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Antiféminisme Aimeles

“Histoire du premier sexe”, André Rauch, (2000-2004)

Publié le 4 octobre 2014 par Léonidas Durandal à 21 h 44 min

Que penseriez-vous d’un livre qui voudrait retracer l’histoire des hommes mais qui entérinerait le concept de domination patriarcale, l’éducation sexuelle des garçons par l’Etat, la mixité en forme d’échec scolaire pour les garçons, qui serait pro-féministe, et attentif au genre en ce qu’il détruit le concept même de masculinité ?

Vous vous diriez certainement que cette personne a un sérieux problème conceptuel et vous n’auriez pas tort.

“Histoire du premier sexe” tente de retracer le vécu de l’homme français depuis 1789. L’auteur s’est attaché à trouver force références pour appuyer son propos. Il a mené un travail soutenu de rat de bibliothèque universitaire comme aurait dit un de mes professeurs d’université, et le voyage qu’il nous propose n’est pas si désagréable que cela. Cependant enfoncé dans une vision féministe de l’histoire, André Rauch n’a pas su articuler son propos. Dans son livre, les changements de culture masculine y surviennent sans qu’on ne sache bien pourquoi. Et les évolutions probables de notre société sont observées à l’aune d’une idéologie de “droits de l’homme” qui devrait nous rendre heureux. Pourquoi ? Je ne vois pas bien quel est l’espoir qui appuie sa croyance et comment il peut en arriver à un tel optimisme à la fin de son livre. En vérité, si les événements historiques peuvent expliquer bien des comportements masculins depuis 1789, nos choix collectifs et la volonté de féminisation en France concourent également à un processus de déstructuration du concept de masculinité. Si ce concept a fluctué au cours de âges, André Rauch n’est pas capable, non plus d’en discerner les invariants.

(Dans les années 60), L’enseignement scolaire promet aux garçons et aux filles la communauté des savoirs, l’égalité des rôles, le partage équitable des valeurs et des positions” (p426)

andre rauch

Méthode descriptive ou positiviste ?

Faisant mine d’exposer des vérités à travers des faits divers et des romans à succès, André Rauch ne renonce pas pour autant à donner son opinion entre les lignes, en sélectionnant les faits, en les déformant au gré de son idéologie féminisée. Ainsi, par la suite, je vais retranscrire des phrases qui sont censées être symboliques de toute une époque dans l’esprit de l’auteur, mais qui sont surtout relatives à sa propre pensée. Les deux se confondent chez l’auteur. Or dans une volonté de description neutre, il aurait fallu qu’il s’abstienne de s’essayer à développer certains concepts (domination patriarcale, libération sexuelle…) sauf à les justifier, ce qu’il fait trop souvent de manière superficielle. André Rauch préfère se parer de l’aura de l’historien érudit abordant le grand thème de la masculinité tout en se réservant le droit d’exprimer un point de vue scientifique contestable. Cette tension entre neutralité et féminisme sous-jacent, n’est jamais résolue et forme un traquenard intellectuel pour le lecteur non averti. Ce procédé est malhonnête. Il piège le lecteur désireux de s’informer en l’enfermant dans une vision particulière de l’histoire et qui ne dit pas son nom (féminisme). Quant au lecteur homme qui voudrait accéder à son histoire, il le trahit en utilisant la trame féministe.

Description d’un mouvement cyclique et croyance simultanée en l’évolution.

Au sortir de la Révolution, nos chers coupeurs de têtes ont la volonté de s’affirmer virilement face à une monarchie jugée déclinante car féminisée. Progressivement, leur culpabilité et leur perméabilité aux femmes reprendra le dessus. Le traumatisme de la guerre de 14-18 accélèrera le mouvement. De nos jours, ce processus semble être arrivé à son terme avec l’invention du concept de genre. Loin de vivre une nouveauté telle qu’il nous la décrit, André Rauch dresse plutôt le portrait malgré lui d’une histoire à mouvement cyclique où réaffirmation de la masculinité, culpabilité, abattement des hommes, féminisation, et révolution masculine, se succéderaient invariablement. Ainsi, s’il travaille avec la fin de l’histoire en arrière plan conceptuel, André Rauch développe pourtant une vision orientale et circulaire des évolutions de l’humanité. Espérance de fin des temps christique et mouvement cyclique n’arrivent donc pas à s’accorder chez lui. Autre faille conceptuelle.

 

Des impressions sentimentales.

Le plus criant dans le récit d’André Rauch est le manque de travail statistique et l’omniprésence de la stylistique pour toute description de l’identité masculine. Les impressions se succèdent sans que le lecteur puisse dégager une conception claire de la masculinité selon les époque et “>

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14 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Il lance une alerte à la bombe pour que sa partenaire sexuelle ne rate pas l’avion”, Le Point du 24/05/2015/

    Un homme, normalement garant de la loi, panique parce que sa petite chérie n’aura pas ce qu’elle veut. Il perturbe le fonctionnement de toute la société pour la satisfaire, persuadé d’être dans son bon droit. Si ce n’est pas de la perméabilité au sexe faible ça…

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Lettre de Dostoïevski à sa femme : « Envoie-moi d’urgence de l’argent pour partir »”, Rue89 du 23/11/2014

    L’exemple pitoyable d’un homme bourgeois malmené financièrement par sa femme (pour de bonnes raisons)

  3. Commentaire de Nazdaq:

    Le féminisme plus fort que le respect de la communauté juive! Le retour du nazisme!Le féminisme, meilleure et nouvelle couverture de l’antisémitisme! Julien Aubert condamné en sanction immédiate pour une seule erreur de grammaire subit une retenue de salaire de 1300 euros alors que:Philippe Le Ray imite la poule pour moquer une députée : aucune sanction!Pierre Charon pour sa sortie indigne sur Jouanno ne risquera rien!2 poids 2 mesures! Le féminisme permet tout!

  4. Commentaire de Demonanar:

    Effectivement, ils commencent à comprendre puisqu’ils se sentent concernés pour la première fois de leur existence. Là où le féminisme dans son aspect rudimentaire englobait une faible portion de victimes, la négligence populaire lui a permis d’orchestrer son expansion et d’élargir son cercle de victimes à mesure qu’il s’amplifiait. Désormais, ne pas voir relèverait du dénie. Quant à ce monsieur Rauch, disons qu’il m’embarrasse…Etre aussi naïf à son âge est bien la preuve qu’il n’est pas fait pour penser.

  5. Commentaire de ALLINE:

    Je crois que vous avez raison. Ils commencent JUSTE à comprendre. Je vois que dans mon propre réseau d’amis, les hommes sont passés du déni à l’écoute et pour certains à l’approbation. Espérons que la prise de conscience générale ne sera pas trop tardive…

  6. Commentaire de ALLINE:

    Une video très intéressante de l’excellent Yann Carrière sur la volonté de déconstruction orchestrée du masculin.J’imagine que vous l’avez vue Léonidas ?http://www.youtube.com/watch?v=dCghT14kTdc

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Oui, elle est sur mon site (aimeles.fr) depuis qu’elle est sortie, et avec toutes les autres que j’ai jugé utile de rajouter sur le sujet pour faire un dossier complet : http://www.aimeles.net/5bconfu.html (oups, je viens de m’apercevoir que celle que j’avais mise en lien a été supprimée !)

      je me demande d’ailleurs pourquoi cette vidéo ressort en ce moment. Comme si les gens commençaient juste à comprendre. Je l’avais déjà trouvé édifiante au moment de sa publication. A noter que Yann Carrière a été bien attaqué à l’époque par les homosexualistes, qui, ne pouvant contester son discours, ont affirmé que c’était un psy de pacotille. Bravo le niveau des attaques, comme d’habitude. Pour eux, les arguments, ça ne peut être utilisé que par des gens qu’ils reconnaissent, preuve que leur capacité réflexive est souvent limitée à un potentiel de dénigrement envers ceux qui ne servent pas leurs intérêts immédiats.

  7. Commentaire de kasimar:

    Si j’en ai parlé effectivement c’est que j’ai jugé utile de présenter des auteurs  comme Rauch, Pölony ou encore Badinter et leurs bouquins respectifs : “L’identité masculine à l’ombre des femmes” , “l’homme est l’avenir de la femme” “fausse route” et “XY de l’identité masculine ” afin de faire ouvrir les yeux à des adversaires ou des gens qui ne rejoignent pas forcément nos points de vue. Et Dieu Sait que je ne suis pas toujours d’accord avec ces trois là. D’ailleurs ces trois personnes bien que dénonçant des conséquences liées directement ou pas au féminisme, ont un point commun, l’un que vous avez très bien décrit dans ce billet, l’une est en désaccord avec les psys sur la symbiose mère-enfant et l’autre qui dit que l’instinct maternel n’existe pas. Là dessus je ne suis absolument pas d’accord, mais je ne développerais pas ici mon point de vue, par manque de temps et que ce n’est pas le but.Voici le secret de ma stratégie 🙂 Pour mes lectures personnelles j’en suis à Soral, Zemmour et Schneider. Je compte bien attaquer du Rousseau ou du Céline un jour 😉 

  8. Commentaire de alexandre:

    A l’opposé de la vision d’André rauch, le dernier billet d’humeur de Papacito: http://fdpdelamode.com/

  9. Commentaire de kasimar:

    Ainsi vous avez vous-aussi lu le livre ? J’ai lu le dernier tome il y a presque un an (le premier j’ai d’autres priorités de lectures avant de le dévorer )et j’ai senti rien que dans son résumé la position faussement neutre de l’auteur. Le mérite de ce bouquin- car soyons honnête tout n’est pas à jeter loin de là – est d’éclairer quelque peu le quidam sur l’Histoire et le déclin de la virilité. Et il faut reconnaître qu’effectivement la Grande Guerre a joué un rôle dans la dévirilisation. Ce qui rejoint le point de vue de Zemmour et d’autres. C’est d’ailleurs depuis cette époque que la chute de la virilité, l’ “émancipation” des femmes a commencé à prendre une tournure un peu plus significative.C’est le lecteur averti ou pas qui doit avoir l’esprit suffisamment critique pour ne pas se laisser emporter par un idéal ou un autre. (on en a tous). Donc quoique l’on dise de cet auteur, rares sont ceux de sa trempe qui arriveront à reconnaître l’évidente chute de la virilité en Occident.

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      J’ai lu ce livre parce que vous en avez parlé à plusieurs reprises. Il y a bien une chute de la virilité en occident. S’il l’a identifiée, le problème est que cet auteur ne la trouve pas forcément négative. Et ça, c’est vraiment un problème en ce qui me concerne. Continuez à me parler de vos lectures et ne soyez pas offusqué que je les aborde sous un autre angle ou que je vous contredise. Nous n’aurons pas toujours les mêmes points de vue et c’est tant mieux, ceci d’autant plus que l’idéologie antiféministe est en train de se construire et qu’elle doit se trouver une cohérence. Je ne suis pas ici pour prouver que j’ai toujours raison mais pour chercher la Vérité. Faîtes de même et nous saurons bien nous respecter.

  10. Commentaire de observateur:

    La lecture de votre article est intéressante comme d’habitude.

    Juste une suggestion:
    Est ce que nous ne devrions par remplacer le mot féminisme par le mot gynocentrisme?

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Non parce que :

      Pour l’instant, nous n’avons pas la force politique d’imposer un néologisme aussi éloigné du langage des gens.
      L’obligation qui nous est faite de ne pas critiquer le féminisme constitue justement le moyen de nous enfermer idéologiquement. Utiliser un langage détourné n’empêchera pas nos adversaires de nous ostraciser.
      Il faudra passer à un autre mot vraiment significatif comme gynocentrisme quand cette idéologie mortifère aura abandonné le terme de féminisme. L’identification du gynocentrisme au féminisme est pour l’instant une chance pour nous. Le loup est sorti du bois politique. Entièrement caché, ce serait plus difficile.

      Acceptons enfin l’affrontement.

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