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Antiféminisme Aimeles

Eugénie Bastier, exemple d’« Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises féministes »

Publié le 20 juin 2017 par Léonidas Durandal à 20 h 14 min

Il serait facile de prendre l’exemple d’une féministe incohérente ou/et caricaturale pour juger du négatif de l’idéologie qu’elle défend. Mais cela ne prouverait rien. Pour bien montrer qu’il n’y a pas de bonnes et de mauvaises féministes, mais qu’elle sont toutes mauvaises, il faudra se pencher sur le cas d’une femme sceptique face au mouvement féministe, intelligente, cultivée, ancrée dans sa modernité, pourquoi pas jeune et jolie. Si cette femme là ne réussit pas à sauver le féminisme, alors qui le pourra ?

J’ai longtemps hésité à voir en Marion Maréchal l’une de celles-là. Cependant, je considère aujourd’hui qu’elle ne peut plus être définie comme strictement féministe puisqu’en pleine gloire, elle vient de quitter la politique pour s’occuper d’abord de sa famille. Ainsi, il m’est apparu que cette femme assumait sa lutte intérieure contre le mal. Et en venant de remporter une victoire contre lui, nous montrait qu’elle pouvait incarner, au moins pour partie, une forme d’antiféminisme.

Cependant, je n’ai pas abandonné mes recherches et j’ai trouvé l’oiseau rare en la personne d’Eugénie Bastié, nouvelle égérie de droite, journaliste, femme ouverte, mesurée, active sur les réseaux sociaux et suivie, acceptée par les milieux de gauche pour mieux être combattue, qui a la prétention de s’intéresser à la quintessence du débat idéologique, celui de la pensée et de la culture. Celle-là, défend même une forme de masculinité à travers son engagement dans la revue « Limite » dont le concept idéologique intrinsèque est à lier à l’autorité du pater familias, celui qui dit « non ».

Dernièrement, elle est venue apporter la contradiction à ses détracteurs dans un média institutionnel subventionné, donc de gauche, qui est France Inter. Ainsi, n’étant pas en terrain favorable, elle a dû développer sa dialectique avec clarté et persévérance et aller au fond de sa pensée. A partir de là, il m’a été possible d’en saisir les nuances et de vous brosser le portrait d’une féministe critique mais dont le combat, malgré sa pertinence, échouera.

 

Le féminisme est-il réformable ?

Tout d’abord, comme nombre de femmes actuellement sceptiques quant au féminisme, elle pense que le combat a été détourné de ses bonnes intentions, et qu’il ne reste plus en lui que contradictions qu’elle se ferait honneur de tenter de résoudre. Or c’est nier que les idéologies progressent selon des processus ontologiques et philologiques qui devaient les mener là où elles en sont.

Son raisonnement, trop féminin, exclue toute logique interne au féminisme pour ne conserver que des explications partielles qui en vérité n’ont pour objectif que de défendre la croyance en une lutte légitime pour le droit des femmes. Le droit des femmes ? Celui-là n’est qu’un sous produit des droits de l’homme, cet humanisme qui tourne en rond sur lui-même, incapable de se donner un objectif fixe parce que centré sur des humains aux désirs changeants. Voilà d’ailleurs la raison pour laquelle le rapport de force féministe possède une logique si peu identifiable en surface. Eugénie Bastié le reconnaît. Le féminisme aujourd’hui est tout aussi bien libéral, que puritain, que communiste. Cependant, elle n’identifie pas la mécanique interne qui le conduit, et qui elle est d’une cohérence implacable, celle du mal.

La frontière du mal pour Eugénie Bastié passe en chacun de nous. Elle reprend en cela la théologie catholique. Cependant, elle commet un abus. Si l’Église pousse chacun à s’interroger sur le mal qu’il commet, Elle définit aussi des structures de péchés et des cultures de mort. Ainsi, des idéologies sont considérées comme intrinsèquement mauvaises par notre Eglise. Le féminisme n’en fait pas encore partie, mais je ne désespère pas qu’il le soit bientôt. Cependant, cela n’empêche. Qu’il puisse l’être, suffit à devoir l’envisager comme possiblement corrompu. Si des personnes féministes, ne sont pas entièrement corrompues, s’il reste toujours en elles un appel à la conversion, le féminisme par contre peut représenter chez celles-là une aspiration totale et définitive au mal avec lequel la discussion serait inutile.

Là encore, le raisonnement d’Eugénie Bastié n’est pas celui d’une femme soumise au logos, mais qui désire au contraire ménager les personnes en ménageant les implications de leurs choix idéologiques. Elle rejette ainsi « la vision binaire du monde », le « bien le mal » selon ses propres expressions, parce que “la frontière du mal passerait à l’intérieur de tous”. Elle veut “construire des ponts”, chercher à rester dans le débat pour progresser dans la vérité. Ici, elle assimile l’existence du bien et du mal à une forme de simplisme qui n’aurait pas cours dans une pensée “>

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3 Commentaires

  1. Commentaire de Lou:

    Je suis pratiquement sure d’avoir entendu de sa bouche “je ne suis pas féministe” dans une interview

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Tout respire en elle l’antiféminisme, et il faut pourtant qu’elle se la joue féministe. J’ai ma théorie sur le sujet, mais en attendant, ça ne fait pas trop avancer le problème : elle nourrit la confusion parce qu’elle n’est pas claire avec elle-même.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Natacha Polony : «Éloge de la virilité»” Figaro du 20/10/2017.

    “La France de Rostand n’est pas celle de Weinstein”, Figaro du 20/10/2017.

    ” Le problème n’est pas dans le fait que des femmes clament enfin leur colère de se voir traitées comme de la viande par des goujats plus ou moins puissants et plus ou moins entreprenants. “

    C’est pourtant une grosse partie du problème. Dans aucun des cas cités, il n’y a eu viol. Par contre, il y a bien une chasse aux sorcières effective et une criminalisation des comportements impolis. Le problème ne concerne pas du tout les hommes contrairement à ce qu’évoque ces deux articles, mais plutôt les femmes afin que :

    “Hollywood : « Que ton oui soit oui, que ton non soit non »”, homme libre du 21/10/2017.

    Mais le féminisme réussit à faire prendre les conséquences d’un problème pour sa cause, même chez celles qui doutent du féminisme.

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