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Profils de tueurs en série : de la décomposition familiale au terrorisme

Publié le 29 avril 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

Tous ceux qu’on nous présentent comme terroristes ont un point commun : non pas leurs croyances. Mais leur vécu familial.

James Alex Fields jr

Le 12 août 2017, durant une manifestation progressiste à Charlottesville (Virginie, USA), ayant pour objet de déboulonner la statue du général Lee, héros de la guerre de sécession, James Alex Fields junior écrase avec sa voiture 35 personnes, faisant 19 blessés sévères dont une femme qui mourra des suites de ses blessures. 

 

Familialement : élevé par une femme seule tandis que son père est mort renversé par un chauffard alcoolisé durant la grossesse de sa mère.

 

Socialement : ce jeune homme est décrit comme calme par son entourage. Inséré socialement, travailleur pauvre, il louait ses services à une société de sécurité avant l’incident. Sa mère affirme même qu’il avait un ami noir tandis qu’il était attiré par les idées racialistes. 

 

Psychologiquement : a souffert de l’absence de son père. A dû prendre des psychotropes. Fragile, sa situation familiale ne l’a pas renforcé, au contraire. Le fait qu’il ait agi à l’image de celui qui avait tué son père, montre qu’il a voulu prendre une sorte de revanche sur le sort, et que tout au moins cet événement explique pour partie son acte. 

 

Explication : le général Lee, homme reconnu dans les deux camps durant la guerre de sécession, était certainement une figure paternelle pour James Alex Fields jr. S’attaquer à sa statue, c’était comme s’attaquer à son père mort, un homme probablement de la droite sudiste. Il n’a pas supporté ce traitement. Sa mémoire profanée, confondue avec son histoire personnelle, l’a fait réagir avec violence. 

 

 

 Hasna Aït Boulahcen

J’avais écrit que je ne retracerai plus le vécu familial des terroristes qui sévissent en France depuis 1-2 ans car je prévoyais que les attaques allaient se multiplier et que ces garçons auraient tous le même profil. Cependant je fais une exception avec Hasna Aït Boulahcen car c’est la première femme kamikaze et qu’il m’a semblé intéressant d’éclairer son cas.

Hasna Aït Boulahcen

Le mercredi 18 novembre 2015, suite aux attentats meurtriers du 13 novembre qui ont fait 129 morts sur Paris, les policiers du Raid entrent dans un squat où sont logés certains des coupables. Ils trouvent Hasna Aït Boulahcen âgée de 26 ans qui participe à l’action terroriste. Elle meurt après un bref échange avec les forces de l’ordre. Les officiels tentent de minimiser sa responsabilité en changeant régulièrement de version pour éviter d’en faire une « martyre » de l’Islam. Il propagent d’abord l’idée qu’elle n’aurait pas actionné le mécanisme qui l’a faite sauter, puis qu’elle n’aurait même pas porté de bombe. De toutes les manières, dans le cas où elle présentait un danger et où les policiers l’auraient abattue, elle s’est bien faite kamikaze puisqu’elle savait ce qui l’attendait. Elle n’était pas non plus là par hasard.

 

Familialement : issue d’une famille décomposée, elle est placée à l’âge de 8 ans. L’écart croissant de croyance entre sa famille d’accueil et l’Islam pratiqué par son père grandissant, elle part fâchée de chez ces premiers à 15 ans. Sa famille d’accueil la considère alors comme « perdue ». Elle va retrouver son père de temps en temps en Moselle.

 

Socialement : fêtarde, excentrique, buveuse, fumeuse, elle adopte un look original (cowboy) et vit de trafics de drogue en bande (proche des islamistes) jusqu’il y a 6 mois de cela, où elle se radicalise brutalement. Elle porte désormais le niqab et veut suivre partout sa nouvelle famille salafiste quitte à envisager un départ pour la Syrie. Finalement, elle préférera la servir en participant à des attentats sur le sol français.

 

Psychologiquement : produit de divers conflits de loyauté entre sa famille d’accueil et sa famille naturelle, son père et sa mère, la France et le pays de son père (le Maroc), Hasna n’a pas su résister intérieurement. Elle s’est fabriquée une identité imaginaire à la Calimity Jane jusqu’à retrouver une forme de cohérence et un sauf conduit dans la religion de son père. Elle aimait ce dernier plus que tout et a voulu le réhabiliter et se réhabiliter à travers son action. Sa nouvelle famille (elle appelle Abdelhamid Abaaoud son cousin, stable) l’a protégée du monde extérieur menteur. Jeune, elle se pensait victime des attaques du diable. Elle l’était bien.

 

Explications : Hasna Aït Boulahcem se sera rachetée une moralité en s’opposant de plein fouet à la France, une France qui se sera mise moralement en faute en allant faire la guerre en Syrie et en Libye. Elle aura ainsi réglé le conflit qui l’opposait à sa société d’accueil, à sa famille, à son environnement de banlieusards qui la méprisait. Aujourd’hui, à n’en pas douter, elle est devenue une héroïne pour toute une génération de pratiquantes et ne manquera pas de faire des émules auprès de jeunes femmes victimes du discours féministe de notre société.

 

Chris Harper-Mercer, le tueur de l’Oregon.

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Le 1er octobre 2015, Chris Harper-Mercer âgé de 26 ans, entre dans un campus de l’Oregon, demande à une classe d’étudiants ceux qui sont chrétiens et ceux qui ne le sont pas. Il loge alors une balle dans la tête des premiers et tire dans les jambes des seconds. Il abat 9 personnes, il en blesse 9 autres avant de mourir dans des circonstances à préciser, certainement en se suicidant.

Familialement : issu d’une famille décomposée, ses parents ont divorcé et il avait également une demi-soeur. Il n’avait plus de contacts avec son père et entretenait une relation trouble avec sa mère, celle-ci l’appelant par exemple « Mon bébé » à l’âge de 26 ans.

 

Socialement : distant, inamical, gêné, il vivait sur internet. Il suivait sa mère lors de ses déménagements. Il a fréquenté un lycée pour adolescents émotionnellement fragiles, établissement composé principalement d’enfants vivant avec un seul de leurs parents.

 

Psychologiquement : enfermé dans une relation incestueuse avec sa mère. Il voulait investir le monde « pour rendre les gens heureux », mais n’en avait pas les moyens. « L’extérieur » le heurtait. Dans ses profils sur internet, il mettait en avant sa spiritualité, mais une spiritualité opposée au Christianisme. Il est à penser que cette religion ait représenté pour lui une sorte de « point d’ancrage » fort contre lequel s’affronter pour grandir.  Son père était absent, il a mis à l’épreuve Dieu. A rapprocher de Brice Bernard en France qui lui, plus proche d’une guérison, avait demandé l’intercession du Christ pour se sortir de l’inceste.

Autre particularité, sa relation amicale avec sa soeur. Ils ont vécu les mêmes épreuves dans la même famille, ou presque, et cela les a rapprochés. Ce soutien n’aura pas suffis à lui faire voir plus clair dans sa vie.

 

Explication : Chris Harper-Mercer a voulu devenir connu à défaut d’avoir été reconnu. Il a voulu affirmer qu’il était vivant en éliminant des innocents. Enfermé dans sa relation avec sa mère, immature, les notions de bien et de mal n’existaient pas pour lui. Ne comprenant pas que le monde ne l’aime pas comme sa mère, ne pouvant lui-même enfanter pour donner son trop plein d’amour (pervers), ne sachant construire autrement, il a décidé de détruire, de haïr. Il est à penser que chez lui, ces deux notions de haine et d’amour se confondaient également comme celle de bien et de mal.

Ironie de l’histoire, l’Etat de l’Oregon dans lequel Chris Harper-Mercer a commis son forfait a légalisé le jour même l’usage récréatif de marijuana. Les journalistes n’ont pas fait le rapprochement. Encore une fois, ils ne se sont posés la question que de la libre circulation des armes aux USA. Evidemment pour eux, la drogue est préférable aux armes puisqu’elle permet de se détruire individuellement sans faire trop de vagues dans le reste de la société.

 

 

Frères Kouachi :

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Le 7 janvier 2015, à 34 et 36 ans au moment des faits, ils entrent dans les locaux de Charlie Hebdo et déciment l’équipe de rédaction. 12 personnes sont assassinées en tout, journalistes, policiers, personnel compris. Ils sont rattrapés au bout de 3 jours et meurent les armes à la main.

 

Familialement : fratrie de 4 individus, leur père décède tôt. Leur mère meurt un peu plus tard en 1995 alors que les deux frères Kouachi sont déjà placés à l’assistance publique.

 

 Socialement : malgré des talents certains, aucun des deux frères n’est capable psychologiquement de suivre jusqu’au bout un parcours scolaire exigent. Le plus gros diplôme que l’un d’entre eux décrochera, sera un BEP hôtellerie. Vivant d’ennui et de petits boulots, l’Islam radical devient leur seul point d’ancrage dans la vie.

 

Psychologiquement : en insécurité affective complète dès leur plus tendre enfance (mère défaillante) ayant certainement eu un modèle de père corrompu, la violence et le soutien entre frères, puis entre frères mohamétans devient leur seule logique de vie.

 

Explication : le cocktail explosif occidental par excellence. Haine de l’autochtone, ici le « Gaulois », famille traditionnelle incapable de survivre dans la modernité individualiste, ascendants dévalorisés, vécu incohérent, misérable, haineux, violent, et l’Islam pour toute forme d’explication rationnelle à des pulsions déviantes. Les choix des gouvernements français aussi bien en termes de politique extérieure (déstabilisation du moyen-orient) que de réformes institutionnelles récentes (mariage pour tous) ou de liberté d’expression (protection d’un Charlie Hebdo blasphémateur VS censure de tous les autres, dont certains prédicateurs islamiques sur internet ou dans les banlieues) sont vécues comme autant d’agressions personnelles dont ces individus sensibles sont incapables de supporter l’incohérence car elles les ramènent à l’hypocrisie d’un système de valeurs dont ils sont les perdants. L’Islam, sa logique et sa force assumée, deviennent alors une bouée de sauvetage qui leur évite le suicide spirituel et leur permet de retourner la violence familiale qu’ils ont subie, contre une société dont ils ne veulent/peuvent pas accepter les imperfections.

 

Amédy Coulibaly :

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A 32 ans, le 8 janvier 2015, il tue par derrière une policière municipale. Puis il prend le 9 janvier 2015 des consommateurs en otage dans une épicerie Cacher avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Bilan total, 5 morts.

Familialement : seul garçon d’une fratrie de 10 enfants, son père ne semble pas avoir été très présent. Il meurt durant un des séjours d’Amédy en prison. A noter la censure google certainement demandée par la famille Coulibaly et qui empêche d’avoir des informations plus complète sur le sujet.

Socialement : un emploi stable, une femme, un enfant, un petit diplôme de BEP. La vitrine parfaite d’un Mohamétan pratiquant et inséré. Cependant, Amédy Coulibaly a fait de nombreux allers-retours en prison avant, d’abord pour de la délinquance intéressée, ensuite à cause de son engagement dans le djihad. Haine de l’Etat français.

Psychologiquement : tendance pédophile qui s’explique par des failles au niveau du vécu familial.

Explication : personnalité influençable qui a suivi les individus les plus charismatiques du quartier pour compenser son besoin de reconnaissance abyssal. Mélange de suivisme et d’exaltation, Amédy Coulibaly n’aura pas agi sans intelligence formelle. Il faut voir dans son action celle d’un individu à la frontière de la perversion, du désordre social et de l’engagement religieux. Un mélange détonnant qui l’aura propulsé dans une sorte de réalité parallèle dont il aura joué pour se construire une image de super-héros.

 

Durant le mois de décembre 2014 – janvier 2015, 3 autres Mohamétans ont perpétré des assassinats spectaculaires au nom de leur foi en France. Ils possèdent des profils familiaux similaires à ceux que j’ai déjà décrits (rupture des parents, maladie mentale…). Etant donné la situation politique entre l’Occident et l’Orient, il me semble inutile de les rajouter à cette liste déjà trop longue. D’ici les semaines qui viennent, les crimes risquent de se multiplier, et les conséquences de la politique familiale catastrophique que nous avons menée depuis de nombreuses décennies vont passer au second plan parmi une population qui veut se nourrir d’évidences et d’émotions, mais surtout pas se remettre en question. Pour essayer de sensibiliser mes compatriotes, je ne publierai donc plus que les cas les plus extrêmes.

 

ZEHAF-BIBEAU Michael :
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Re-converti à l’Islam de manière radicale autour de 30-31 ans, il entend des voix et se croit poursuivi par Shaytan (diable). Le 22/10/2014, à 32 ans, il tue un militaire dans la rue, puis entre dans le Parlement canadien où il tirera pas moins de 30 fois avant d’être abattu par le chef de la sécurité.

 

Familialement : issu d’un mariage mixte entre une Canadienne et un riche homme d’affaire libanais d’origine lybienne. Ses parents divorcent quand il a l’âge de 17 ans. Converti à l’Islam, il reprend le nom de ses deux parents, passant de « Michael Joseph Hall » à « Michael Bibeau-Zehaf ».

 

Socialement : arrêté pour divers délits, dont l’usage de drogue. A partir du divorce de ses parents, il devient progressivement asocial, puis SDF.
Psychologiquement : parcours d’un schizophrène « normal ».
Explication : les journaux idiots diront de lui qu’il a eu une enfance privilégiée à cause de la richesse de ses parents (nydailynews). En vérité si le divorce de ses parents n’aura peut-être  pas été le déclencheur de sa schizophrénie, cette séparation l’aura bien enfoncé. Enfant sensible qui aurait eu besoin de stabilité, Michael Bibeau-Zehaf en aura été privé comme le montre son double nom et sa volonté d’en changer. Michael Bibeau-Zehaf était entre deux cultures, deux parents, deux identités, deux religions. Sa schizophrénie aura fini par lui faire perdre complètement le sens des réalités.

 

 

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ROULEAU-COUTURE Martin :

 

 

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Canadien de 25 ans au moment des faits, le 21/10/2014  il provoque volontairement un accident de la circulation qui tue un militaire et en blesse gravement un autre. Il appelle alors la police pour dire qu’il agit au nom du djihad et qu’il va tuer d’autres personnes. Il est abattu par les services de police.

 

Famille :

Les journalistes n’ont pas fait leur travail et certaines informations essentielles manquent. Ils parlent systématiquement du père, de la maison de son père, jamais de sa mère en tant que telle, comme si ce jeune qui habitait « chez ses parents » était issu d’une famille recomposée. Ce genre de détails n’en sont pas quand on veut comprendre les raisons d’une souffrance personnelle (Rapport unicef 2014).

Son double nom pointe du doigt une identité filiale fragile, ce que corrobore son profil psychologique (lien). Dans tous les cas, l’exemple qu’aura reçu Martin n’aura pas été suffisant pour qu’il réussisse sa vie familiale. Il aura divorcé de sa femme peu après la naissance de leur enfant, il y a 3 ans. Depuis, il voyait régulièrement sa progéniture, jusqu’à ce que sa mère le lui refuse sous prétexte qu’il se serait converti à l’Islam en avril 2013.
Socialement :

Il avait monté une entreprise de nettoyage mais avait fait faillite. Il vivait encore chez « ses parents ».  Au vu de son parcours, on peut supposer que ses résultats scolaires n’ont pas été formidables. Mais là encore, cette question ne semble pas vouloir intéresser nos journalistes.

Psychologiquement :

Souffrance identitaire dit le psychologue. Certainement, mais il serait plus intéressant d’en définir l’origine. Martin était un bon vivant comme le montre sa photo un peu plus haut, il s’intéressait à son enfant. S’il s’est radicalisé brutalement, il y a des raisons.
Explication :

Souffrant d’une perte d’identité à cause d’un modèle parental défaillant, Martin a raté ses études, puis il a raté son mariage, et enfin quand il a voulu se reconstruire une identité avec l’Islam, la mère de son enfant en a profité pour couper définitivement les liens avec lui, apparemment avec l’assentiment complet de la justice canadienne. Pour Martin, cela aura été la goutte d’eau de trop. Il ne pouvait plus supporter la société dans laquelle il vivait et qui l’ostracisait progressivement en toute bonne conscience. Il s’est donc attaqué aux signes de l’autorité au Canada.
Dans les journaux canadiens, qu’ils soient de langue anglaise ou française, Martin semble être devenu terroriste malgré une éducation parfaite. D’où l’absence presque totale de références précises quant au vécu familial de ce jeune dans les journaux, ou bien par exemple,  l’acceptation étrange de l’argument de la conversion à l’Islam pour qu’une mère soit autorisé à priver un père de voir son enfant. Pour l’occasion, la société canadienne, incapable de s’interroger sur elle même, aura mis l’Islam au centre de la question terroriste, oubliant qu’il s’agissait ici de la conversion d’un Canadien « de souche » qui n’aurait eu aucune raison d’agir ainsi s’il avait été heureux dans sa société.

 

 

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NEMMOUCHE Medhi :

 

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Franco-Algérien de 29 ans au moment des faits, il entre dans le musée juif de Bruxelles le 24 mai 2014, tire sur le gardien, les passants, et tue 4 personnes en tout. Il est arrêté le 30 mai 2014 lors d’un simple contrôle douanier.

Famille : né de père inconnu, on le retire de l’environnement de sa mère dès l’âge de 3 mois parce qu’elle est incapable de s’en occuper. « Elle aime avoir des enfants, mais elle les abandonne » selon les services sociaux. Le père de sa mère semble également absent de la famille. Ses soeurs nées d’un autre père sont toutes placées à l’assitance publique. Par la suite, il bénéficie du bon exemple d’une famille française stable psychologiquement et dont les deux fils sont devenus ingénieurs. Mais excédée par ses rebuffades, cette dernière le lâche à 16 ans juste avant sa première incarcération. A sa sortie de prison, le juge le confie à sa grand-mère. Il a 17 ans. Toujours aussi ingérable/incapable de supporter les autres, il dort parfois dans sa voiture. Il n’en demeurre pas moins intéssé par sa culture d’origine et demande même la circoncision.

 

Socialement : capable de faire preuve d’un comportement sociable quand les circonstances l’exigent, il aurait pu obtenir son bac professionnel s’il n’était pas tombé malade cette année là. Par la suite, attiré par le droit et les règles, il essaie de passer sa capacité. Manquant de persévérance, il sombrera dans la délinquance très rapidement.

 

Psychologiquement : instable affectivement, il recherche une autorité légitime, celle de ce père qu’il n’a pas connu. Il vit son abandon dans la culpabilité, comme beaucoup d’enfants qui ne connaissent pas leurs parents biologiques. Plutôt intelligent, il s’enfonce dans le non-sens et le mensonge. Le contact avec la religion aura été pour lui l’occasion d’acquérir des repères radicaux dans l’existence.

 

Explication :   Les lacunes dans sa filiation, en particulier paternelle (il prendra pour cible le père dans sa famille d’accueil), lui ont rendu difficile l’accès à toute forme de sociabilité pérenne. En général, les grand-parents rattrapent le coup quand leur petit fils a été sabordé par leur fille. Mais là, la famille manquait de repères masculins sur deux générations. Mehdi Nemmouche aurait pu se suicider, il a fini par s’attaquer à la société.

Pour être incarné dans son existence, pour trouver son âme, il devait acquérir une image paternelle inamovible quelque part. Il l’a trouvée dans la religion jusqu’à vouloir se confondre avec Dieu. Car la religion seule pouvait seule combler le manque d’amour dont il avait souffert. Mais Mehdi Nemmouche s’est approprié celle-ci de manière trop littérale, comme le font au début toutes les personnes qui ont souffert d’un manque de sens dans leur existence. Et avant de servir Dieu, il en a fait l’instrument de ses manques. Il ne Lui aura pas laissé le temps de le guérir. Une conversion à l’Eglise catholique et l’accueil de Jésus dans son coeur aurait pu accélérer ce processus de guerrison. Mais en prison, les seules véritables missionaires qu’il aura pu rencontrer étaient des intégristes salafistes.

A noter que les divers Jihad en Syrie ou en Lybie que nos gouvernements ont encouragé, nous soulagent de centaines de terroristes ayant le même profil familial que Mehdi Nemmouche et qui seraient, sinon, immanquablement passés à l’acte sur le territoire français.

 

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RODGER Elliot :

 

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Américain de 22 ans au moment des faits. Il planifie l’élimination de toutes ces femmes avec qui il n’a jamais pu avoir aucune relation sexuelle. Juste avant de passer à l’acte, il publie une vidéo où il explique son geste. Le 24 mai 2014 il part dans les rues de Santa Barbara, tire sur la foule, tue 6 personnes, en blesse 7 autres. On retrouvera trois cadavres de plus dans son appartement.

 

Famille : Riche. De « bonne famille ». D’origine anglaise. Famille mondialiste. Parents divorcés quand il avait 7 ans à cause d’un échec matériel. Il va chez sa mère parce qu’il peut y faire ce qu’il veut. Il s’enferme dans les jeux vidéos et le laisser-aller le plus complet. Sa mère l’invite à aller vers les autres sans succès. Son père travaille dans le cinéma comme assistant de production. Il se remarie avec une actrice qui joue dans une reality show en France. Le jeune Elliot reprochera à ses parents d’avoir fait passer leur carrière professionnelle avant lui. Après le drame, la famille d’Elliot reprochera aux USA sa législation laxiste sur les armes… Se déresponsabiliser sur les autres et en particulier sur la société, semble être une constante familiale.

 

Socialement : renfermé sur lui-même, inconnu à l’université, incapable de se constituer un groupe d’amis.

Psychologiquement : décrit comme ayant des troubles autistiques, syndrome d’Asperger (espèce de diagnostic médical qui semble relever plus d’un échec dans l’éducation que d’une vraie tare génétique).

 

Explication : d’autant plus centré sur lui que ses parents étaient centrés sur eux et sur leur carrière professionnelle, le jeune Elliot est devenu progressivement incapable d’assumer les difficultés inhérentes à une vie sociale et sentimentale normales. Il s’est vu exclu d’un monde dont il se croyait le roi durant son enfance. Trop materné par sa mère mais abandonné sentimentalement (ces deux positions n’étant pas du tout contradictoire et forment un type de maltraitance typiquement féminin), il n’a pas su s’intégrer au monde, ni gérer sa frustration sexuelle. Les femmes, en particulier belles, sont devenues l’objet de son ressentiment. Il n’a jamais pu comprendre qu’elles puissent se comporter différemment de sa mère. Il fantasmait cette dernière comme complètement désintéressée et ne voyait pas poursquoi ce ne serait pas comme cela avec les autres filles. Assez bel homme, il pensait devoir être riche pour accéder aux femmes.

Désir de vivre non canalisé par l’éducation et la société féminisée.

 

 

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KARL Rose :

 

 

Français de 19 ans au moment des faits, né en 1994. Le jeudi 25 avril 2013,  suite à une dispute avec son père, il descend dans la rue, tue 3 personnes et en blesse une 4ème grièvement avec une kalachnikov achetée sur internet qu’il avait réussi à remilitariser. S’apercevant subitement de la situation, il jette son arme, arrête les automobilistes et demande à ce que la police soit prévenue et l’arrête. Fantasmant l’implication d’une deuxième personne qui aurait eu des projets communs avec lui, il s’avèrera que ce « complice » ne possédait aucune arme chez lui.

Famille : issu d’une famille de parents divorcés alors qu’il avait 14 ans, il supporte mal leur séparation. Mère à tendances alcooliques, il aurait changé de domicile régulièrement. Son père souvent absent, aurait fini par lui laisser son appartement. Il vivait désormais seul. Durant son adolescence, ses parents se sont disputés sa « garde ». La famille du côté de sa mère n’a jamais accepté qu’il ait voulu aller vivre chez son père. Le père, quant à lui, a été refaire sa vie avec une autre femme ayant déjà des enfants.

Socialement : jeune homme renfermé sur lui, il a abandonné l’école après un Bac pro et avait un projet (lointain) de passer un diplôme de préparateur (en commandes). Il passe ses journées dans/devant les jeux vidéos. Fan d’armes à feux, il a déjà été arrêté, quelques mois auparavant pour détention illégale de ce genre d’engin. Il était sous contrôle judiciaire. Adepte des réseaux sociaux et de théories diverses et variées, il ne s’est jamais impliqué politiquement ou associativement.

Quelques éléments de psychologie : ayant perdu pieds avec la réalité, incapable de supporter la frustration.

Explication : incapable d’assumer la réalité, il s’est enfermé dans un monde virtuel, où :

  • les bourreaux devenaient des victimes, reflet de son ressenti, d’où son intérêt pour Mohamed Merah, et Al Quaïda en général. Il se percevait certainement comme quelqu’un de persécuté, alors qu’il était tout simplement incapable de supporter le monde.
  • il rêvait sa vie à travers les jeux vidéos, les groupes sur face book, et sa représentation inversée de la réalité.

Certains enfants qui ont été bien traumatisés, peuvent en arriver à s’identifier à des personnages négatifs. Ici, s’il n’a pas été jusqu’au bout de sa démarche, il a été assez loin pour confondre réalité et virtualité. Puissant dans le monde virtuel, il a voulu mettre un pieds dans le monde réel avec une maîtrise identique à celle qu’il déployait dans ses jeux, et avec les résultats que l’on connaît. Pensant qu’il ne souffrirait plus en faisant ce transfert, il s’est effondré en s’apercevant que la réalité reprenait le dessus, et qu’il lui faudrait toujours assumer ses sentiments dans un monde où il n’avait pas reçu assez d’amour pour être capable de les dominer. Suivant l’exemple de ses parents, il n’aura jamais pu recoller les morceaux entre réalité et virtualité, entre principe de plaisir et principe de réalité, entre père et mère, entre raison et coeur.

Références :

Karl Rose, le tueur d’Istres, un solitaire passionné par les armes et les jeux en ligne Actu.fr 28/04/2013, La Provence du 27/04/2013, Le Monde du 27/04/2013

 

 

 

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Adam Lanza

 

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Américain. Il tue 27 personnes à l’âge de 20 ans, dans une école le 14 décembre 2012, dont : sa mère, 20 enfants âgés autour de 6 ans, 6 autres adultes professeur. Il se suicide.

Famille : issu d’une famille de parents divorcés, il vit mal le divorce de ses parents avec son frère. Ne voyait presque plus son père. Habitant chez sa mère. Mère passionnée par les armes à feu. Sa mère s’occupait beaucoup de lui. Ne voyait presque plus son père.

Socialement : Renfermé, décrit comme ayant des troubles autistiques, mais intégré à l’école, très en avance. Son père le pousse à s’intégrer par le travail. QI très élevé, ayant du mal à construire de bonnes relations sociales. Absence d’identité.

Quelques éléments de psychologie : corps non investi, il perçoit mal la douleur, chez lui, et chez les autres.

Explications : malade psychiquement, sa maladie a été renforcée par son vécu familial :  il a fini par devenir insensible à toute forme de compassion. Cherchant à retrouver des émotions, à devenir un autre, son frère normal, il tue sa mère de nombreuses balles dans la tête avec les papiers d’identité de son frère sur lui. Il cherche à devenir adulte et à être reconnu, non seulement en tuant sa mère, mais va aussi chercher une forme de dépassement et de reconnaissance sociale, en allant perpétrer le plus horrible des assassinats : sur des enfants (dans l’ancien milieu de travail de sa mère). Ainsi, il devient quelqu’un dans ce milieu qui l’avait exclu, et qui provoquait certainement sa jalousie, tout en expérimentant le souffrance, jusqu’à se détruire. Trou noir. Effondrement. Isolement affectif. Relations sentimentales de maternage complètement détachées des relations sociales.

 

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Mohammed Merah

 

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Franco-Algérien, tue 7 personnes, dont 3 enfants devant une école, abattu par les forces de l’ordre le 22 mars 2012 à l’âge de 24 ans.

Famille : recomposée (son père en est à son 3ème mariage quand il naît, et se mariera 2 fois après le divorce d’avec sa mère). Mohammed Merah suppliera son père de revenir dans le foyer familial après le divorce de ses parents. Leur mère les laisse toute la journée devant la télévision. Ne voyait plus son père. Mère et soeur attachées à une forme de religion totalitaire.

Socialement : sentiments très ambivalents pour la France, difficultés scolaires, instable.  Petit délinquant. Nouveau converti, seul, en prison.

Quelques éléments de psychologie : très difficile pour lui de s’intégrer à cause de son incapacité à gérer durablement ses sentiments, plutôt intelligent, quête identitaire prononcée, volonté d’acquérir de bons modèles masculins (dont la DCRI croira pouvoir jouer), modèles féminins instables. Difficulté à supporter la moindre frustration, violent, en particulier sur les femmes, en particulier contre sa mère.

Explications : ambivalence du sens, incapable de relier ses sentiments personnels tout en donnant un sens positif à sa vie, Mohammed Merah finit par choisir le camp de la violence. Il devient un héros pour sa mère et sa soeur, à défaut d’avoir su devenir un héros aux yeux d’un père positif.

 

 

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Anders Behring Breivik

 

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Norvégien, tue 77 personnes le 22 juin 2011 à l’âge de 32 ans, dont 70 adolescents, condamné à une 20aine d’années de prison pour son crime.

Famille : issu d’une famille recomposée, mère féministe, parents plutôt à gauche. Ses parents ont divorcé quand il avait 1 an. Ses parents, déjà mariés une fois avant de se rencontrer, se remarieront une autre fois après leur divorce. Ils se sont bien entendus pour divorcer. Son père cherchera par la suite à obtenir qu’il vienne chez lui en résidence principale, et ne l’obtiendra pas. A l’adolescence de son fils, il sera rétif à renouer des contacts avec lui.

Socialement : Volonté d’être reconnu socialement. Bien intégré. A fréquenté le milieu du rap. Bonnes relations avec les femmes de son pays.

Quelques éléments de psychologie : Intelligent et cultivé, quête identitaire prononcée.

Explications : révolte du tueur contre la société féminisée (ouverte à une immigration non contrôlée) et féministe (indifférenciation sexuelle et féminisation des garçons), désir d’être reconnu ou quand un manque affectif rencontre un engagement politique réel. M Breivik considère la libération sexuelle et la permissivité quant au divorce comme des formes de violences sociales.

 

 

 

 

 

49 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    "Ces femmes qui ont acculé Michel Fourniret aux aveux" Figaro du 06/12/2020.

    Il se confie à des femmes, ce grand assassin. Femmes qui sont ses complices. Ici, des démons sont transformées en héroïnes. 

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    SÉRIE ENGAGÉS VOLONTAIRES, SE BATTRE POUR DES IDÉES (4 ÉPISODES)
    Épisode 1 : L’élan. Lord Byron en Grèce

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    "La dérive de Sara et Thomas qui rêvaient de faire sauter la tour Eiffel (les noms ont possiblement été changés par l'Obs)" L'Obs du 15/11/2019.

    Ils ont interpellé la jeune fille le 10 février 2017, menottée au pied de son lit, chez sa mère assistante maternelle dans la région de Montpellier. Sara venait d’avoir 16 ans. 

    Et ça doit pas être mieux pour notre Thomas. 

  4. Ping de Léonidas Durandal:

    « PMA : les pères sont-ils obsolètes ? », Le Point du 24/12/2018.

    Références sur le manque de père des enfants terroristes.

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    « Quand le FBI dresse le portrait-robot des auteurs de fusillades », Les Echos du 22/06/2018.

    Comme d’habitude, les Américains ne réfléchissent pas aux causes. Ils vont droit au but pour régler le problème dans l’urgence. Du coup, nous n’apprenons pas grand chose. Le type est stressé, en conflit familial ou professionnel, a des problèmes psychologiques et avec l’autorité, la surprise…

    Etude comportementaliste inutile disponible en Anglais ici.

  6. Ping de Léonidas Durandal:

    « David Puaud, chercheur monstre », L’Express du 07/05/2018.

    Pas l’ombre du début d’une explication familiale ? Le problème serait la désindustrialisation et l’alcoolisme ? Ca sent un peu fortement la forfaiture intellectuelle. Parce qu’en matière de désindustrialisation, j’ai connu une telle région, et heureusement que l’immense majorité des gens ne se sont pas transformés en psychopathes tueurs d’autostoppeurs. Ce sont vraiment des explications superficielles.

  7. Ping de Léonidas Durandal:

    « Fusillade en Floride: Nikolas Cruz, encore un ado solitaire et amateur d’armes », AFP du 15/02/2018.

    Apparemment, les « repères masculins » de l’entourage de sa mère adoptive, n’auront pas suffit à celui-là. L’Express, l’AFP comme les autres journaux ne s’étendent pas sur le sujet. Ils préfèrent que les gens n’aient pas d’armes et crèvent de leurs souffrances, en silence.

  8. Ping de Léonidas Durandal:

    « Interrogations autour d’un secret d’enfance de Nordahl Lelandais », L’Express du 10/02/2018.

    Papa est absent, le directeur pédophile homosexuel en profite pour lui apprendre l’amour.

  9. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) « La vérité sur la tuerie de Sutherland Springs » ER du 13/11/2017.

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