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Les incohérences politiques dans Fratelli Tutti

Publié le 8 octobre 2020 par Léonidas Durandal à 12 h 02 min

Fratelli tutti, « tous frères », le point d’achoppement de la théologie catholique moderne… En se penchant sur la question « Qui est ton frère ? », le Pape François a choisi de mettre les deux pieds dans le plat. Ici comme ailleurs, personne ne pourra lui reprocher d’avoir refusé d’affronter les problématiques de notre temps. Car oui, la délimitation de la notion de fraternité engage toute notre époque, ainsi que la survie du monde occidental/moderniste, certainement la survie aussi, ou plutôt la prospérité de notre Église, qui guide encore, qu’elle le veuille ou non, ces régions de l’âme où l’Islam, le communisme, ou le panthéisme ne se sont pas imposés. Oui, tout se résume de nos jours et pour nous Français, Allemands, Américains, Togolais, Espagnols etc. à « Qui est donc ton frère ? », question que le Pape refuse de poser mais à laquelle il répond comme d’une évidence : « Tous frères ».

Saint François d’Assise…

Pour faire une exégèse plus en profondeur de la pensée du Pape, il faudrait se pencher avec application sur la vie de ce saint qui donnait aux oiseaux, aux arbres, aux ruisseaux, le doux nom de « frères ». J’atteindrais ici les limites de ma très faible érudition. J’avancerai toutefois que cet élan de coeur du saint, et sa proximité avec la création, ne devraient jamais faire l’objet d’un détournement syncrétique, panthéiste ou communiste. Ici, je n’accuserai pas le Pape François d’un tel abus, cependant qu’il me semble avoir été trop loin en utilisant cet héritage à des fins de mauvaise politique. Mais commençons par les erreurs de logique du document « Fratelli Tutti ».

 

Confusion entre « prochain » et « frère »

Généralement, ce document confond totalement les principes de « proximité » et de « fraternité ». En d’autres termes, le prochain est assimilé à un frère. Et même plus encore, même si le frère n’est pas proche, il reste pourtant notre « prochain ». Car comme le précise l’encyclique, nous sommes appelés à aimer tout le monde quelle que soit la proximité que nous entretenons avec lui. « Loin des yeux, loin du coeur », dicton que nous avons tous expérimenté dans nos vies, n’existe pas, et ne devrait pas exister. Voilà qui n’empêche pas le Pape d’avancer plus loin, que les communications sur internet auraient tendance à amoindrir les relations humaines. Ainsi d’un côté, nous pourrions nous sentir proches les uns des autres quelle que soit la distance, mais de l’autre, les moyens qui nous priveraient de l’odeur et du toucher amoindriraient la relation. 

Cette confusion entre les termes, se retrouve aussi dans l’utilisation des Textes. Tout d’un coup, la notion de « frère » employée par Saint Paul, s’appliquerait pour le Pape à des personnes qui ne seraient pas de la communauté catholique. Contresens évident de la pensée de saint Paul qui était prêt à exclure d’une Eglise locale, les « frères » qui se comportaient mal, suivant en cela la recommandation du Christ (Matthieu 18.15-20 ). A l’inverse, dans la parabole du bon Samaritain employée par Jésus, le « prochain » deviendrait subitement un « frère », c’est à dire comme un membre de l’Église au sens large, ce que le Texte ne précise absolument pas. Pire, ce passage évoque en réalité comme prochain, celui qui va nous aider, et non celui que nous devons aider. Ce Texte pourrait donc s’interpréter comme « être à la hauteur » des meilleurs des païens, au lieu de faire de tout le monde un frère. A tout le moins une parabole qui évoque une attitude personnelle humble, et non pas un programme de politique publique.

La confusion entre tous et tout, intérieur et extérieur, est l’évident dommage collatéral d’une féminisation de notre société. L’être indifférencié, c’est l’enfant qui a du mal à sortir du ventre de sa mère, qui confond lui et les autres, environnement et intériorité. Ce mode de pensée, s’il prend des aspects élaborés, n’en reste pas moins incohérent.

 

Sortir de la pauvreté ou l’entretenir ? La vision archaïque de l’économie de la part du saint siège.

Le mal pour le Pape, c’est l’économie que nous avons créée, qui pourtant a permis un développement inédit dans l’histoire humaine, et dont ces tribus viennent chez nous chercher les bénéfices. Mais, à l’ancienne, le Pape voit ce développement comme une sorte de coup de chance. Il ne considère pas « >

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