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AIMELES Antiféminisme

La fabrique à consentement : l’exemple du féminisme dans les éditions du Reader Digest avant 1968 (2/2)

Publié le 4 juin 2014 par Léonidas Durandal à 14 h 02 min

dit le texte, impossibilité de divorcer, interdiction d’appartenir à des associations féminines, ou de paraître trop en public, la tâche de cette femme

« en revanche était simple : rendre heureux son époux et élever une quantité de garçons, avec obligation de les gâter outrageusement (on sent ici toute la haine et le fantasme autour du sexe masculin, comme si les mères aimantes n’étaient pas les premières à pourrir leurs garçons pour les contrôler)… Il va sans dire que c’était un véritable malheur de n’avoir que des filles« .

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Si toutes ces énumérations n’ont aucun sens dans une société traditionnelle, voire auraient dû être relativisées par le journaliste lui-même eu égard aux sentiments probables de haine qui devait être les siens face à son ancien ennemi, ce dernier ne trouvera pourtant aucune qualité à l’homme japonais du passé et il fabriquera son texte en usant d’anachronismes assez effrayants et sans contre-parties. L’histoire à sens unique. Bien entendu face à une situation ancienne décrite comme cauchemardesque, l’occidentalisation mirifique du pays après guerre est admise sans nuance  :

 

  • possibilité de divorcer et d’obtenir la garde des enfants, de se tenir la main dans la rue et même de s’embrasser « comme Grace Kelly« ,
  • droit de vote et possibilité d’élection des femmes dans les assemblées nationales et communales, toutes ces nouvelles engagées préférant bien entendu l’habit occidental plus pratique pour travailler de manière salariée,
  • possibilité de remettre en cause un homme à voix haute et publiquement, de choisir son mari sans que ses parents ne soient au courant.

 

Toutes ces évidences présentées comme des évolutions extraordinaires et qui n’en sont pas en tant que tel, en imposent au lecteur. Bien entendu, les méchants hommes essayent d’organiser « la contre-révolution ». Ils freinent des quatre fers. Mais l’Amérique veille avec le relais de ses hommes politiques là-bas, et de ses journaux. Le journaliste, tellement persuadé de sa supériorité, donne d’ailleurs l’information sans mot couvert. Car encore à cette époque, l’Amérique est perçue et se perçoit elle-même comme la garante des libertés, et en particulier de la liberté des femmes. Et puis surtout : « A de tels femmes, le communisme n’a rien à offrir ». Ici, la concurrence entre communisme et libéralisme américain s’organise clairement autour des femmes. Il ne s’agit pas de se les approprier, mais de les amadouer en leur offrant le plus d’avantages sociaux possible. Dans ce jeu, dont les hommes sont exclus au mieux, ou bien perçus comme des ennemis du progrès au pire, l’idéologie qui gagne les consciences des femmes gagne le combat intérieur dans un pays. Le féminisme en tant que satisfaction des désirs féminins et exclusivement féminins, n’est donc pas vécu comme une simple option politique : en passer par l’assentiment des femmes est une obligation pour un système politique qui cherche à s’imposer.

 

Si, ni le libéralisme américain, ni le communisme ne veulent défendre les droit des hommes, si le pouvoir des femmes est perçu de manière aussi cruciale, on peut s’interroger : Et si tout système politique, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, et à quelque époque que ce fut, n’avait jamais organisé que la défense des intérêts féminins ? Historiquement, une minorité d’hommes exerçaient effectivement le pouvoir. Mais qui a démontré que ce ne fut pas pour protéger les femmes ? Or si désormais l’accès des femmes aux fonctions publiques, s’est généralisé de manière inédite, cela peut interroger politiquement à bien des égards : participantes et bénéficiaires du système, elles profitent à tous les niveaux d’un double statut : de celui de femme et de citoyen, de la galanterie sociale et d’opportunités publiques. Les hommes eux, n’ont jamais eu accès qu’aux bénéfices d’être citoyens (et aux contraintes), et se retrouvent donc désormais en position d’infériorité, ce que révèlent d’ailleurs les lois discriminantes en faveur des femmes et qui se multiplient. Le conflit germait déjà dans la société d’après-guerre. Il est parvenu jusqu’à nous pour nous imposer des contradictions difficilement dépassables : complémentarité ou égalité, galanterie sociale envers les femmes ou juste rétribution des efforts, nécessité de l’autorité paternelle ou inutilité de l’éducation dans une société de consommation ou de production aveugle.

 

Pour les dernières femmes qui doutent encore du chemin à suivre, en 1966, Earl et Anne Selby évoquent le roman de vie de 3 jeunes filles pour qui « ambition » et « indépendance » ont un sens! Dans « Un nouveau départ dans la vie », trois cas sociaux, jeunes filles des quartiers, jetées à la rue, vont finir à l’université et s’intégreront malgré tout.

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24 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Comment France-Info fait passer Anne Hidalgo pour sexiste… », MPI du 18/10/2018.

    Je me demande où était la mauvaise foi, et quel était l’effet recherché. En ce moment, les attaques ne cessent pas contre Anne Hidalgo. En même temps dire qu’un politique s’occupe des femmes, c’est plutôt lui rendre service en général.  Bref, cela mériterait d’en savoir plus.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) « Propaganda – La fabrique du consentement – ARTE » Arte +7 du 29/05/2018.

    Evidemment, les gens sont des imbéciles pour les gauchistes. Somme toute, à part la « libération de la femme », le capitalisme a plutôt réussi dans ses objectifs. Indirectement, ils justifient la propagande, mais surtout, la manipulation. Car leurs solutions n’en sont pas. Evidemment que la société civile doit réussir à s’organiser contre ces trusts. Il n’y a pas d’autres solutions. L’interdiction de la propagande reviendrait à nous priver de nous exprimer. Ce que d’ailleurs les gauchistes ont réussi à faire chez nous, et ce qu’ils entreprennent aux USA.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Hollywood prépare un film sur la genèse du mouvement #MeToo », L’Obs du 30/04/2018.

    Est-ce que ce film parlera de la prostitution de la majorité de ces actrices ? Là aussi, où nous apprenons en France que deux femmes ont monté la cabale pour « protéger » leurs soeur, effet ruche oblige.

  4. Ping de julien le jacobite:

    21 pages ! Auriez-vous une version en une page de votre article, qu’on puisse le lire hors-ligne et l’enregistrer ? Je comprends l’idée de présenter en colonnes à la façon d’un livre, mais il faut s’y faire, les règles du livre ne valent que pour le livre… le style contemporain, c’est le rouleau de parchemin…

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    « La descente aux enfers de la presse allemande », Bd Voltaire du 31/01/2016.

    Où un ancien journaliste révèle les liens de la presse allemande et de la CIA. La presse, le 4ème pouvoir ? Pas pour les dhimmis des USA.