Accueil » Art » (Série TV) La paternité déchue dans Angel
Antiféminisme Aimeles

(Série TV) La paternité déchue dans Angel

Publié le 20 avril 2016 par Léonidas Durandal à 16 h 11 min

“Angel” a été créée par Joss Whedon et David Greenwalt au début des années 2000. Série télévisée de 5 saisons, elle reprend l’univers de “Buffy contre les vampires” dont elle est issue, tout en cultivant ses propres codes. D’esprit athée, féministe, multiculturaliste, progressiste, bourrée d’ésotérisme, la réflexion de Fabrice Hadjaj concernant le futurisme passéiste de Star Wars pourrait tout autant lui être appliqué. “Angel” est le regret d’une autre époque, non une série de science fiction. C’est aussi la nostalgie d’un monde qui avait du sens, qui n’en a plus, et qui cherche à le retrouver en redéfinissant clairement les frontières du bien et du mal. La forme se veut païenne, le fond en est souvent catholique (sacrificel…).

Pour échapper aux caricatures morales, Joss Whedon et David Greenwalt partent de personnages bien campés dans le médiéval fantastique, la sorcière, le vampire, le démon, auxquels ils rajoutent une épaisseur humaine particulière en les plongeant dans un monde moderne où ils se frottent à des scientifiques, avocats, policiers. Le mélange confronte nos héros à des situations complexes qui les laisse dans l’expectative avant qu’ils ne prennent des décisions tranchées.

Plus tonique dans la réalisation, plus masculin dans le scénario, David Greenwalt quittera l’équipe à la fin de la saison 3 mais reviendra le temps de quelques épisodes. Joss Whedon poursuivra le travail, et s’il continuera à donner de la profondeur à ses personnages et aux scénarios, l’univers de la série s’étiolera un peu. Cependant, en se lâchant complètement, l’équipe réussira à produire en deuxième partie de la dernière saison, des épisodes d’anthologie.

Le sujet qui nous intéresse chevauche la saison 3 et 4, entre le départ de David Greenwalt et la poursuite par Joss Whedon seul. Autant dire que distinguer les lignes directrices de chacun en matière de paternité en a été rendu d’autant plus difficile que leurs visions étaient complémentaires, et que de nombreux autres scénaristes sont intervenus sur le sujet. Disons que tant que David Greenwalt participe, les conflits violents entre père et fils semblent pouvoir connaître une issue favorable. Par contre, Joss Whedon victime du divorce de ses parents dans sa jeunesse, est beaucoup plus désespéré sur un sujet qu’il connaît bien. Dans sa conception, le fils ne retrouvera le sens de sa vie qu’en oubliant son passé et en revenant au sein d’une famille stable. Nous verrons cela par la suite. Pour l’instant et avant de reprendre l’histoire de la filiation du fils d’Angel, je voudrais souligner à quel point il est intéressant d’étudier le travail de ce scénariste même s’il est à ce point opposé à mes idées. Vous pouvez être pourri d’utopies, le talent et le travail vous rapprocheront immanquablement de la vérité. Voilà ce qui est arrivé à Joss Whedon. Même s’il n’a certainement pas abandonné sa naïve idée du multiculturalisme, sa manière puérile de voir le lesbianisme, son manque de religiosité, sa vénération exagérée des fortes femmes, il a dû s’interroger sur le sens de son existence pour pondre des scénarios intéressants. Il en ressort une vision complexe de la paternité, parfois même prophétique sur la filiation. Joss Whedon adulé par les féministes a rejeté loin de lui ce qualificatif et en a subi de nombreux reproches. S’il évoque souvent sa mère à travers des personnages de femmes omnipotentes, le revers de cette idolâtrie l’a poussé à un questionnement sur sa propre masculinité. Voilà ce qui nous intéresse ici. Fils, pères, familles brisées s’entremêlent dans un ballet violent. La réalité de notre modernité affleure et peut nous permettre d’avancer pour mieux comprendre notre société féministe.

Pour bien apprécier la justesse des propos des scénaristes, il faudra aussi passer sur leur vision de femmes qui se défendent à coup de poings à l’égal des hommes. La force des femmes aurait pu être illustrée autrement que par la violence physique même si celle-ci n’est pas absente pour l’enfant soumis à sa mère, pour les petits en général. Par contre comparer cette force à celle des hommes est ridicule et irréaliste. Et imaginer que la gestion des conflits humains puissent se faire par cette forme de violence est tout aussi absurde. La société nous empêche d’en user. Si les petits/ les faibles sont en position d’être violentés dans nos sociétés, c’est bien souvent psychologiquement. L’usage de la violence physique ne peut donc être l’allégorie pauvre que d’une autre violence, qui est psychologique. La métaphore magique, largement reprise dans Angel est déjà plus proche du pouvoir féminin que ne l’est l’utilisation des poings (voir la faction des Bene Guesserit dans “>

Lire la suite

Abonnez-vous

Puis validez votre inscription dans votre boîte courrielle

Un commentaire

  1. Commentaire de gastirad39:

    Fête des Cons

    Dimanche 19 Juin, n’oubliez pas de fêter les Cons de votre entourage !

    C’est en effet le jour de leur fêêête ! C’est le moment de féliciter tous ces mecs devenus papas, plus ou moins malgré eux dans nos sociétés féministes avancées.

    Le moment de leur rappeler qu’en procréant, ils ont abdiqué tout droit sur leur progéniture, au sein d’une Femmille où ils ne sont plus rien.  L’heureux jour de la naissance de leur rejeton ou de leur rejetonne,  ils se sont engagés à travailler à vie pour leur descendance :

    -à financer sa vie, même au delà de  35 ans s’il poursuit ses études ou s’il- elle est handicapée. Par contre le père n’a aucun droit de correction (la fessée quelle horreur, surtout administrée par un mec). Seuls les reproches polis sont de mise.

    – à soutenir leur mère, sans aucune contrepartie. Ils doivent même oublier  qu’ils n’ont pas le droit de vérifier si cette descendance est bien la leur et qu’en fait seule la parole de la mère compte sur ce sujet.

    – à  garantir l’indépendance de toutes et tous. Et d’abord de leur épouse qui de toute façon ne leur doit rien. Bien entendu, les enfants ont des droits garantis par l’Etat Féministe et leur père n’a que des devoirs.

    -à adorer la Mère de ses enfants  quelque soit son attitude. Elle a le droit de l’humilier par des mensonges mêmes publics, de le jeter en prison par de fausses plaintes (violences conjugales), de le priver de ses enfants tout en percevant son argent …

    J’en passe et j’en oublie…

    Donc Dimanche prochain, n’oublions pas de rappeler aux CONS leurs engagements et aussi de courber l’échine devant l’Etre Supérieur qui a su les maintenir dans la Servitude : LA FEMME !

     

    Et que les CONS n’oublient pas ! Ils doivent paraître Cons Plaisants, Cons Tribuables, Cons Currents et surtout Cons Tents !

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    Abonnez-vous

    Puis validez votre inscription dans votre boîte courrielle