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Féminisme et ultra-libéralisme AVANT 1968 (1/2): les publicités du Reader’s Digest

Publié le 15 avril 2014 par Léonidas Durandal à 11 h 25 min

s’en sert ! », 1956;

Commentaire : dans les deux publicités les plus anciennes, l’homme n’apparaît pas du tout. En 1961, il est là, mais c’est la femme qui parle de ses attentes. Il faudra attendre 1962 pour le voir être « régalé » mais « à peu de frais ». Ici, les femmes semblent obsédées par l’idée de l’argent, par la gestion du portefeuille, elles que l’ont dit sans pouvoir économique. La répétition du « moi » est effarante et vaut bien en qualité le slogan moderne « parce que je le vaux bien ». J’aurais donc pu tout aussi bien classer ces publicités dans la partie « narcissique » qui va suivre. Cependant, on est tellement loin du petit grillon du foyer qui prend soin de son mari et de ses enfants, qu’il me fallait les placer plutôt dans la section « avidité ». En effet, ici, la femme ne s’interroge qu’en dernière instance sur la manière d’améliorer sa cuisine, et presque pas sur la manière de rendre ses collatéraux heureux. Ce premier impératif lui est assez étranger, car il serait celui d’une personne typiquement masculine qui aimerait son travail avant tout et qui s’attacherait à le faire de manière exigeante. Quant à l’image de femme attentionnée qui aurait pu être son impératif naturel, il est déjà en passe de devenir « has been ». Il n’a donc pas sa place ici. Non, en ce qui concerne la femme « modernisante », celle-là cherche surtout à économiser du temps et de l’argent, et parfois à concilier l’inconciliable (bonne cuisine et économies de temps et d’argent), alors qu’elle n’est pas encore salariée à la chaîne dans une usine. Dans ces conditions, les lendemains de l’avidité vont forcément déchanter. Aujourd’hui, si vous allez le samedi dans de grands magasins, vous n’y trouverez que des femmes, des femmes dont on nous dit qu’elles n’ont toujours pas le temps. La plainte collective relayée par les féministes dure et cache mal une forme de fainéantise récurrente et naturelle à l’humanité qui prend ici les aspects de la rationalisation. La femme moderne et moderne-ancienne (modernisantes) qui se plaignent sans raison ne manquent pas de temps, elles pêchent par manque de sens dans leur vie et par manque de goût pour leur travail. Elles négocient avec leur contemporanéité pour tirer toujours plus, la couverture à elles. A noter que la jeune fille de 12 ans qui travaille pour la famille, et ce serait normal s’il ne s’agissait pas d’insinuer que la mère va pouvoir ainsi gagner du temps, ne fait pas référence au rôle de sa mère en matière d’excellence, mais au métier de « chef » cuisinier (« elle se prend pour un chef« ). Les femmes de cette époque fantasment déjà un monde masculin qui serait meilleur et plus intéressant que le leur. Incapables de se concevoir par rapport à leurs propres critères d’exigence ou de s’interroger sur elles et sur leur manière de travailler, ces femmes vont se diriger en masse vers certains secteurs masculins en croyant y acquérir une forme d’excellence quand, de par leur mentalité, elles le gâcheront.

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femavide aout56

 

 « Janine protège ses meubles en les embellissant », Johnson (cire d’ameublement), 1954.

Commentaire : Le mari trouve les meubles beaux; et il les trouve encore plus beaux grâce à Johnson; entre temps, la femme aura gagné en facilité de travail grâce aux conseils d’une bonne copine. Nous ne sommes qu’en 1954 et l’argument du gain de temps commence à s’imposer. Le mensonge niais du moins de temps et du mieux est aussi en train de gagner les esprits avides.

Johnson pollish

 « Dans la gamme des appareils électro-ménagers, 4 auxiliaires précieux économiseront votre temps et votre fatigue », Mors, 1954;

Commentaire : Toujours gagner du temps ou en faire le moins possible, et non améliorer le travail.

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Ni ambition, ni avidité, sans une forme de narcissisme. Quelle forme prend-t-il ?

 

La femme narcissique.

 

« Soir de Paris », Bourgeois, 1961;

Commentaire : rien n’a changé depuis cette époque : une femme sulfureuse, tournée vers elle, capable d’asservir un homme grâce à sa beauté, accapare l’attention. Ici l’homme regarde une femme qui ne la regarde pas, contrairement à toutes les publicités de séduction masculine. Dans ces dernières, l’homme et la femme se cherchent du regard. Mais ici, s’il s’agit du point de vue de la femme, il faut donc ignorer l’homme en tant que sujet, et en faire un esclave au service de madame, non un partenaire.

 

Bourgeois publicité dec

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18 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Le vide-grenier des petits curieux », L’Express du 07/06/2018.

    Le sans arrière pensée d’hier  « cette lessive blanchirait un nègre », est devenu une insulte aujourd’hui.

    Le progressisme, en général, nous prive de notre imaginaire sur l’autre. L’autre est nous, forcément confondus.

    Aussi caricatural qu’il ait pu être, cet imaginaire nourrissait notre rêve. Ce n’est pas un hasard que la plupart de nos romans modernes se vautrent dans le récit exhibitionniste d’intimités banales qui rencontre la pulsion voyeuse de ceux qui achètent ces livres. La volonté d’éradiquer une soi-disant médiocrité, a fait place à une médiocrité bien réelle.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    «  »Les femmes sont bonnes » : parlons maintenant de la charge émotionnelle », L’Obs du 09/11/2017.

     « Il s’agit surtout de ne plus voir cette empathie « féminine » comme un choix ou un trait de personnalité, mais comme un travail légitime qui vaut compensation. »

    Le protestantisme est passé par là. Tout doit se rémunérer, même les relations hommes femmes dans le couple. La prostituée est d’ailleurs mise en avant dans l’article…

    Un autre aspect de cet aveuglement féministe, c’est que ces femmes se croient les seules à donner de l’attention. Exemple avec sainte Marie :

    [caption id="attachment_11893" align="aligncenter" width="606"] Les sentiments du Princes Charles de Liv Strömquist, 2012[/caption]

    Ici, pour la femme de l’article et de la BD, ce n’est pas le Christ qui se sacrifie pour l’humanité, mais Marie qui se sacrifie aux soins du Christ ! Un comble d’aveuglement lié au concept de déesse-mère transposé du monde catholique au monde laïque.

    L’auteur de l’article confond aussi relations professionnelles et personnelles. Fric et sentiment.

    Enfin, les femmes qui sont empathiques dans le couple, telles qu’elles sont décrites (voir la fille qui s’accroche à son mec en train de jouer aux jeux vidéos sur l’image plus haut), sont en fait malades. Elles chouchoutent le type car il rassure leurs complexes d’infériorité. C’est ce que j’ai décrit dans un autre article sur les attirances des femmes : le perdant est attirant parce qu’il rassure. En fait l’auteur de cet article est une de ces femmes malades qui trouve dans le féminisme une caution pour éviter d’avoir à se remettre en question dans sa vie personnelle. Elle fantasme certainement sur ce genre de type, pour pouvoir lui reprocher tous ses défauts et rester dans sa propre médiocrité, confortablement enfoncée :

      Retrouvez le blog du dessinateur Sani ici.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « L’égalité salariale homme-femme rapporterait 62 milliards d’euros à l’économie », L’Express du 03/11/2017.

    Voilà ce qui s’appelle un calcul de gougnafier. Payer plus, des personnes incompétentes ou absentes de leur travail, et qui sont déjà surpayées, serait une véritable catastrophe. Obliger encore les femmes à travailler autant que les hommes, ce serait les soustraire encore plus de leurs familles. Evidemment, le nombre de malades mentaux augmenterait, l’assurance maladie fonctionnerait à plein, et l’industrie pharmaceutique serait encore plus florissante. Cependant, est-ce bien cela qui s’appelle « développement » et « richesse ».

  4. Ping de Cyrus:

    Bonjour à tous,

    Au Québec, il y a une alliance objective entre le gauchisme institutionnel incarné par le parti souverainiste de gauche Québec Solidaire et le parti fédéraliste de centre-droit, au gouvernement actuellement, le Parti Libéral du Québec. Cette alliance me fait vomir. Il y a même un article de Radio-Canada.ca où l’on voit la députée lesbienne de Québec Solidaire (Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques à Montréal) faire un high five avec la Ministre de la Justice, Madame Stéphanie Vallée, députée de Gatineau (dans la région de l’Outaouais) pour le PLQ. C’est l’image ultime. Parfaite. Paroxystique. Indépassable. L’alliance objective de la libérale, au pouvoir, et de la libertaire, dans « l’opposition » (ma foi, mais quelle « opposition », hein !). Du PLQ et de QS. De la haute finance internationaliste et du gauchisme mondialiste, tous les deux féministes, homosexualistes, immigrationnistes, écologistes, « ouverts sur le monde » (nous savons ce que cela veut dire), tolérants, amoureux, OMG et LOL LOL LOL (In. Your. Ass.).

    L’article en question : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/784683/transgenre-jeune-nom-changement-legal-identite-genre-loi-103-justice-code-civil-quebec

    Le profil de Stéphanie Vallée sur le site de l’Assemblée nationale du Québec : http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/vallee-stephanie-223/index.html

    Le profil de Manon Massé sur le site web de l’Assemblée nationale du Québec : http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/masse-manon-15421/index.html

    Voyez l’image que le journaliste Sébastien Bovet met en évidence dans son compte Twitter et que Radio-Canada a repris dans l’article (Sébastien Bovet travaille pour Radio-Canada). Tout y est. Et puisqu’ils ne s’opposeront donc que sur l’économique et le social, pour les plus avisés, cela signifie donc que contrairement aux affirmations de Québec Solidaire, ce parti n’est pas complet, il est en fait, fondamentalement en tant que parti moderne et moderniste, un parti économiciste, mettant l’économie au centre et au-dessus de tout. Il n’y a QUE l’économique et le social qui compte pour Québec Solidaire et le Parti Libéral du Québec. Tout le reste N’EST qu’identité de REPLI SUR SOI. Et fuck le conservatisme et la réaction, n’est-ce pas ? N’est-ce pas l’amour de l’autre, l’ouverture à l’autre, le all-inclusive de mes deux, la tolérance à tout et n’importe quoi. Certes, ils s’opposeront aussi sur le statut constitutionnel du Québec, à savoir si le Québec doit demeurer une province de la fédération canadienne ou devenir un pays souverain. Néanmoins, la vision anthropologique de l’Homme de Québec Solidaire recoupe à bien des égards celle du PLQ UNE FOIS le Québec souverain. Le résultat étant que, anthropologiquement, le Québec souverain version Québec Solidaire ne devrait pas déplaire au PLQ, même si celui-ci est fédéraliste. Voici une intervention du nouveau député de QS dans la circonscription montréalaise de Gouin, récemmment élu, Gabriel Nadeau-Dubois, en faveur des réfugiés. Les mots qu’il emploie, et portez-y BIEN attention, car cela dit tout de la duplicité de QS et du PLQ, sur la question de l’immigration, comme plus haut sur la question de la sexualité : https://www.youtube.com/watch?v=DJS1mflDcAg

    D’autres exemples du profil politiquement transsexualiste de QS avec Manon Massé : https://www.youtube.com/watch?v=2Z4qX9E8xMM

    Remarquez que le député de QS dans Mercier (à Montréal aussi), Amir Khadir, est d’origine iranienne comme moi. Je n’en suis pas fier lorsque je le vois défendre… ÇA.

    Cordialement,

    Cyrus

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    « Le travail des femmes pourrait faire bondir le PIB mondial », Figaro du 14/06/2017.

    Le travail « salarié » veut-elle dire ?

    La droite à vomir…