intérêts différents, laïcs et religieux, leurs pouvoirs se sont confondus, contredits, combattus, avant de se retrouver et de s’accorder. Pour utiliser une notion complètement anachronique mais qui sied bien à la situation en France, la relation entre l’Eglise catholique, son pouvoir idéologique et spirituel, et l’Etat français, son pouvoir temporel et matériel, fut une sorte d’écosystème complexe où chaque entité se soutint mutuellement pour mieux empiéter sur les prérogatives de l’autre. Le système des charges d’Etat et des ordinations au sein de l’Eglise en fut un exemple significatif. Les fils de notables accédaient à des postes glorieux au sein de l’Eglise sans l’avoir voulu, et se retrouvaient parfois en position de devoir défendre la Sainte Foi et l’Etat, alors que leurs convictions personnelles pouvaient hésiter entre les deux (Cardinal Mazarin). Dans l’ensemble, il faudra noter que la symbiose fut plutôt réussie, et que, malgré des dissensions, des manques de Foi ou des volontés utopiques, chacun joua sa partition de manière assez harmonieuse.

 

Cette étude sur les infanticides par avortement ne peut se comprendre qu’au travers de cette relation duelle.

 

La position du pouvoir spirituel en Occident sur la question des infanticides jusqu’à la fin du 16ème siècle.

Depuis très longtemps l’Eglise condamne les avortements par infanticide. Le Concile de Mayence de 847, le décret de Gratien de 1150, Saint Thomas en 1252, le Pape Sixte Quint en 1588 dénoncent tous fermement l’infanticide par avortement (21). Cependant il faut bien noter que si la condamnation est ferme, les modalités et les raisons de la condamnation varient. Pour les uns, l’embryon ne possède une âme qu’à partir du 40ème jour, pour d’autres c’est à partir du 6ème mois après la conception. Pour les uns, la condamnation doit se traduire par une forte contrition de la pécheresse (jeûnes et prières), à l’extrême d’autres se prennent à envisager la mort de la mère infanticide. Cette dernière disposition, la plus sévère de toutes, provenant du Pape Sixte Quint, ne sera jamais traduite dans les textes de loi par les laïcs au pouvoir et cette bulle canonique sera même abrogée rapidement par le Pape qui lui succédera (22).

 

La question des infanticides dans la société française au 16ème siècle : répondre à des impératifs religieux et à une situation sociale complexe.

Pouvoirs religieux et temporels se cherchent donc, et eux-mêmes s’interrogent sur le crime d’infanticide et ses limites. Et il faudra attendre quelques centaines d’années pour que la position de l’Eglise se clarifie à la lumière de la prière et de l’Esprit Saint dans une position humaine des plus exigeantes (20) : condamnation ferme de l’avortement par infanticide dès la conception de l’enfant, mais possibilité de rédemption de la pécheresse. En attendant, au 16ème siècle, cette question taraude des esprits qui ne savent pas bien qui ou quoi condamner, ni comment. En 1556, l’édit d’Henri II permet de clarifier un tout petit peu une situation confuse devant les tribunaux de l’époque. Il cherche surtout à faire peur aux femmes pour qu’elles ne commettent pas l’irréparable. Ainsi l’édit est relu tous les 3 mois dans les paroisses afin de rappeler à celles qui seraient tentées d’user de ce genre de moyens les risques qu’elles encourent. Car leur juste mort serait un poids bien lourd à assumer pour les consciences des juges et l’Etat. En sus, ce genre de crime est caché, les situations complexes, la condamnation malaisée. Par des avertissements graves et répétés, il faut donc décourager les nombreuses femmes vivant en dehors d’un idéal de mariage et de relations chastes d’agir pour le pire, quitte à faire quelques exemples avec certaines d’entre elles par trop coupables, ceci afin de rendre crédible la volonté ferme des institutions de faire cesser le crime.

« La jeune fille d’Orléans » est une chanson traditionnelle qui raconte l’histoire d’une de ces jeunes filles infanticide.
(Pour accéder à la chanson, cliquez  ici)

Les paroles de cette histoire avertissent les autres jeunes filles de ne pas commettre l’irréparable. Elle montre aussi que l’argent pouvait faire échapper la criminelle à « >

Lire la suite

Pour recevoir l'infocourriel mensuel

Dernière étape : Cliquez sur le courrier qui va vous être envoyé pour valider votre inscription

9 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Remise en cause du droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Sarthe », Paternet du 01/08/2018.

    Une ministre et une députée qui considèrent l’infanticide par avortement comme « un soin ». Nous sommes très proches d’une forme de maladie mentale collective.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « A Bordeaux, une mère jugée pour l’infanticide de cinq nouveau-nés », L’Express du 19/03/2018.

    Désormais, des mères se permettent de tuer leurs enfants après la naissance.

  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Elle injecte à sa fille des produits vétérinaires pour la tuer :


    Express du 07/08/2013

  4. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Elle emporte son enfant dans la mort en se défenêstrant :


    Sud ouest du 08/08/2013

  5. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Elle injecte à sa fille des produits vétérinaires et la tue :


    Express 07/08/2013

  6. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Si mon travail offre une vue d’ensemble sur le sujet, la coïncidence a voulu que le même jour où j’ai publié mon texte, Civitas nous envoie une lettre d’information avec une vidéo de Jean de Viguerie spécifique au thème de l’avortement sous l’Ancien Régime :

    La porte latine mai 2013

     

    Une communication sur la conférence qu’il a tenu sur ce sujet devrait être publiée d’ici peu. Je l’attends avec impatience. Son travail plus détaillé que le mien sur la période sus-mentionnée complètera, je l’espère, ma partie sans lui retirer, toutes les hypothèses théoriques sur lesquelles je me suis basé pour avancer mon concept « de responsabilité relative des femmes » dans notre société française jusqu’à aujourd’hui.

  7. Commentaire de TAMERE:

    ise en marche de la féminisation de la société provoquée par de nombreux hommes, par des femmes malades, et la libéralisation des mœurs sont allés de pair avec un chamboulement qui leur a été néfaste : progressivement déresponsabilisées au foyer et dans leur relation de couple (divorce, maternités refusées), alors qu’elles l’étaient déjà en terme judiciaires, elles ont été responsabilisées totalement dans un domaine salarié où plus elles s’investissaient plus elles perdaient leurs prérogatives de femmes, dans les activités familiales qui leur étaient chères. Ainsi, une génération d’hommes immatures et de femmes psychologiquement troublées,  ici sont écrits par vous même les termes vous définisant. Une telle bêtise fait peine à lire. 

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    Pour recevoir l'infocourriel mensuel

    Dernière étape : Cliquez sur le courrier qui va vous être envoyé pour valider votre inscription