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Antiféminisme Aimeles

Un homme ne peut survivre en démocratie

Publié le 19 mars 2014 par Léonidas Durandal à 14 h 50 min

Livre 8 de La République de Platon

Leurs prédécesseurs mettront les meilleurs d’entre eux à la tête de l’État; mais comme ils en sont indignes, à peine parvenus aux charges de leurs pères, ils commenceront de nous négliger, quoique gardiens, n’estimant pas comme il conviendrait d’abord la musique, ensuite la gymnastique. Ainsi vous aurez une génération nouvelle moins cultivée. De là sortiront des chefs peu propres à veiller sur l’État, et ne (547) sachant discerner ni les races d’Hésiode, ni vos races d’or, d’argent, d’airain et de fer. Le fer venant donc à se mêler avec l’argent, et l’airain avec l’or, il résultera de ces mélanges un défaut de convenance, de régularité et d’harmonie – défaut qui, partout où il se rencontre, engendre toujours la guerre et la haine. Telle est l’origine qu’il faut assigner à la discorde, en quelque lieu qu’elle se déclare.

 Platon

Platon a très bien décrit comment sa République idéale peut devenir d’étapes en étapes, une tyrannie puis redevenir une démocratie dans un cycle qui ne s’arrête pas. Le plus important dans sa réflexion ne sont pas les exemples qu’il emploie mais la logique qu’il déploie : des mécanismes internes à la démocratie la font pencher immanquablement du côté du totalitarisme. Chez lui le conflit entre créateurs de richesses et pauvres finit par changer une démocratie en tyrannie. Cependant, il est bien d’autres mécanismes qui poussent la démocratie à devenir tyrannie.

 

 

Vivant une époque orgueilleuse, nous n’avons pas accepté de faire nôtre ses leçons en nous croyant plus « évolués ». Et ayant oublié volontairement de cultiver ses leçons, notre système de gouvernance subit une décadence qui était bien prévisible.

Parmi ces mécanismes de décadence j’aimerais étudier plus particulièrement la place respective que tiennent les hommes et les femmes au sein du système électoral dans une nation démocratique en utilisant l’exemple de la France.
Selon le cadre d’analyse de Platon, notre pays serait récemment passé du système presque parfait, la royauté, au système le pire durant la révolution de 1789 : la tyrannie, puis par alternance, de cette royauté, au contrôle oligarchique, et enfin à la démocratie que nous connaissons actuellement. Platon avait donc raison et tort : dans l’ensemble son plan s’est réalisé, mais avec quelques accrocs (dont de brusques soubresauts démocratiques). Selon lui, le prochain stade que nous devrions connaître sera celui de la tyrannie quand pauvres et riches seront montés les uns contre les autres (par paranoïa ou à juste titre). Et il est vrai que de forts mécanismes penchent en ce sens dont un que je voudrais étudier plus particulièrement : celui de la répartition du pouvoir entre hommes et femmes, phénomène que Platon ne pouvait connaître puisqu’il n’existait pas de manière directe d’influence des femmes dans le domaine politique (hommes et femmes étant nécessairement solidaires dans leur complémentarité et du fait de leurs unions poursuivaient les mêmes intérêts).

 

Que s’est-il passé au niveau du vote des femmes ?

Le suffrage censitaire ou la censure de classe a été la règle durant le plus clair du 19ème siècle. Les hommes riches influencés par leurs épouses gouvernaient la France. L’oligarchie de l’argent et du pouvoir selon Platon. On ne peut donc parler de sexisme à cette époque, puisque la femme de bourgeois avait énormément plus d’influence que le moindre paysan. Progressivement, les institutions ont élargi les possibilités de voter, d’élire et d’être élu. Au début, seuls les hommes riches le pouvaient. Progressivement tous les hommes ont été appelés aux urnes, sans qu’ils n’aient la possibilité d’être élus puis en ayant la possibilité de l’être. Enfin, les femmes et tous les hommes des métiers dits « sensibles » (militaires) ont pu accéder au vote, et être élus. Cela ne veut pas dire qu’une forme d’oligarchie n’a pas persisté et on le voit bien encore aujourd’hui : tout le monde peut être élu, encore faut-il en avoir les moyens. Les systèmes de réseaux, de classe-sociales, d’alliances d’intérêts, le coût d’une campagne électorale, le système des partis politiques, tout cela concourt à réduire le pouvoir de l’électeur, qu’il soit homme ou femme. Ainsi, l’élection présidentielle qui est la plus proche du peuple et donc, où les taux de participation sont les plus élevés, se fait au suffrage universel direct. Pour se présenter, il aura toutefois été nécessaire de regrouper la signature de 500 élus, de 500 notables pourrait-on dire, ce qui limite drastiquement, là-encore, les possibilités de choisir et de se présenter. Mais, il faut tout de même le reconnaître : la démocratie « >

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65 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Enfants séparés de leurs parents clandestins : Trump fait machine arrière », AFP du 21/06/2018.

    Et voilà, il a suffi de quelques chialeries de bonnes femmes pour faire reculer le président des USA. Ce n’était qu’une question de quelques jours, mais il fallait céder.

    Par contre, ça ne dérange pas les progressiste de tuer des enfants dans le ventre de leur mère à partir du moment où ils ne les voient pas pleurer. Cela ne les dérange pas non plus de permettre les abus de la part des services sociaux. Ou de masquer les viols de mineurs de masse en Angleterre. Ou de permettre la GPA qui sépare définitivement mère et enfant. Ou des priver des millions d’enfants de père en Occident suite à des décisions judiciaires. Menteurs.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Venezuela : Nicolás Maduro remporte la présidentielle », AFP du 21/05/2018.

    Enfin, pourquoi contester le vote d’un peuple. S’il est affamé et manque de médicaments, etc, et qu’il est incapable de se mobiliser pour mettre un simple bulletin dans une fente, que peut-on faire pour ce peuple ? Il mérite de crever. L’élite occidentale a l’air d’un rapace à vouloir changer le cours d’un monde qui ne le concerne pas. Pour faire quoi exactement ? Contrôler quelques réserves de pétroles ? Tout cela est d’un pitoyable consommé.

  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Moi, Monsieur, je déteste le Capitalisme ! », IDL du 02/04/2018.

    Le désir de sécurité féminin nous amène à détruire toute rente issue de la prise de risque.

  4. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Egalité femmes – hommes : Emmanuel Macron attendu au tournant » L’obs du 16/05/2017.

    Comment ces putains critiquent le président qu’elles ont fait élire pour être des deux côtés du manche.

  5. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « L’Amour dans la Mythologie » jbitoun’s Blog du 23/11/2011.

     » Les Athéniens eurent à se prononcer entre Athéna et Poséidon qui leur proposait l’usage du cheval, devenu symbole de guerre. Mais comme le nombre de femmes était supérieur d’une unité à celui des hommes, le vote alla à Athéna qui, reconnaissante, donna son nom à la cité. Les hommes, furieux décidèrent de supprimer aux femmes le droit de vote, »

    Au moins, ils n’ont pas mis 3000 ans à comprendre.

  6. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « États-Unis : Stephen Bannon évincé par Donald Trump du Conseil de sécurité », AFP du 05/04/2017.

    Toute cette dépense d’intelligence pour quoi ? Virer ceux qui l’ont fait élire, faire comme les autres, exercer son impuissance.
    Rien ne change dans une société, si les gens ne le veulent pas.

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