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Antiféminisme Aimeles

Réflexion autour de Cendrillon de Kenneth Branagh, de la reine des neiges et des princesses en général

Publié le 14 juillet 2015 par Léonidas Durandal à 13 h 22 min

Contrairement à la « Reine des neiges », le dernier opus de Cendrillon de Kenneth Branagh est entièrement réussi. Ce dessin animé nous donne à voir du beau, avec de vraies princesses, de vrais princes, de vrais méchants et un véritable esprit catholique de rédemption et de sacrifice, avec son corollaire : le mariage d’amour (à noter la mauvaise foi ou le manque de culture évident de l’Express/AFP qui l’assimile à une revendication féministe!).

Un papa et une maman, un minimum syndical pour connaître le bonheur.

Un papa et une maman, on ne ment pas aux enfants

La réalisation est somptueuse, le jeu des acteurs grandiose, l’histoire d’origine est reprise telle quelle avec des ajouts et quelques modifications qui ne nuisent en rien au message du conte traditionnel. Courage et bienveillance sont le maître mot des scénaristes qui ont voulu sensibiliser les enfants aux difficultés de la vie sans les traumatiser par des images bâtardes de héros modernes médiocres et dénaturés.

 

Comparatif « Reine des neiges » VS « Cendrillon 2015 ».

Tandis que la « Reine des neiges » plonge nos petits dans l’indécision parce que les scénaristes ont voulu leur refourguer leur propagande moisie de la femme LIIIIBBBBERRRREEEE, Cendrillon leur donne de vraies clefs pour grandir par et dans le beau, à travers les difficultés. Résumer cette histoire n’apporte rien, car tout dépend des détails dans ce film qui reprend une trame narrative que tout à chacun connaît. C’est un regard, une réflexion bien placée, des jeux d’acteurs formidables, des costumes extraordinaires, et un brin de magie.

La première danse, le summum de l'esthétique

La première danse, le summum de l’esthétique

Face à ces gens heureux qui paraît-il n’ont pas d’histoire, le débat serait donc clos ? Pas vraiment. Car dans notre monde du laid, réintroduire volontairement du beau n’est pas anecdotique. La démarche si elle n’est pas consciente n’en est pas moins à la pointe de la réaction. Dans la « Reine des neiges », les scénaristes femmes ont renoncé à tout idéal de mariage d’amour heureux. L’engagement n’est plus qu’un lointain souvenir semé de tant d’embûches que la solitude devient une manière possible de s’en sortir. Le prince est dépravé. La filiation ne se renoue pas entre les générations. Les adultes présentent la note aux enfants et leur demandent de payer. A l’inverse, Cendrillon de Kenneth Branagh éduque au regard, sur l’autre qui doit être accepté avec ses défauts. Ce pacte sur la différence de chacun scelle d’ailleurs l’union finale entre le prince et Cendrillon. Dans la « Reine des neiges », les défauts se révèlent être des qualités, et les qualités dissimulent d’énormes défauts. Univers d’adultes aigris. La relation est hermétique entre bon et mauvais, et en plus le bon a l’air du mauvais et le mauvais a l’air du bon.

Les deux vilaines et leur maman

Les deux vilaines et leur maman

Dans Cendrillon 2015, la jouissive caricature du mal est dépassée par les statuts de chacun qui ne sont pas respectés. Le prince est apprenti, la princesse n’en est pas une, la belle-mère usurpe la place de la mère, et ce jeu de chaises musicales prend tout son sens à la fin quand on comprend que derrière les positions sociales, se cachent des humains qui font des choix moraux pour obtenir la place qu’ils méritent, ou bien pour la perdre. Ainsi, Cendrillon 2015 croit encore au mariage d’amour et le défend tandis que la « Reine des neiges » sombre dans la désillusion. En ne lâchant jamais le beau, même à travers les épreuves, Cendrillon 2015 aboutit… au moment où la « Reine des neiges » en travaillant à partir du laid ne réussit pas à conclure.

 

Pourquoi a-t-on besoin de beau et de princesses

Le mariage c’est une éducation, pas un bouillon d’égocentrisme qu’on tente de rattraper à 30 ans. Cendrillon 2015 assure l’éducation des enfants qui le regarderont. La « Reine des neiges » part de l’idée que l’égocentrisme est vainqueur dans notre société et qu’il faut faire avec. Or si les petites filles ne veulent pas comprendre qu’elles doivent surtout arrêter de se prendre pour le centre du monde, elles et leurs sentiments, j’ai bien peur qu’il leur soit impossible de construire une relation constructive avec un partenaire. Telle est la sagesse des contes « >

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Un commentaire

  1. Commentaire de kasimar:

    Mais je me demande s’il ne faudrait pas voir la différence en l’autre avant d’aimer plutôt que l’inverse

    C’est aussi ce que je me dis. Pour un mariage réussi et sans mauvaises surprises, il vaut effectivement mieux connaître un maximum la personne que l’on aime. Sachant les hypocrites qui courent les rues, c’est même une prudente précaution

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