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Féminisme et ultra-libéralisme AVANT 1968 (1/2): les publicités du Reader’s Digest

Publié le 15 avril 2014 par Léonidas Durandal à 11 h 25 min

La publicité ne ment jamais même si elle peut se tromper. Si une entreprise veut vendre, il faut qu’elle se trouve en phase avec la société dans laquelle elle propose son produit. Et en cela la publicité nous donne de précieuses informations sur le fonctionnement d’une société à un moment donné. Or la publicité s’adresse principalement aux femmes, depuis presque toujours. Si les hommes ont eu le pouvoir de travailler à l’extérieur (est-ce d’ailleurs un pouvoir ou une aliénation… la philosophie en discute encore), les femmes ont eu et ont toujours le pouvoir de consommer. On peut toujours dire qu’une femme mariée ne pouvait pas faire ceci ou faire cela à telle époque, si dans la réalité il se trouve qu’elle pût réellement faire plus qu’un homme, il faudra en conclure qu’elle dominait en ce domaine et peut-être même de manière plus large puisqu’il semble que son pouvoir se moquât des lois politiques pour s’exercer.

Une image plus juste de l’histoire des hommes et des femmes.

Les femmes ont donc eu le pouvoir majoritaire de dépenser l’argent ou de prescrire à la dépense en France. Mais ce fait de base seul ne suffirait pas à faire un article intéressant si on ne pouvait compléter ce tableau de domination effective par quelques autres traits de caractère. Certes la publicité fait évoluer la société, mais elle en est aussi son image. Et cette image de femmes victimes du passé que nous avons héritée des féministes n’est pas du tout en corrélation avec la réalité publicitaire de l’époque d’avant 1968. Dans celles-ci apparaissent des femmes actives qui veulent absolument s’insérer sur le marché du travail, gagner plus d’argent, faire des économies pour pouvoir dépenser plus, être des ménagères efficaces, c’est vrai aussi, ou avoir les moyens de prendre soin de leurs enfants.  L’image de la “femme moderne” est donc bien  installée en France et ce, avant mai 1968.

Une image progressiste de la femme dans un journal “conservateur” ?

Si le Reader’s Digest eut été un de ces journaux progressistes, on put s’imaginer qu’il fût en avance pour son temps. Mais cette sélection d’articles de journaux n’était pas du tout à la pointe de la libération de la femme, loin de là. C’était le journal de la famille moyenne de cette époque avec une épouse et mère croyante qui votait pour le Général de Gaulle. Dans le cas où cette publication aurait fait cocu le patriache de la famille, et selon le pouvoir que les féministes attribuent aux hommes de cette époque, il aurait pu et aurait dû censurer les lectures révolutionnaires de sa femme. Mais en l’occurrence, il ne le fit pas. Le Reader’s Digest était reconnu aussi bien par les hommes que par les femmes de cette époque et de cette catégorie sociale comme ne relevant pas d’une forme de gauchisme éhonté, mais au contraire, il représentait l’aspiration d’une France traditionnelle en harmonie avec l’Amérique moderne de cette époque. En somme, la femme complète telle que mai 1968 l’a consacrée était déjà l’icône d’une publication catholique de droite conservatrice. Et dans ce ventre mou français, déjà les évolutions sociales prochaines étaient décelables.

Des hypothèses pour expliquer cette contradiction.

A ce point de mon argumentaire, plusieurs remarques me viennent :

  • La révolution sexuelle était déjà fortement présente dans la société traditionnelle qui l’avait précédée.
  • Les marchands et les femmes suivirent le même chemin de manière parfaitement consciente ou “le progrès qui libère la femme” était une maxime acceptée à tous les niveaux de la société avant 1968 que ce soit de la part des hommes ou des femmes.
  • La domination patriarcale de cette époque n’est donc qu’une vue de l’esprit car elle avait son pendant : la domination de la femme (familialement et, de plus en plus, socialement).

Pour nous placer dans une démarche un peu plus scientifique, trois hypothèses pourraient être avancées pour expliquer cette prépondérance féminine avant la “révolution des mœurs” :

  1. Soit les femmes ont anticipé les évolutions sociales que nous devions connaître, et faisant alliance avec l’ultra-libéralisme, l’Etat, les corporations, tout ce qui pouvait servir leurs intérêts, elles ont voulu brutalement affirmer leur supériorité après 1968.
  2. Soit, de tout temps, les femmes ont poussé toujours plus loin leur avantage social par cette forme de manipulation que nous allons voir, et il s’est avéré que la société leur a offert des opportunités nouvelles “>

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18 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “Le vide-grenier des petits curieux”, L’Express du 07/06/2018.

    Le sans arrière pensée d’hier  “cette lessive blanchirait un nègre”, est devenu une insulte aujourd’hui.

    Le progressisme, en général, nous prive de notre imaginaire sur l’autre. L’autre est nous, forcément confondus.

    Aussi caricatural qu’il ait pu être, cet imaginaire nourrissait notre rêve. Ce n’est pas un hasard que la plupart de nos romans modernes se vautrent dans le récit exhibitionniste d’intimités banales qui rencontre la pulsion voyeuse de ceux qui achètent ces livres. La volonté d’éradiquer une soi-disant médiocrité, a fait place à une médiocrité bien réelle.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    “”Les femmes sont bonnes” : parlons maintenant de la charge émotionnelle”, L’Obs du 09/11/2017.

     “Il s’agit surtout de ne plus voir cette empathie “féminine” comme un choix ou un trait de personnalité, mais comme un travail légitime qui vaut compensation.”

    Le protestantisme est passé par là. Tout doit se rémunérer, même les relations hommes femmes dans le couple. La prostituée est d’ailleurs mise en avant dans l’article…

    Un autre aspect de cet aveuglement féministe, c’est que ces femmes se croient les seules à donner de l’attention. Exemple avec sainte Marie :

    [caption id="attachment_11893" align="aligncenter" width="606"] Les sentiments du Princes Charles de Liv Strömquist, 2012[/caption]

    Ici, pour la femme de l’article et de la BD, ce n’est pas le Christ qui se sacrifie pour l’humanité, mais Marie qui se sacrifie aux soins du Christ ! Un comble d’aveuglement lié au concept de déesse-mère transposé du monde catholique au monde laïque.

    L’auteur de l’article confond aussi relations professionnelles et personnelles. Fric et sentiment.

    Enfin, les femmes qui sont empathiques dans le couple, telles qu’elles sont décrites (voir la fille qui s’accroche à son mec en train de jouer aux jeux vidéos sur l’image plus haut), sont en fait malades. Elles chouchoutent le type car il rassure leurs complexes d’infériorité. C’est ce que j’ai décrit dans un autre article sur les attirances des femmes : le perdant est attirant parce qu’il rassure. En fait l’auteur de cet article est une de ces femmes malades qui trouve dans le féminisme une caution pour éviter d’avoir à se remettre en question dans sa vie personnelle. Elle fantasme certainement sur ce genre de type, pour pouvoir lui reprocher tous ses défauts et rester dans sa propre médiocrité, confortablement enfoncée :

      Retrouvez le blog du dessinateur Sani ici.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    “L’égalité salariale homme-femme rapporterait 62 milliards d’euros à l’économie”, L’Express du 03/11/2017.

    Voilà ce qui s’appelle un calcul de gougnafier. Payer plus, des personnes incompétentes ou absentes de leur travail, et qui sont déjà surpayées, serait une véritable catastrophe. Obliger encore les femmes à travailler autant que les hommes, ce serait les soustraire encore plus de leurs familles. Evidemment, le nombre de malades mentaux augmenterait, l’assurance maladie fonctionnerait à plein, et l’industrie pharmaceutique serait encore plus florissante. Cependant, est-ce bien cela qui s’appelle “développement” et “richesse”.

  4. Ping de Cyrus:

    Bonjour à tous,

    Au Québec, il y a une alliance objective entre le gauchisme institutionnel incarné par le parti souverainiste de gauche Québec Solidaire et le parti fédéraliste de centre-droit, au gouvernement actuellement, le Parti Libéral du Québec. Cette alliance me fait vomir. Il y a même un article de Radio-Canada.ca où l’on voit la députée lesbienne de Québec Solidaire (Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques à Montréal) faire un high five avec la Ministre de la Justice, Madame Stéphanie Vallée, députée de Gatineau (dans la région de l’Outaouais) pour le PLQ. C’est l’image ultime. Parfaite. Paroxystique. Indépassable. L’alliance objective de la libérale, au pouvoir, et de la libertaire, dans « l’opposition » (ma foi, mais quelle « opposition », hein !). Du PLQ et de QS. De la haute finance internationaliste et du gauchisme mondialiste, tous les deux féministes, homosexualistes, immigrationnistes, écologistes, « ouverts sur le monde » (nous savons ce que cela veut dire), tolérants, amoureux, OMG et LOL LOL LOL (In. Your. Ass.).

    L’article en question : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/784683/transgenre-jeune-nom-changement-legal-identite-genre-loi-103-justice-code-civil-quebec

    Le profil de Stéphanie Vallée sur le site de l’Assemblée nationale du Québec : http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/vallee-stephanie-223/index.html

    Le profil de Manon Massé sur le site web de l’Assemblée nationale du Québec : http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/masse-manon-15421/index.html

    Voyez l’image que le journaliste Sébastien Bovet met en évidence dans son compte Twitter et que Radio-Canada a repris dans l’article (Sébastien Bovet travaille pour Radio-Canada). Tout y est. Et puisqu’ils ne s’opposeront donc que sur l’économique et le social, pour les plus avisés, cela signifie donc que contrairement aux affirmations de Québec Solidaire, ce parti n’est pas complet, il est en fait, fondamentalement en tant que parti moderne et moderniste, un parti économiciste, mettant l’économie au centre et au-dessus de tout. Il n’y a QUE l’économique et le social qui compte pour Québec Solidaire et le Parti Libéral du Québec. Tout le reste N’EST qu’identité de REPLI SUR SOI. Et fuck le conservatisme et la réaction, n’est-ce pas ? N’est-ce pas l’amour de l’autre, l’ouverture à l’autre, le all-inclusive de mes deux, la tolérance à tout et n’importe quoi. Certes, ils s’opposeront aussi sur le statut constitutionnel du Québec, à savoir si le Québec doit demeurer une province de la fédération canadienne ou devenir un pays souverain. Néanmoins, la vision anthropologique de l’Homme de Québec Solidaire recoupe à bien des égards celle du PLQ UNE FOIS le Québec souverain. Le résultat étant que, anthropologiquement, le Québec souverain version Québec Solidaire ne devrait pas déplaire au PLQ, même si celui-ci est fédéraliste. Voici une intervention du nouveau député de QS dans la circonscription montréalaise de Gouin, récemmment élu, Gabriel Nadeau-Dubois, en faveur des réfugiés. Les mots qu’il emploie, et portez-y BIEN attention, car cela dit tout de la duplicité de QS et du PLQ, sur la question de l’immigration, comme plus haut sur la question de la sexualité : https://www.youtube.com/watch?v=DJS1mflDcAg

    D’autres exemples du profil politiquement transsexualiste de QS avec Manon Massé : https://www.youtube.com/watch?v=2Z4qX9E8xMM

    Remarquez que le député de QS dans Mercier (à Montréal aussi), Amir Khadir, est d’origine iranienne comme moi. Je n’en suis pas fier lorsque je le vois défendre… ÇA.

    Cordialement,

    Cyrus

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    “Le travail des femmes pourrait faire bondir le PIB mondial”, Figaro du 14/06/2017.

    Le travail “salarié” veut-elle dire ?

    La droite à vomir…

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